• Le champ de bataille de la pensée

    Vous est-il déjà arrivé de vous persuader vous-même que quelque chose allait mal tourner? Vous saviez que ce travail allait vous passer sous le nez? Même avant l’entretien? Et, l’avez-vous obtenu ce travail? Ou encore, vous étiez certain que les enfants allaient avoir un accident de voiture en rentrant à la maison? Et sont-ils arrivés à bon port, sains et saufs? Avec le recul nous repensons souvent à ce genre de situations et nous demandons pourquoi nous étions si inquiets. En êtes vous parfois arrivés à la conclusion que votre affolement n’était que « dans votre tête »?

     

    Il n’est pas surprenant que la Bible traite du syndrome du « tout dans la tête ». Dieu comprend que –si nous ne le faisons pas de manière délibérée – nous sommes capables d’imaginer un nombre incalculable de scénarios dans lesquels des relations sont rompues et où il arrive tout un tas de mauvaises choses. Il a donc muni sa parole d’instructions qui nous permettent de reconnaître et de surmonter cette tendance à laisser libre cours à notre imagination galopante.

    En fait, ces luttes dans nos pensées font partie de notre apprentissage chrétien normal. En 2 Corinthiens 10, Paul aborde ce sujet de façon très éloquente. Il dit au verset 3 :

    Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair.

    Paul dit que nous vivons dans des corps physiques dans un monde matériel. Nous sommes en même temps engagés dans un combat, mais ce combat n’est pas mené dans le monde physique et matériel. Il a lieu dans un autre monde. Il explique au verset 4:

    Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses…

    Dieu nous a équipé d’armes appropriées parce que ce combat dans lequel nous sommes engagés ne fait pas partie du monde physique. Nos armes ne sont pas physiques mais spirituelles. Dieu nous a procuré des armes spirituelles qui vont renverser des forteresses. Dans ce combat, des forteresses se dressent contre nous et contre Dieu. Paul continue en décrivant ces forteresses au verset 5 :

    Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ…

    Tous ces mots ont à voir avec le monde des pensées : des raisonnements, la connaissance de Dieu et, amener toute pensée captive. Paul a mis en évidence le fait que le champ de bataille est celui de la pensée.

    Ressentir des pressions issues de notre pensée n’est donc pas anormal. Cela fait partie de la vie chrétienne. Ce n’est pas nécessairement le symptôme d’une mauvaise action de votre part ou que vous allez dans la mauvaise direction. Cela vient juste compléter votre apprentissage en tant que chrétien.

    L’Ennemi intérieur

    A une certaine étape de ma vie chrétienne j’ai fait une découverte surprenante : j’abritais un ennemi de Dieu à l’intérieur de moi. Malgré le fait que j’étais chrétien et que je servais Dieu, je découvrais que mon ennemi était ma propre pensée. En Romains 8:7, Paul explique:

    car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas.

    En grandissant, mon esprit a reçu une remarquable éducation. J’ai fréquenté une université prestigieuse et y suis devenu professeur. Mais le problème était que cet esprit en train d’être éduqué était un ennemi de Dieu. J’abritais au fond de moi un ennemi de Dieu extrêmement instruit.

    Beaucoup de gens croient en l’éducation. Mais l’éducation ne changera pas le fait que votre esprit est un ennemi de Dieu. Elle ne fera qu’éduquer votre esprit sans changer sa nature. Si votre esprit est charnel et que vous fréquentiez un séminaire pendant 5 ans, vous ne finiriez vraisemblablement que par abriter en vous un esprit charnel de bonne éducation.

    Il faut qu’il y ait un changement total et intégral.

    En 2 Corinthiens, Paul dit que Dieu nous a donné les armes appropriées. Il y a beaucoup d’armes que nous pouvons utiliser dans ce combat, mais je crois que les deux armes les plus essentielles sont le temps passé dans la Parole de Dieu et dans la prière.

    Très tôt dans ma vie chrétienne, j’ai fait une expérience au cours de laquelle pendant une année entière j’ai dû garder confiance dans le fait que la parole de Dieu m’apporte la guérison physique. En Matthieu 4:4, Jésus dit que l’homme « vivra de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu ». C’est ce que j’ai dû faire. A la fin de cette année, non seulement j’étais guéri physiquement, mais mon esprit avait complètement changé. J’avais appris à penser dans les termes de la Parole de Dieu.

    Ne vous y trompez pas cependant. Au cours de cette année-là j’ai eu énormément de combats dans la prière. J’ai dû me frayer un chemin vers la vérité. J’ai dû refuser les mensonges de l’ennemi – les doutes, le découragement, la crainte- et c’est au moyen de la prière que j’ai dû m’y prendre. En utilisant ces deux armes fantastiques – la parole de Dieu et la prière – j’ai finalement remporté cette bataille dans mes pensées.

    Trois forteresses

    En 2 Corinthiens, Paul parle de « forteresses. » Une autre traduction l’exprime par « forteresses de pensée ». Quelles sont ces forteresses? J’ai beaucoup réfléchi à cette question et je vous propose de les classer en trois catégories principales.

    La première est l’orgueil. La plus grande forteresse de toutes dans l’esprit d’un homme non régénéré est l’orgueil – l’orgueil qui se sert, se protège et s’exalte lui-même avant tout.

    Pratiquement toutes les races et toutes les nations souffrent d’un certain degré d’orgueil national. Je suis né anglais – et, croyez-moi, les Anglais peuvent être très orgueilleux. Un anglais peut mettre beaucoup de temps à admettre qu’il a un problème d’orgueil.

    L’Allemagne aussi est un pays dont l’Histoire est pétrie d’orgueil national. Je pense que le nationalisme est une des clés dont Hitler s’est servi pour acquérir de l’ascendant sur le peuple allemand- et même sur une multitude de chrétiens allemands.

    L’orgueil des dénominations est une autre des forteresses que l’ont peut distinguer. Certains disent, « je sais à quelle dénomination j’appartiens, alors ne me dites rien qui soit en désaccord avec la doctrine de ma dénomination.- même si c’est dans la Bible ». On pourrait dire cela des Baptistes, des Méthodistes, des Pentecôtistes, des Presbytériens – la liste est longue. Si vous vous accrochez à tout ce qui porte un certain label – que ce soit Protestant, Catholique, Presbytérien, Pentecôtiste ou quoi que ce soit – je pense que votre esprit abrite une forteresse d’orgueil.

    L’orgueil génère le parti pris – votre pensée est déjà déterminée avant que vous n’ayez connaissance des faits. C’est faire preuve d’un esprit étroit, arrogant et destructeur.

    La troisième forteresse est celles des idées préconçues - le fait de penser que vous connaissez quelque chose qu’en réalité vous ne connaissez pas, de présumer avoir une vision claire de quelque chose qu’en fait vous n’avez pas.

    Permettez-moi de vous suggérer une manière de repérer vous–même vos forteresses de pensées. Si vous vous sentez troublé à la mention d’une de ces forteresses, soyez honnête avec vous-même et prenez la décision d’aller au devant de ce problème. La raison la plus importante de l’affronter est que ces forteresses bloquent l’entrée de la parole de Dieu dans votre vie. Dans le Psaume 119:130, nous apprenons que :

    La révélation de tes paroles éclaire, Elle donne de l’intelligence aux simples.

     

    Voulez-vous être éclairé et avoir de l’intelligence? Ou préférez-vous rester dans la semi-obscurité, l’ignorance et les préjugés? C’est à vous de choisir. Si vous aspirez à la lumière et à l’intelligence il faut que vous vous attaquiez à ces forteresses dans vos propres pensées à l’aide de la vérité de la parole de Dieu et de la puissance de la prière. Humiliez-vous et laissez la parole de Dieu faire son œuvre en vous – vous transformer, vous ajuster, vous reconstruire, vous remodeler.

    Vous devez vous demander comment se fait-il que j’en sache si long sur vous. Eh bien ce n’est pas le cas. Je sais que nous sommes tous confrontés à cela. Nous sommes tous susceptibles d’abriter ce genre de forteresses. Nous sommes engagés dans un combat spirituel au cœur de nos propres pensées et Dieu a pourvu aux armes pour remporter la victoire.

    Le casque de l’espérance

    J’ai appris tout d’abord à me servir de ces armes. A partir de 1949 (pendant environ 9 ans) je fus pasteur d’une congrégation à Londres, en Angleterre. Dans une certaine mesure, j’ai mené à bien mon ministère. Nous voyions régulièrement des gens être sauvés, guéris et baptisés dans le Saint-Esprit dans notre église. Cependant, j’avais des problèmes personnels auxquels je n’avais pas encore trouvé de solution. Plus précisément, j’avais des accès de dépression récurrents qui me submergeaient comme un épais nuage noir. Ce nuage semblait me pousser vers le bas et me déconnectait d’une communication normale avec les autres – même avec ma famille.

    J’ai combattu cela par tous les moyens qui étaient en mon pouvoir et que je connaissais. J’ai prié, jeûné, pris de bonnes résolutions. J’ai fait tout ce que je pouvais faire mais je n’allais pas mieux. En fait, plus je priais et jeûnais, pire c’était. Je me souviens que l’une de nos filles – qui avait environ 14 ans à l’époque- me dit un jour, « papa, s’il te plaît arrête de jeûner, ton état empire quand tu jeûnes ».

    J’avais épuisé toutes mes solutions, et un jour, une phrase dans Esaïe 61:3 capta mon attention:

    Un vêtement de louange au lieu d’un esprit d’abattement (ou de lourdeur comme le dit la version anglaise)…

     

    Lorsque je lus cette phrase je sus soudain que j’avais à faire à un esprit – une personnalité qui me sondait, qui connaissait mes faiblesses, savait quand et comment m’attaquer. Je n’étais pas en train de lutter contre mes seules forces mentales et psychologiques. Je n’étais pas en train de lutter contre de simples manies ancrées en moi. Il y avait une personne montée contre moi – par Satan lui-même – qui me sondait et manigançait ma chute.

    Alors je sus pourquoi la pression empirait à mesure que je voulais servir le Seigneur, la mission de cet esprit était de m’entraver dans mon service pour Dieu. Lorsque je me relâchais un peu et devenais indifférent, la pression diminuait. Mais plus je m’engageais sérieusement, plus la pression augmentait. J’avais à faire à un esprit doté d’intelligence qui savait précisément comment et quand mettre la pression.

    Le fait d’identifier mon ennemi fut un bond en avant extraordinaire. Je sondais les Ecritures et trouvais un verset qui je le crus allait m’apporter la solution à mon problème. Joël 2:32 dit ceci:

    Alors tous ceux qui invoqueront l’Eternel seront sauvés (délivrés, dit la version anglaise).

    Je crus que cette promesse était tout aussi universelle que celle de Jean 3:16

    …afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle

     

    Je vis Joël 2:32 comme une promesse spécifique de délivrance. Je joignis les deux versets – Esaïe 61:3 et Joël 2:32 – et je fis une prière très spécifique. Je nommai l’esprit (esprit d’abattement, esprit de lourdeur) et je réclamais la promesse que Dieu Lui-même avait faite (« Alors tous ceux qui invoqueront l’Eternel seront délivrés »).

    Je priais, « Dieu, au Nom du Seigneur Jésus Christ – et selon Ta Parole – Je te demande de me délivrer de cet esprit de lourdeur ». Et lorsque je fis cette prière biblique spécifique, je fus délivré. La pression se relâcha.

    Puis mon apprentissage continua. J’appris qu’être délivré est une chose et que le rester en est une totalement différente.

    Dieu commença à me montrer qu’Il avait fait sa part et qu’à présent je devais faire la mienne. Il avait libéré mon esprit de cette pression démoniaque, il m’appartenait maintenant de rééduquer ma pensée – de cultiver une perspective et une manière de penser totalement différentes. Avant d’être délivré je n’en étais pas capable. Après ma délivrance c’était devenu ma responsabilité. Dieu avait fait sa part en me délivrant, et je devais faire la mienne en gardant cette délivrance.

    Je pense que c’est une vérité qui s’applique à presque tous les domaines où Dieu intervient à votre place – le salut, la guérison, la délivrance. Dieu fait sa part et il vous appartient de faire la vôtre. Votre part est de conserver ce que Dieu vous a donné – de vous y accrocher.

    Adapté des enseignements de Derek Prince: " L’apprentissage de la vie " et      " Le casque de l’Espérance".

    http://derekprince.fr