• Si tu penses être quelque chose, sache que tu n'es rien - Paracha Chela'h Lekha

    Si tu penses être quelque chose, sache que tu n'es rien - Paracha Chela'h Lekha

     

    « Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui-même. Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; » (Galates 6 : 3)

    Cher lecteur, nous voici arrivés à une nouvelle étape dans notre étude de la Torah : la paracha Chela’h Lekha (envoie pour toi-même). C’est une fois encore, une paracha dans laquelle coulent le lait et le miel ! Ainsi, dégustons ensemble un des nombreux mets spirituels qui nous est proposé ici, afin de grandir davantage dans les voies du Dieu vivant et de la Torah du Messie Yéshoua. Cette étude sera courte mais l’enseignement nous donnera matière à méditer pour rectifier et sanctifier nos voies et nos coeurs comme il est dit :

    « Considérez attentivement vos voies ! » (Aggée 1 : 5)

    Dans notre portion d’Écriture étudiée (paracha), il est dit en Nombres 13 : 2 : « Choisis parmi eux les chefs (Nassi). »

    Resituons très brièvement le contexte de notre verset : HaShem (Dieu) accepte la demande du peuple d’envoyer des explorateurs pour espionner la terre de Canaan qu’Il a promise en héritage aux enfants d’Israël. Les explorateurs reviennent avec d’immenses fruits mais font un récit pessimiste et apeurant de leur voyage et parlent de géants qu’Israël ne pourrait pas vaincre. Seuls Kalev (Caleb) et Yéhoshoua (Josué) estiment la conquête possible et ne mettent pas en doute la capacité d’HaShem de mener ce nouveau combat pour Son peuple.

    « Choisis parmi eux les chefs (Nassi). » (Nombres 13 : 2)

    Comme nous l’avons déjà vu dans une autre étude à ce sujet, les commentaires nous font remarqué que le mot « Nassi » (chef) est composé des lettres : alef (א), yod (י) et noun (נ), soit le mot « éyn », qui signifie « rien » ou « il n’y a pas ». Mais il y a aussi les lettres yod (י) et shine (), soit le mot « yésh » qui signifie « il y a ». Cette double signification contradictoire du mot « Nassi » veut nous faire entendre que tant que les chefs se donnent une importance illégitime, alors il leur est assuré qu’ils ne sont rien. Mais, par ailleurs s’ils se considèrent comme n’étant rien de plus que ce que leur confère leur responsabilité, alors ils sont véritablement quelque chose.

    Ce commentaire vient nous montrer une des nombreuses causes de la faute des explorateurs : l’orgueil spirituel, ce poison infecte et venimeux des plus terribles et tenaces et contre lequel nous devons nous tous nous battre et lutter avec force pour en extirper toute racine de nos coeurs.

    En quoi l’orgueil les a fait chuter et échouer dans leur mission ? Nous en reparlerons en détail dans de futures études si Dieu permet, mais pour faire bref, selon les commentaires, mis à part Kalev (Caleb) et Yéshoshoua (Josué), les 10 autres princes des 10 autres tribus restantes s’estimaient être quelque choses à leurs propres yeux et, devant la possibilité de perdre leur prestige et leur Kavod (honneur) après leur rentrée en terre d’Israël, ils ont préféré parler négativement de la conquête de la terre d’Israël afin de conserver leur petit honneur du désert et de la galout (exil) et ainsi, ils ont mis en oubli leur foi en Dieu et en Ses promesses, et à cause de l’orgueil et d’une haute estime de leur personne, ils ont quitté les sentiers de l’amour et par leurs fautes, c’est tout le peuple qui a été entraîné à la désobéissance. De là, nous voyons une fois encore l’immense responsabilité de ceux que Dieu élève et à qu’Il confère une certaine autorité spirituelle.

    Plus nous grandissons avec Dieu, plus nous nous affinons, plus Dieu nous bénit et plus nous devons veiller ardemment sur notre coeur afin de ne surtout pas tomber dans le piège infernal et si dangereux de l’orgueil spirituel, dans lequel, comme le montre notre paracha, plus des 3/4 tombent systématiquement !

    Ce n’est pas sans raison que l’Ecriture nous met régulièrement en garde contre un tel fléau, responsable de tant de souffrances et de tellement de blessures de coeur dans le monde croyant car celui qui est humble, jamais il ne blessera son prochain avec sa bouche ni parlera avec hauteur, dédain et mépris ! N’oublions pas ce que déclara jadis le Messie Yéshoua à quelques dirigeants spirituels imbus d’eux-mêmes et enflés d’orgueil :

    « Dieu connaît vos coeurs; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. » (Luc 16 : 15)

    En Deutéronome 7 : 26, il est dit :

    « Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit. ».

    Ceci fait aussi référence à l’orgueil : la maison c’est ton coeur, la chose abominable c’est l’orgueil, tu ne l’introduiras pas dans ton coeur de peur d’être chassé, repoussé et dévoué par interdit par l’Eternel des armées qui hait les hommes orgueilleux comme il est dit :

    « La crainte de l’Eternel, c’est la haine du mal; l’arrogance et l’orgueil, la voie du mal, Et la bouche perverse, voilà ce que je hais. » (Proverbes 8 : 13)

    Par conséquent, nous comprenons aussi combien il faut veiller à n’introduire concrètement aucune chose abominable dans nos maisons (au sens littéral), aucun objet lié à un culte idolâtre et païen et les choses semblables, car dès lors, si nous ne veillons pas à cela, nous prenons spirituellement le même statut que l’orgueilleux et alors, de nombreux problèmes spirituels risquent d’entraver sérieusement notre marche avec Dieu. Ce n’est pas sans raison qu’à leur conversion, les croyants d’Epéhèse brulaient avec conviction, vigueur et force tous leurs anciens livres et objets liés à la sorcellerie :

    « Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. 19 Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. » (Actes 19 : 18)

    Nous pourrons parler de ce sujet indéfiniment tant l’Ecriture nous enseigne sur les dégâts illimités de l’orgueil spirituel, mais regardons maintenant quelques antidotes à l’orgueil proposés dans l’enseignement des sages d’Israël en conformité avec la Torah du Dieu trois fois saint :

    Dans un texte intitulé « Rabbi Lévitas et Rabbi Meir enseigne » du site toraconnection, nous pouvons lire au sujet de Moshé (Moïse) Avraham et David :

    « Il est marqué dans la guémara houlin : Hakadoch Baroukh hou [Dieu, le Saint Béni soit-il] a dit :

    « Je suis satisfait de vous car même dans un moment où vous étiez au plus haut vous avez su vous faire petits. J’ai donné la grandeur à Avraham et il a dit : ‘Je suis de la terre et de la cendre’. J’ai donné de la grandeur à Moché et à Aaron et ils ont dit : ‘Et nous, qu’est-ce que nous sommes ?’ J’ai donné de la grandeur à David et il a dit : ‘Je suis une chenille, une vermine’ ».

    Si eux, malgré leurs statuts, ont été très humbles, alors à plus forte raison, nous qui sommes petits comme des fourmis, nous devons être très très humbles.

    Mais les goyim (nations) n’ont pas réagi ainsi. Hachem témoigne :

    « J’ai donné la grandeur à Nemrod et il a dit ; ‘Venez, nous allons construire une ville, et à l’intérieur une tour qui montera jusqu’au ciel.’. Paro (pharaon) a dit ; ‘Qui est ce D.ieu pour que j’écoute sa voix.’ Nebouhanetsar (qui a détruit le premier temple) a dit : ‘Je vais monter sur les hauteurs et je vais ressembler à Hachem’. Hilam, le roi de tsor, a dit : ‘Je me suis assis sur le trône d’Hachem au cœur des océans.’ »

    Et nous pourrions rajouter le fléau qui frappa subitement Hérode lorsqu’il laissa l’orgueil imprégner tout son être au lieu d’attribuer la gloire à Dieu :

    « Hérode, revêtu de ses vêtements royaux, prit place sur son trône et leur adressa un discours en public. Le peuple se mit à crier : Ce n’est plus un homme qui parle. C’est la voix d’un dieu.Au même instant, un ange du Seigneur vint le frapper parce qu’il n’avait pas rendu à Dieu l’honneur qui lui est dû. Dévoré par les vers, il expira. » (Actes 12 : 21-23)

    Et évidemment, que dire du modèle par excellence de l’humilité, devant Moshé, le Messie Yéshoua, qui, de par son humilité extrême a été élevé au-dessus de toute chose comme il est dit :

    « C’est pourquoi je lui donnerai son partage parmi les grands; il partagera le butin avec les puissants; parce qu’il a livré sa vie à la mort, qu’il a été mis au nombre des méchants, qu’il a porté les péchés de plusieurs, et intercédé pour les pécheurs. » (Ésaïe 53 : 12)

    Et encore : Dieu

    « l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, Au-dessus de toute principauté, de toute puissance, de tout pouvoir, de toute domination, et de tout nom qui se puisse nommer, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir. Et il a mis toutes choses sous ses pieds, et l’a donné pour chef suprême de l’Église » (Ephésiens 1:20-22)

    Regardons un autre passage du texte « Rabbi Lévitas et Rabbi Meir enseigne » qui nous enseigne comment se préserver de l’orgueil à l’aide de quelques précieuses clés à méditer et à intégrer en nos coeurs par la grâce de Dieu :

    « Pour cela l’homme doit se rabaisser car plus un homme est grand et plus Hachem sera pointilleux sur toutes ses actions. Il faut avoir constamment devant ses yeux ses fautes et se dire : A quoi cela sert que je m’enorgueillisse lorsque les autres personnes me flattent car ils ne me connaissent pas réellement. Ils me flattent car ils ne voient que mes bonnes actions mais ne voient pas, à côté de cela, les fautes que j’ai commises et les mauvais traits de caractère que je n’ai toujours pas améliorés.

    Rabénou Béhayé ramène qu’il a été demandé à un des haham (sage) ce qu’il lui a valu d’être le grand de sa génération. Il a répondu que la raison en était qu’il n’avait jamais rencontré une personne qui n’était pas meilleure que lui.

    Si il était plus sage que moi, je me disais dans mon cœur que cet homme est à priori également plus craignant Hachem que moi.

     Si il était moins sage que moi, je pensais que le dossier qu’il allait présenter à Hachem à 120 ans sera plus léger que le mien car, pour lui, les fautes qu’il commet sont involontaires car soit il ne sait pas que c’est interdit soit, même s’il le savait, il n’en connait pas forcement la gravité. Alors que moi qui connais la gravité de mes fautes, celles-ci sont considérées comme volontaires et donc mon dossier sera plus lourd.

    Si la personne était plus vieille que moi, je me disais que, vu le nombre d’années qu’il a de plus que moi, elle a pu faire plus de mitsvot et donc a plus de mérites.

    Si la personne était plus jeune que moi, je me disais que ses fautes sont moins nombreuses que les miennes.

    Si elle était plus riche que moi, je me disais que son mérite, dû à la mitsva de la tsédaka (charité) qu’il pouvait  faire et grâce à laquelle elle pouvait aider et soutenir des familles entières, la rendait plus méritante que moi.

    Si elle était plus pauvre que moi je pensais qu’elle devait être plus humble que moi car de quoi un pauvre peut-il s’enorgueillir ?

    Et si je voyais un homme qui me ressemblait ; même âge, même sagesse, même niveau de vie, alors je me disais que, peut-être, son cœur était plus pur que le mien. A force de penser de la sorte je respectais tout le monde et me rabaissais devant chacun.

    Le rabbi Nahman de Breslev, un éminant rabbin du judaïsme du 18-19ème siècle, va jusqu’à dire la chose suivante :

    « Le monde ne subsiste que grâce à celui qui se considère comme rien ». Et encore : « L’homme sera reconnaissable au timbre de sa voix, s’il est humble ou prétentieux »

    L’Ecriture abonde en ce sens et notre paracha nous le montre : l’orgueil, racine de tous les maux, mène l’homme à la folie, à la destruction, à l’hérésie et à la mort, non seulement de lui-même mais aussi de tous ceux et celles qui se lieront à lui. L’orgueilleux est capable de mettre de côté son olam haba (monde futur) et les promesses de Dieu, de préférer le désert de l’exil plutôt que de voir son honneur affecté, telle est une des douloureuses leçons de la faute des explorateurs afin que l’on se mette en garde contre un fléau bien plus présent et subtil qu’on ne saurait l’imaginer.

    Que Dieu nous accorde Sa puissante humilité, qu’Il nous ouvre les yeux sur toute trace d’orgueil dans nos vies, que dans Sa grande et infinie bonté, Il nous vienne en aide, nous aide à méditer et à intérioriser ce qui a été partagé ici, qu’Il nous aide à purifier toujours plus nos coeurs de tout orgueil afin que, comme dit le prophète, nous puissions marcher humblement à Ses côtés, tous les jours de notre vie. Amen vé amen.

     

    http://www.kama-tov-ata.com/si-tu-penses-etre-quelque-chose-sache-que-tu-n-es-rien-paracha-chela-h-a130517368

    « PARACHA SHELA’H LEKHA "ENVOIE TOI MËME"Un chrétien devrait-il employer des euphémismes sur Dieu ? »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :