• Yeshoua HaMashiah ou Jésus le Christ ?

    “ Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche.”                (Apocalypse 1:3)

     

    - « Plus le temps passe et plus je m’éloigne de Jésus pour me rapprocher de Yeshoua… ».

    Je me souviens encore très bien des crucifix que ma grand mère accrochée un peut partout dans la maison, ces objets étaient pour moi symbole de mort et de tristesse ; étant donnés qu’ils jalonnaient les allées des cimetières. Paradoxalement, le personnage figurant sur cette croix était sensé personnifier Dieu, Dieu qui est Amour et joie. Pourtant ce Dieu était représenté mort ! Était-il si dangereux que ça qu’il eût fallu l’éliminer ? La mort avait elle vaincu le Bien, fallait-il se résoudre au malheur ? Fallait-il absolument souffrir pour vivre normalement ? Voila, entre autres, les questions que je me posais. L’église romaine que je fréquentais alors était bien incapable d’y répondre. La voie dans l’laquelle je m’étais plus ou moins engagée et l’idée que je me faisais à l’époque de ce que j’appelais encore le christianisme, ne me convenaient pas. Dans mon esprit, Dieu était différent de ce que l’on voulait bien me faire croire ; tout cela sonnait faux. Il m’aura alors fallut attendre encore quelques années avant de trouver des débuts de réponse.

    - A une certaine époque, j’ai fréquenté des personnes qui étudiaient la Bible. Le sectarisme avéré de ces gens ne les empêchaient pas d’avoir une vision assez juste et parfois même excessive de la parole de Dieu. Cela m’a permis de comprendre certaines choses et d’en confirmer d’autres. Il était évident que le catholicisme romain était aux antipodes de la Parole Vivante de Dieu. La religion catholique et tous les mouvements qui en découle ne sont qu’un mélanges de tradition, de coutume et de mythes païens que l’on a christianisé, ceci afin de réunir le plus de fidèles possibles sans trop choquer les uns aux détriments des autres et surtout, d’en détourner le plus possible de la Vérité !

    Mais le plus grave dans cette histoire c’est que plus l’on s’engage sur cette voie, plus l’on se sépare de Dieu et du salut qu’il veut nous offrir. A certaines époques dites du réveil, un sursaut c’est fait sentir parmi certains révisionnistes protestataires, mais, malheureusement ceux là ne sont pas allés jusqu’au bout de la Reforme et n’ont pas fait ce qu’ils auraient dut faire. Hélas, la forme à changée mais pas le fond.

     

    “ En ce jour-là, dit l’Eternel des armées, J’exterminerai du pays les noms des idoles, Afin qu’on ne s’en souvienne plus ; J’ôterai aussi du pays les prophètes et l’esprit d’impureté” (Zacharie 13:2 )

     

    - Le but de mon message n’est pas de faire le procès de ces “églises” mais démontrer aux personnes qui soutiennent et profites de ces “fausses religions” qu’elles se trompent et surtout trompent les autres. Même si Dieu tolère et conçoit un temps d’ignorance celas ne doit pas être un prétexte au laxisme et penser que la grâce de Dieu peut suffire à couvrir l’iniquité.

    Dix sept siècles de mensonges et de faux enseignements ont suffit à faire perdre aux hommes tout sens critique et moral au profit d’une théorie de substitution et de remplacement. Il a été facile alors à une époque ou le mysticisme et l’idolâtrie étaient monnaie courante parmi les peuples, de faire cohabiter paganisme et christianisme ensemble. Cela était autant aisé car Rome, en grand conquérant et chef spirituel de cette partie du monde, avait réussi à diviser le peuple juif et surtout l’affaiblir par de nombreux massacres, et jusqu’à la destruction de son temple. Malgré tout, la foi en Yeshoua (que les nations appellent Jésus) d’un grand nombre, ne fut pas ébranlée. Mais, sous le poids de la ruse, par les conversions massives au christianisme de leurs ennemis, les véritables croyants héritiers de Paul et des autres apôtres, témoins de notre Seigneur Yeshoua, furent vite submergés par cette nouvelle vague et durent soient resté ou partir.

     Ensuite, par la conversion au christianisme en 337 de l’empereur Constantin, grand adorateur du soleil, une nouvelle religion vit peut à peut le jour : le Catholicisme Romain ou église Catholique. Littéralement ‘’ Religion universelle’’, mélange de paganisme, d’idolâtrie, basée sur des conciles et des dogmes douteux et des doctrines d’homme. Elle c’est substituée à la véritable Église Messianique, corps du Messie Yeshoua. L’église catholique, mouvement blasphématoire, a vite rejetée la véritable Parole de Dieu ainsi que sont Peuple Israël : prunelle de l’œil de Dieu, seul dépositaire des Saintes Écritures ; elle n’a pas non plus hésité à falsifier les ‘’10 commandements’’ en changeant le 4ème.  L’Israël Messianique est donc tombé dans l’oublie, le peuple juif n’ayant plus de lieu de culte, c’est dispersé. Rome a décrétée que Dieu avait rejeté son peuple Israël et que ses bénédictions leurs revenaient maintenant à elle. Yeshoua est donc devenus ‘’Jésus-Christ’’, du grec ancien iesous christos.

    Il existe néanmoins des preuves mettant en évidences des analogies troublantes entre le paganisme et la chrétienté.  Ces preuves sont hélas bien réelles, ont les trouves tout au long de l’histoire des civilisations, avant même la naissance d’Abraham. C’est ce que nous allons étudier dans la suite de ce texte.

     

    "…Parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés... C'est pourquoi Dieu leur enverra un esprit d'erreur, en sorte qu'ils croiront au mensonge." (2 Thess. 2 : 10-11)

     

    - Ce qui suit sont des extrais tirés du très bon livre : « LES DEUX BABYLONE », d’Alexandre HISLOP, (1807 / 1862) pasteur protestant écossais.

    La première édition de ce livre date de 1853. Une deuxième édition est parue aussi en 1916 et je voudrais faire remarquer au lecteur qu’à cette époque, même si le monde était en guerre, l’horreur du nazisme et l’extermination massive des juifs d’Europe n’avait pas encore eu lieu. L’idée de la création d’un état Israélien était loin de voir le jour ; la prophétie de la vallée des ossements desséchés (Ézéchiel 37) ne c’était pas encore réalisée. L’Islam n’avait pas encore envahie l’Europe et la pensée d’un conflit Israélo-palestinien n’était pas du tout envisageable. Le lecteur pourra aussi remarquer les analogies flagrantes entre l’église de Rome décrite dans ce texte et les mouvements chrétiens(ou églises) actuelles quelles qu’ils soient. 

    Mr Hislop, pasteur protestant, a écrit ce livre loin de toute pensée Messianique. De ce fait on ne trouve aucune allusion à Israël et à sa place véritable dans le plan de Dieu ; son but étant surtout de dénoncer le culte blasphématoire de la fausse église de Rome, avec preuves historiques et Bibliques incontestables à l’appuie.

    Ce qui est intéressant, c’est de reconsidérer cette œuvre à la lumière du XXI siècles tout en y incluent les données récentes concernent l’évolution des religions actuelles ainsi que notre entré dans les temps Messianiques. Que c’est-il passé depuis plus d’un siècle ? La Rome papale corrompue et ces frères réformateurs existent toujours. Des églises dites Évangéliques ont fleurit un peut partout apportant un peut de modernité dans ce protestantisme stagnant, tandis que l’Islam continue à envahir le monde comptant le posséder un jour. Les fausses religions et sectes religieuses augmentent et se radicalisent.

     

    « Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre ».            (Apocalypse 17:5)

     

    - La religion romaine et ceux qui y sont attachés de prés ou de loin ne sont pas les seules à faire partir cette grande Babylone, empire des fausses religions. Tous les autres mouvements religieux ne reconnaissant pas l’autorité du « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et de son Messie Yeshoua » en font également partie.

    Notre rôle est aussi et surtout d’avertir par tous les moyens, les véritables croyants sur leurs positions actuelles : ai-je choisis le bon Chemin ?  Quel Dieu je désir servir ?

     

     « Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. »(Apocalypse 18:4  ).

     

    Qui est donc ce peuple sinon celui de (Hébreux 8 :10). « Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, Je les écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple. »

     

    Ces prophéties des derniers temps ne sont pas à prendre à la légère. Que ceux qui fréquentent l’église actuelle et les mouvements qui lui sont affiliés sachent bien que lorsqu’ils prient Jésus, ce n’est pas à Yeshoua HaMashiah (le véritable Messie) qu’ils adressent leurs supplications mais à une idole païenne, fruit de la volonté de certains hommes et de celui qui est leur Maitre : Satan lui-même. « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. »(Jean 8 :44).

    Il est incontestable que Satan soit le prince de ce monde, nous lui appartenons tant que nous n’appartenons pas au Véritable Seigneur. Dieu désapprouve l’église actuelle qui est un blasphème à ses yeux ; mais il aime les hommes et les femmes sincères qui veulent le servir et fera en sorte de les attirer à Lui.

    Dieu nous offre le Salut et la vie Éternelle par l’entremise de son Fils : le Messie Yeshoua, mais pour cela nous devons d’abord faire un choix : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple… » Ou alors « …prendre part à ses fléaux… et être consumé par le feu avec elle… »

     

    J’espère sincèrement qu’après la lecture de ces textes, beaucoup, avec l’aide de l’Esprit-Saint, seront amenés à réviser leur position sur le sujet et à prendre les bonnes décisions.

     

    « ..Que celui qui à des oreilles entendent….. »

     

    Introduction.

     

    Identité de l'Église romaine et du culte de Nemrod et de Sémiramis.

     

    - Il y a une grande différence entre les œuvres des hommes et les œuvres de Dieu : le même examen minutieux et approfondi qui dévoile les défauts et les imperfections des unes, dévoile aussi les beautés des autres. Examinez au microscope l'aiguille la mieux polie par l'industrie de l'homme, vous y verrez bien des inégalités, bien des rugosités, bien des aspérités. Mais, examinez de la même manière les fleurs de nos champs ; le résultat est bien différent. Au lieu de voir diminuer leurs beautés vous en découvrirez de nouvelles et de plus délicates encore qui avaient échappé au simple regard ; elles nous font apprécier, à un point de vue que nous n'aurions pas soupçonné, le sens profond de ces paroles du Seigneur : "Apprenez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent, et cependant je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire n'a point été vêtu comme l'un d'eux" (Math. 6). La même loi se manifeste aussi quand on compare la Parole de Dieu aux œuvres les plus parfaites de l'homme. Il y a des taches et des imperfections dans les productions les plus admirées du génie humain. Mais, plus on sonde les Écritures, plus on les étudie avec attention, plus on voit leur perfection ; on y aperçoit chaque jour de nouvelles beautés, et les découvertes de la science, les recherches des savants, les travaux des incrédules, tout conspire à la fois pour faire resplendir la merveilleuse harmonie de toutes leurs parties et la divine beauté qui en revêt l'ensemble.

    S'il en est ainsi pour l'Écriture en général, on peut surtout le dire de l'Écriture prophétique. À mesure que se déroulent les plans de la Providence, les symboles prophétiques prennent des aspects plus beaux et plus audacieux. C'est surtout le cas pour le langage des prophètes qui forme la base et la pierre angulaire de notre travail. Aucun protestant éclairé n'a eu de peine à identifier la femme assise sur les 7 montagnes et portant au front cette inscription : "Le Mystère, la Grande Babylone" avec l'apostasie Romaine. Rome, seule entre toutes les villes du monde, a été fameuse à cause de sa situation sur 7 collines. Les poètes et les orateurs païens qui ne songeaient point à expliquer la prophétie, l'ont aussi appelée la cité aux 7 collines. Voici comment Virgile en fait mention : "Seule Rome est devenue la merveille du monde et seule dans son enceinte elle renferme 7 collines. " Properce en parle aussi de la même manière et ajoute un nouveau trait qui complète la description de l'Apocalypse : "la haute cité bâtie sur 7 collines qui gouverne le monde entier ". Ces mots : "gouvernant le monde entier" sont exactement la contrepartie de la déclaration divine : "Elle règne sur les rois de la terre" (Apoc. 17, 18). Appeler Rome, "la cité aux 7 collines", était pour ses citoyens aussi caractéristiques que de la désigner par son propre nom […] 

     

    - L’église romaine à évidement des origines Babyloniennes, c’est le caractère de mystère qui est particulier aux systèmes de la Rome moderne et de l’ancienne Babylone. Le prodigieux système de corruption morale et d’idolâtrie, dépeint sous l’emblème d’une femme qui tient à la main une coupe d’or (Rev. 27 :4) et qui enivre toutes les nations du vin de son impudicité est divinement appelé « mystère la grande Babylone » (27 :5) Tout homme sincère qui examine soigneusement ce sujet, ne peut douter que le mystère d’iniquité décrit par Paul dans (2 thess 2 :17) n’ait sa contre partie dans l’église de Rome.(et l’Église en générale)[…]

     

    image007image005. En 1825, en effet, à l'occasion                                                      du Jubilé, le pape Léon XII fit frapper une médaille portant d'un côté sa propre image et de l'autre l'Église de Rome symbolisée par une femme qui tient à la main gauche une croix et de l'autre une coupe avec cette légende : "Sedet super universum ", elle a pour siège le monde entier.

     

    Son jugement approche, cela est évident; et à mesure qu'il approche, la Providence divine, d'accord avec la Parole de Dieu, démontre de plus en plus clairement qu'en effet Rome est la Babylone de l'Apocalypse; que le caractère essentiel de son système, ses grands objets de culte, ses fêtes, sa doctrine, sa discipline, ses rites et ses cérémonies, sa prêtrise et ses ordres sont tous dérivés de l'antique Babylone, et qu'enfin le Pape lui-même est vraiment le descendant de Belshazzar. Dans la lutte qui a été soutenue contre les despotiques prétentions de Rome, on s'est trop souvent contenté de combattre et de repousser la présomption avec laquelle elle se vante d'être la mère et la maîtresse de toutes les Églises, la seule Église Catholique hors de laquelle il n'y a point de salut. Si jamais on a été excusable de la traiter ainsi, cette excuse n'existera plus. Si l'on peut justifier le principe que je viens d'établir, il faut lui arracher tout à fait son nom d'Église Chrétienne, car si c'est une Église du Christ, celle qui était assemblée cette nuit où le roi pontife de Babylone, au milieu de ses mille seigneurs, "louait les dieux d'or et d'argent, de bois et de pierre" (Daniel 5 : 4), alors l'Église de Rome a le droit de porter le nom d'Église Chrétienne; dans le cas contraire, elle ne l'a pas ! […]

     

    - Ce (ou son) but était de soumettre tout le genre humain d'une manière aveugle et absolue, à une hiérarchie qui dépendait entièrement des souverains de Babylone. À cet effet, toute la science sacrée et profane fut monopolisée par le clergé qui la distribuait à ceux qu'il initiait aux Mystères, selon que le demandaient les intérêts de son grand système de despotisme spirituel. C'est ainsi que partout où se propagea le système Babylonien, les hommes furent livrés à la domination des prêtres. Ceux-ci étaient les seuls dépositaires des connaissances religieuses, seuls ils avaient la vraie tradition par laquelle on devait interpréter les rites et les symboles de la religion du peuple, et sans une soumission aveugle et entière, les prêtres refusaient de faire connaître ce qui était nécessaire au salut. Comparez cela avec les origines de la Papauté, avec son esprit et son "modus operandi" à travers tout son développement, et vous verrez combien la ressemblance est exacte. Était-ce à une époque de lumière patriarcale que naquit le système corrompu des Mystères Babyloniens ? Non. Or ce fut à une époque de lumières encore plus grandes que commença le système impie et anti scripturaire, qui a trouvé un développement si marqué dans l'Église romaine. Il fut introduit du temps même des apôtres, alors que l'Église primitive était encore dans sa fleur, que l'on pouvait voir partout les fruits glorieux de la Pentecôte, et que les martyrs scellaient, de leur sang, leur témoignage à la vérité. Même à cette époque où l'Évangile brillait d'une lumière si vive, l'esprit de Dieu fit entendre, par la bouche de Paul, cette déclaration si distincte et si claire :   "Le Mystère d'iniquité agit déjà." (II Thess. 2: 7) […]

    Le pouvoir clérical de la prêtrise romaine a atteint son apogée dans l'institution du confessionnal. Cette institution a été empruntée à Babylone. La confession demandée aux sectateurs de Rome est entièrement différente de celle que nous recommande la Parole de Dieu. L'Écriture nous dit à ce sujet : "Confessez vos fautes les uns aux autres." (Jacques 5 : 46). Ce qui implique que le prêtre doit se confesser au peuple comme le peuple au prêtre, s'il arrive que l'un ait péché contre l'autre. Ces paroles n'auraient jamais pu servir à aucun prétexte de despotisme spirituel, aussi Rome, abandonnant la parole de Dieu, a eu recours au système Babylonien. Dans ce système la confession secrète au prêtre, selon une formule usitée, était exigée de tous ceux qui étaient admis aux Mystères ; et l'initiation ne pouvait se faire qu'après cette confession […]

     

     

    Le culte de « la Vierge Marie »

     

    - Les babyloniens dans leur religion populaire adoraient par-dessus tout une mère déesse et son fils, qui était représenté dans les tableaux par des statues comme un petit enfant dans les bras de sa mère. De Babylone le culte de la mère et de son enfant se répandit jusqu’au bout du monde. En Égypte, la Mère et l’Enfant étaient adoré sous les noms d’Isis et d’Osiris. Dans l’inde, même aujourd’hui, sous les noms d’Isi et d’Iswara. En Asie c’est Cybèle et Deoius. Dans la Rome païenne, la fortune et Jupiter Puer, ou Jupiter l’enfant. En Grèce, Cérès la grande mère avec un nourrisson au sein, ou Irène, la déesse de la paix, avec l’enfant Plutus dans les bras. Et même au Tibet, au Japon, en Chine, les missionnaires jésuites ont été bien surpris de trouver la contrepartie de la Madone et son enfant adorés aussi dévotement que dans la Rome papale elle-même ; Shing Moo, la Sainte Mère des Chinois était représentée avec un enfant dans les bras et entourée d’une gloire, absolument comme si un artiste catholique Romain avait pris soin de la peindre.

     

           
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       Les Babyloniens dans leur religion                       populaire adoraient par-dessus tout, une mère déesse et son fils, qui était représenté dans les tableaux et par des statues comme un petit enfant dans les bras de sa mère. De Babylone le culte de la Mère et de l'Enfant se répandit jusqu'au bout du monde.

     

     

     

     

    A l’origine, selon toute vraisemblance, il n'y avait pas lieu de diviniser la mère. Il y avait bien une Promesse formelle qui amena tout naturellement l'humanité à attendre qu'un jour le fils de Dieu (le Messie), par une admirable condescendance, apparaîtrait dans ce monde comme le fils de l’homme. Mais il n'y avait aucune promesse, pas même une apparence de promesse faite pour inspirer la croyance qu'une femme serait investie d'attributs qui l'élèveraient au rang de la divinité. Il est donc tout à fait invraisemblable que le jour où pour la première fois, la mère fut représentée avec l’enfant dans les bras, on ait eu l’intention de lui décerner des honneurs divins. Sans doute elle servait surtout de piédestal pour soutenir son divin fils, et le proposer ainsi à l’adoration de l’humanité ; c'était déjà pour elle assez de gloire, seule d’entre toutes les filles d'Eve, d'avoir donné naissance au rejeton promis, l’unique espérance du monde. C'était évidemment le but. Mais toutes les idolâtries, on le sait, reposent sur ce principe : il faut que ce qui s'adresse aux sens fasse la plus puissante impression […]

     

    - La Vénus romaine, on le sait, était la vénus de Chypre, et on peut démontrer, l’histoire à la main, que la Vénus de Chypre est dérivée de Babylone. Or, il arriva ce qu'on pouvait prévoir en pareille circonstance, si l'enfant avait des droits à l'adoration, la mère en avait bien davantage. C'est elle qui devint en conséquence l'objet favori du culte. Pour justifier ce culte, la mère fut divinisée aussi bien que son fils, et on la regarda comme destinée à achever d'écraser la tête du serpent ; car il était facile au besoin de trouver des raisons nombreuses et plausibles pour démontrer que Ninus, ou Nemrod, (*) le grand fils, n'avait fait dans sa vie mortelle que commencer ce travail […]

     

    (*) (Selon les traditions judéo-chrétiennes, Nemrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, eut l'idée de construire à Babel (Babylone) une tour assez haute pour que son sommet atteigne le ciel, en tout cas aussi haute que le mont Ararat (où se serait échouée l'Arche de Noé), afin que les flots ne puissent en submerger le sommet en cas de nouveau Déluge.

    Nemrod était le fils-époux de Sémiramis, la déification et le culte voué à ce couple incestueux sont traces de la naissance du mythe de la Mère et de l'Enfant commun à de très nombreuses religions. Il fut inclus dans le dogme chrétien, en 325 lors du concile de Nicée.) Wikipédia.

     

     

    L'Église de Rome prétend que ce n'était pas tellement la postérité de la femme que la femme elle-même qui devait écraser la tête du serpent. Bravant toute règle de grammaire, elle traduit ainsi la parole divine : a Elle t'écrasera la tête, et, tu lui blesseras le talon. Cette croyance était partagée par les anciens Babyloniens, et représentée symboliquement dans leurs temples. Dans l'étage supérieur de la tour de Babel ou temple de Bélus, il y avait, trois images des grandes divinités de Babylone ; l’une d'elles était une femme tenant la tête d'un serpent (Chez les Grecs, on retrouve le même symbole. Diane, qui avait à l’origine le même caractère que la grande déesse de Babylone, était représentée tenant à la main un serpent sans tête). Avec le temps, et à mesure que les traits de I’ histoire de Sémiramis devenaient plus obscurs, on déclara audacieusement que la naissance de son fils était miraculeuse ; aussi fut-elle appelée Alma Mater, la Vierge Mère […] Longtemps avant l'ère Chrétienne, on savait au loin que le grand Libérateur naîtrait d'une manière miraculeuse. Pendant des siècles, d'autres disent pendant des milliers d'années, les prêtres Bouddhistes avaient une tradition d'après laquelle une vierge enfanterait un fils qui bénirait le monde. Cette tradition n'avait aucune origine romaine ou chrétienne ; ce qui le prouve, c'est la surprise qu'éprouvèrent et que manifestèrent les missionnaires jésuites lorsque, pour la première fois' ils pénétrèrent dans le Tibet et dans la Chine. Ils y trouvèrent non seulement une mère et un enfant adorés comme dans leur propre patrie, mais encore cette mère adorée sous un caractère entièrement semblable à celui de leur propre madone, « Virgo Deipara » la Vierge mère de Dieu, et cela, dans des régions où il n'y avait pas la moindre trace qui révélât que le nom ou l'histoire de notre Seigneur Jésus              (Yeshoua) fût connue. L'antique promesse « la postérité de la femme écrasera la tête du serpent », suggéra naturellement l'idée d'une naissance miraculeuse. La prêtrise et la présomption naturelle à l'homme travaillèrent à anticiper l'accomplissement de cette promesse, et la reine de Babylone semble avoir la première reçu cet honneur. On lui prodiguait les titres les plus élevés. On l'appelait la reine des cieux (Jérémie 44 : 17-19, 25).

    En Égypte, elle était appelée Athor, c'est-à-dire la demeure de Dieu, ce qui signifie qu'en elle habitait toute la plénitude de la divinité. Pour désigner la grande mère déesse, dans un sens panthéiste, comme étant à la fois la toute puissante et infime, la Vierge mère, on avait gravé cette inscription sur l'un de ses temples en Égypte : "Je suis tout ce qui a été, qui est, et qui sera. Nul mortel n'a écarté mon voile. Celui que j'ai enfanté, c'est le soleil " — En Grèce, elle s'appelait Hestia, et chez les Romains Vesta, qui n'est qu'une modification du même nom, et ce nom bien que compris autrement d'ordinaire, signifiait en réalité : l'habitation […]

     

    - Hérodote, d'après des informations particulières, déclare qu'en Égypte cette reine des cieux était la plus grande des divinités et celle qu'on adorait le plus. — Partout où son culte fut introduit, il exerça une fascination vraiment inouïe. Il faut en vérité que les nations "aient été rendues folles" par le vin de son impudicité. Les Juifs, en particulier, furent tellement enivrés par son breuvage aux jours de Jérémie, tellement ensorcelés par son culte idolâtre, que même après la ruine de Jérusalem, lorsque le pays fut ravagé à cause même de cette idolâtrie, ils ne purent se résoudre à l'abandonner. Pendant leur exil en Égypte, au lieu d'être témoins de Dieu contre le paganisme qui les entourait, ils étaient aussi passionnés pour cette forme d'idolâtrie que les Égyptiens eux-mêmes. Jérémie fut envoyé de Dieu pour dénoncer sa colère s'ils continuaient à adorer la reine des cieux, mais ses avertissements furent inutiles: "Alors, dit le prophète, tous ceux qui savaient que leurs femmes faisaient des encensements à d'autres dieux, et toutes les femmes qui étaient là en grand nombre, et tout le peuple qui demeurait dans le pays d'Égypte, à Patros, répondirent à Jérémie et lui dirent : Nous ne t'obéirons en rien de ce que tu nous as dit au nom de l'Éternel, mais nous voulons agir comme l'a déclaré notre bouche, offrir de l'encens à la reine des cieux et lui faire des libations comme nous l'avons fait, nous et nos pères, nos rois et nos chefs, dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem. Alors nous avions du pain pour nous rassasier, nous étions heureux et nous n'éprouvions point de malheur." (Jérémie 44 : 15-17). — Ainsi les Juifs, le peuple particulier de Dieu, rivalisaient avec les Égyptiens dans leurs dévotions à la reine des cieux […]

     

    - Les noms blasphématoires donnés à Marie par la papauté n'ont pas une ombre de fondement dans la Bible ; ils sont tous fondés sur l'idolâtrie Babylonienne. Il y a plus : les traits mêmes et le teint des deux Madones Romaine et Babylonienne, sont identiques. Jusqu'à ces derniers temps, lorsque Raphaël (le peintre) quitta quelque peu le sentier battu, il n'y avait rien de juif ou même d'italien dans les madones Romaines. Si ces portraits ou ces images de la Vierge mère avaient été destinés à représenter la mère de Notre Seigneur, on les aurait certainement jetés dans l’un de ces deux moules. Mais il n'en a pas été ainsi. Dans la terre des beautés aux yeux noirs, aux cheveux d’un noir de corbeau, la madone a toujours été représenté avec des yeux bleus, et des cheveux blonds, et c’est là une couleur entièrement différente du teint juif, qu’on aurait supposé devoir être celui de la mère de notre Seigneur,  mais qui s'accorde précisément avec celui que toute l'antiquité attribue à la déesse reine de Babylone.

    Dans presque tous les pays la grande déesse a été représentée avec des cheveux blonds ou dorés ; il devait donc y avoir eu un grand prototype, auquel tous les types devaient correspondre. La blonde Gérés, "flava Gères", ne pourrait fournir aucun poids à cet argument si elle avait été seule, car on ne pourrait dans ce cas supposer que l'épithète "aux cheveux blonds" était empruntée au blé qui était censé être sous sa protection. Mais beaucoup d'autres déesses ont reçu la même qualification. Europe, qui fut ravie par Jupiter sous la forme d'un taureau, est appelée Europe aux cheveux blonds. — Minerve est appelée par Homère Minerve aux yeux bleus, et par Ovide, Minerve aux cheveux blonds. — La chasseresse Diane qui est souvent identifiée à la lune est invoquée par Anacréon sous le nom de fille de Jupiter aux blonds cheveux, titre que la pâle !figure de la lune argentée n'aurait certainement jamais suggéré.   Diane,   mère   de   Vénus,   avait,   nous   dit "Théocrite, des cheveux blonds — Vénus elle-même est souvent appelée Aurea Venus, la blonde Vénus. - La déesse Hindoue Lakshmi, mère de l'Univers, avait le teint blond, Ariadne, femme de Bacchus, était appelée Ariadne aux blonds cheveux […]

     

    - La ressemblance ne porte pas seulement sur le teint, elle porte aussi sur les traits. Les traits juifs sont frappants dans tous les pays, et ont un caractère spécial qui leur est propre. Mais les madones à l'origine n'ont rien du tout de la forme ou du trait juif ; tous ceux qui les ont comparées personnellement déclarent qu'à cet égard aussi bien que pour le teint elles ressemblent aux madones Babyloniennes que Sir Robert Ker Porter a découvertes parmi les ruines de Babylone. Ces portraits ont aussi un caractère remarquable, c'est le nimbe ou cercle de lumière qui entoure d'ordinaire la tête de la madone romaine. Les prétendus portraits du Christ sont souvent entourés de la même manière. Quelle est l'origine de cet emblème ? Pour ce qui concerne notre Seigneur, si sa tête avait été simplement entourée de rayons, on aurait pu dire avec quelque apparence de raison que c'était un emprunt aux récits évangéliques où il est écrit que sur la sainte montagne son visage était resplendissant de lumière. Mais où voit-on, dans toute l’Écriture, que sa tête fut entourée d'un disque ou d'un cercle de lumière ? Ce qu'on chercherait en vain dans la arole de Dieu, on le trouve dans les représentations Astiques des grandes divinités de Babylone. Le disque et surtout le cercle étaient les symboles bien connus de la divinité du soleil et figuraient largement dans le symbolisme oriental. La divinité du soleil était entourée d'un cercle ou d'un disque. Il en était de même dans la Rome païenne. Apollon, l'enfant du soleil, était souvent représenté de cette manière. Les déesses qui se disaient parentes du soleil étaient aussi autorisées à se faire orner d'un nimbe ou cercle lumineux […] Or, pourrait-on croire que toute cette coïncidence soit accidentelle ? Si la madone n’avait jamais ressemblé aussi exactement à la Vierge Marie, il est évident que cela n'aurait jamais excusé l'idolâtrie. Mais puisqu'il est incontestable que la déesse enchâssée dans l'Église papale pour l'adoration suprême de ses sectateurs, n'est pas autre chose que cette même reine de Babylone qui éleva Nemrod ou Ninus le fils, comme rival de Christ, et qui fut dans sa personne l'incarnation de toute espèce de licence, quel ténébreux caractère ce fait n'imprime-t-il pas sur l'idolâtrie romaine ? À quoi bon nous dire, pour atténuer le caractère odieux de cette idolâtrie, que l'enfant qu'on présente à notre adoration porte le nom de Jésus (Yeshoua) ?

     

    - Lorsqu'on adorait autrefois à Babylone cette femme et son enfant, on appelait celui-ci d'un nom tout aussi particulier à Christ, d'un caractère tout aussi distinctif que le nom de Jésus ! On l'appelait Zoro-ashta, la semence de la femme. Mais cela n'empêche pas que la terrible colère de Dieu ne s'élevât contre ceux qui jadis adoraient "cette idole de jalousie, provoquant à la jalousie." C'est en vain qu'on donne le nom du Christ à l'enfant la Madone Romaine tient dans ses bras, on n'en fait as moins une image de jalousie, on ne la rend pas injurieuse pour le Très-Haut, on n'en excite pas moins son profond mécontentement, quand on adore évidemment cet enfant comme celui de la reine des cieux à laquelle on décernait tous les attributs de la Divinité et qu'on adorait comme la "mère des prostitutions et des abominations de la terre".

    Le Seigneur a en horreur le culte des images, mais un culte pareil doit lui être particulièrement en horreur. Or si les faits que nous avons admis sont vrais, faut-il s'étonner que des menaces si terribles soient dirigées par la parole de Dieu contre l'apostasie Romaine, et que les vases de la redoutable colère divine soient destinés à se répandre sur sa tête coupable ! Si tout cela est vrai, (et qui peut le contredire), osera-t-on maintenant plaider la cause de la Rome papale, osera-t-on l'appeler une Église chrétienne ? Un homme craignant Dieu pourra-t-il, à la vue de ces lignes, s'empêcher d'admettre que seul le paganisme a jamais pu inspirer une doctrine semblable à celle que proclamèrent les Melchites au Concile de Nicée : "la Sainte Trinité se compose du Père, de la Vierge Marie, et du Messie leur Fils " ! Comment ne pas reculer d'horreur devant une pareille pensée ? Et que dira dès lors le lecteur d'une église qui enseigne à ses enfants à adorer une Trinité semblable à celle qui est contenue dans ces lignes :

     

    Cœur de Jésus, je t'adore ;

    Cœur de Marie, je t'implore ;

    Cœur de Joseph, pur et juste :

    En ces trois cœurs, je place ma confiance.

     

    Si ce n'est pas là du paganisme, que peut-on appeler de ce nom ? Et c'est là la Trinité que les catholiques romains d'Irlande apprennent à adorer dès leur enfance ! C'est là la Trinité que dans les livres les plus récents d'instruction catéchétique, on présente comme grand objet de dévotion aux partisans de la papauté ! Le manuel qui contient le blasphème est publié avec l'imprimatur de Paulus Cullen, archevêque papal de Dublin. Dira-t-on, après cela, qu'il faut encore appeler l'Église catholique romaine une Église chrétienne, parce qu'elle retient la doctrine de La Trinité ? Les païens de Babylone, les Égyptiens, les Hindous, de nos jours encore, ont admis une Trinité dans le même sens que Rome ; mais adoraient-ils l’Eternel le Dieu en trois personnes, le roi éternel, immortel et invisible ? Et dira-t-on avec une égale évidence devant les yeux, que Rome fait ainsi ? Arrière donc cette fatale illusion que Rome est chrétienne ! On a pu jadis avec quelque raison soutenir une pareille hypothèse ; mais chaque jour le mystère d'iniquité se révèle de mieux en mieux sous son vrai caractère. Il n'y a pas, il ne peut y avoir la moindre sûreté pour les âmes dans "Babylone". "Séparez-vous d'elle, mon peuple", tel est l'ordre distinct et formel de Dieu. Ceux qui y résistent, le font à leurs risques et périls !

     

    Noël et la fête de l'Annonciation.

     

    - Si Rome est en effet la Babylone de l'Apocalypse; si la Madone adorée dans ses sanctuaires n'est autre que la reine du ciel dont les adorateurs provoquaient la terrible colère de Dieu aux jours de Jérémie, il est de la dernière importance de bien établir le fait de manière à ce qu'il n'y ait plus aucun doute possible; car si on peut le démontrer, tout homme qui tremble à la Parole de Dieu doit frissonner à la pensée de donner à un pareil système, soit comme individu, soit comme nation, la moindre protection ou le moindre soutien. Nous en avons déjà dit suffisamment pour montrer l'identité des systèmes Romain et Babylonien ; mais à chaque pas l'évidence devient plus écrasante. C'est ce que prouvera particulièrement la comparaison des différentes fêtes. Les fêtes romaines sont innombrables ; mais il en est cinq parmi les plus importantes que nous pouvons mettre à part, ce sont : Noël, l'Annonciation, Pâques, la Nativité de Saint-Jean, et l'Assomption. Chacune de ces fêtes, en peut le prouver, est une fête Babylonienne. Prenons d'abord la fête en l'honneur de la naissance du Messie ou Noël. Comment se fait-il que cette fête ait été établie le 25 décembre ? Il n'y a pas dans l'Écriture, un seul mot sur le jour précis de sa naissance, ou sur l'époque de l'année où il naquit. Ce qui y est rapporté montre que quelle que soit l'époque de sa naissance, ce ne peut avoir été le 25 décembre. Lorsque l'ange annonça la naissance aux bergers de Bethléem, ils paissaient leurs troupeaux pendant la nuit au milieu des champs. Sans doute, le climat de la Palestine n'est pas si rigoureux que le nôtre, mais bien que la chaleur du jour soit considérable, le froid de la nuit, de décembre à février, est très vif, et les bergers n'avaient pas l'habitude de garder les troupeaux dans les champs après la fin d'octobre. Il est donc absolument incroyable que Yeshoua soit né à la fin de décembre. Les commentateurs sont unanimes sur cette question. Sans parler de Barnes, Doddridge, Lightfoot, Joseph Scaliger, et Jennings, dans ses "Antiquités Juives", qui sont tous d'avis que le 25 décembre ne peut pas être l'époque de la naissance du Seigneur, le célèbre Joseph Mède énonce une opinion décisive dans le même sens. Après avoir longuement et minutieusement examiné le sujet, il donne entre autres l'argument suivant : lors de la naissance de Christ, chaque femme, chaque enfant dut aller se faire enregistrer à la ville à laquelle ils appartenaient, et plusieurs avaient à faire de longues marches ; mais le milieu de l'hiver n'était pas propre à une pareille besogne, surtout pour les femmes et les enfants. Christ ne peut donc pas être né au milieu de l'hiver. De plus, à l'époque de sa naissance, les bergers veillaient avec leurs troupeaux pendant la nuit, et cela ne pouvait se faire au milieu de l'hiver. Et si quelqu'un pense que l'hiver n'est pas rigoureux dans ce pays, qu'il se rappelle les Paroles de Christ dans l’Évangile : "Priez que votre fuite n'arrive pas en hiver." Or, si l'hiver était une mauvaise saison pour fuir, ce n'était assurément pas une saison où les bergers pouvaient demeurer dans les champs, où les femmes et les enfants pouvaient voyager. Les écrivains les plus instruits et les plus sincères de tous les partis  reconnaissent que l'on ne peut pas déterminer le jour de naissance de notre Seigneur, que dans l'église chrétienne on n'entendit jamais parler d'une fête pareille avant le IIIe siècle, et qu'elle ne fut guère observée que bien avant dans le IVe siècle. Comment donc l'Église Romaine a-t-elle fixé au 25 décembre la fête de Noël ? En voici la raison : longtemps avant le IVe siècle, et même bien avant l'ère chrétienne, les païens célébraient une fête à cette même époque de l’année, en l'honneur de la naissance du fils de la reine Babylonienne ; or on peut présumer que pour se concilier les païens, et augmenter le nombre de ceux qui adhéraient de nom au christianisme, la même fête fut adoptée par l'Église Romaine qui se contenta de lui donner le nom de Christ. Cette tendance de la part des chrétiens à faire des concessions au paganisme se développa de bonne heure ; et nous voyons Tertullien lui-même, vers l'an 230, déplorer amèrement la faiblesse des chrétiens à cet égard, et l'opposer à la stricte fidélité des païens à leur propre superstition. "C'est nous, dit-il, nous qui sommes étrangers aux sabbats (shabbat Juif), aux nouvelles lunes, et aux fêtes, nous qui étions autrefois agréables à Dieu, c'est nous qui fréquentons maintenant les Saturnales, les fêtes du solstice d'hiver, les Matronales; on porte ça et là des présents, les cadeaux du nouvel an se font avec fracas, les jeux, les banquets se célèbrent avec des cris ; oh ! Comme les païens sont plus fidèles à leur 140 religion ; comme ils prennent soin de n'adopter aucune solennité chrétienne !" Des hommes vertueux s'efforcèrent d'arrêter le flot, mais en dépit de tous leurs efforts, l'apostasie se développa, jusqu'à ce que l'Église, à l'exception d'un petit reste (croyants Messianiques), fût engloutie sous la superstition païenne.

    Il est hors de doute que Noël était à l'origine une fête païenne. Ce qui le prouve, c'est l'époque de l'année où on la célèbre et les cérémonies qui l'accompagnent. En Égypte, le fils d'Isis, titre égyptien de la reine des cieux, naquit à cette même époque, au moment du solstice d'hiver. Le nom même sous lequel Noël est populairement connu en Angleterre, le jour d'Yule, prouve tout de suite son origine païenne. Yule est le nom chaldéen pour "enfant, ou petit enfant " ; et comme le 25 décembre était appelé par les anciens païens saxons le jour "d'Yule" ou "le jour de l'Enfant" et la nuit qui le précédait "la nuit de la Mère ", et cela longtemps avant qu'ils ne fussent en contact avec le christianisme, cela prouve suffisamment son véritable caractère. Ce jour de naissance était observé bien loin dans les contrées païennes. On a généralement cru que cette fête avait seulement un caractère astronomique, et qu'elle rappelait simplement la fin de la course annuelle du soleil et le commencement d'un nouveau cycle. Mais il est hors de doute que la fête en question avait, une bien plus haute portée ; elle rappelait non seulement le symbole de la naissance du soleil au renouvellement de sa carrière, mais le jour de naissance du grand libérateur […]

     

    - Là même où le soleil était l'objet favori du culte, comme à Babylone et ailleurs, il était adoré à cette fête, non seulement comme le globe du jour, mais comme le dieu incarné. C'était un principe essentiel du système Babylonien, que le soleil ou Baal était le seul Dieu. Lors donc qu'on adorait Tammuz comme étant le Dieu incarné, cela voulait dire aussi qu'il était une incarnation du soleil. Dans la mythologie Hindoue, qui, on le sait, est essentiellement Babylonienne, ce fait ressort distinctement. Surya, ou le soleil, y est représenté comme étant incarné, et venant dans le monde pour soumettre les ennemis des dieux qui, sans cette naissance, n'auraient jamais été soumis.

    Ce n'était donc pas une fête astronomique que les païens célébraient au solstice d'hiver. Cette fête s'appelait à Rome la fête de Saturne et la manière dont on la célébrait montre bien son origine […]

     

    Pâques 

     

    - Venons-en maintenant à la fête de Pâques. Que veut dire le mot d’Easter lui-même ? Ce n'est pas un nom chrétien : il porte en lui-même son origine Chaldéenne. Pâques (en anglais Easter) n'est pas autre chose que Astarté, l'un des titres de Beltis, la reine des cieux, dont le nom, tel que le prononçaient autrefois les Ninivites, est évidemment identique à celui qui est usité aujour­d'hui en Angleterre. Ce nom, tel que Layard l'a retrouvé sur les monuments Assyriens, est "Ishtar ". Le culte de Bel et d'Astarté fut introduit de très bonne heure en Grande-Bretagne avec les Druides, "prêtres des Bocages". Quelques personnes se sont imaginé que le culte des Druides fut introduit pour la première fois par les Phéniciens, qui, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, exploitaient les mines d'étain des Cornouailles. Mais on a trouvé des traces incontestables de ce culte dans certaines parties des îles de la Grande-Bretagne où les Phéniciens n'ont jamais pénétré, et il a partout laissé des traces ineffaçables de la profonde impression qu'il doit avoir exercée sur les esprits des premiers Bretons. Le premier Mai est encore appelé "Beltane" dans l'almanach anglais ; et il y a encore aujourd'hui des coutumes anglaises qui ont persisté et qui prouvent combien le culte de Bel ou de Moloch (car les deux noms appartenaient au même dieu) avait été observé même dans le nord de l'Angleterre. "La feue Lady Baird de Fern Tower, dans le comté de Perth, dit un écrivain très versé dans les antiquités anglaises, m'a raconté que, chaque année, a Beltane, (ou le premier Mai) un certain nombre d'hommes et de femmes se réunissent près d'un ancien cercle de pierres druidiques dans sa propriété près de Crieff. Ils allument un feu au milieu, chacun met un morceau de gâteau d'avoine dans un chapeau de berger : puis tous s'asseyent, et, les yeux bandés, prennent un morceau. Un de ces morceaux a été noirci à l'avance et celui qui le prend doit sauter à travers le feu au milieu du cercle et payer une redevance. C'est au fond un reste de l'ancien culte de Baal : la personne sur laquelle le sort tombait était brûlée en sacrifice. C'est ce que représente ce passage à travers le feu, et le paiement de l'amende rachète la victime." Si on adorait ainsi Baal en Bretagne, on croira sans peine que sa compagne Astarté était aussi adorée par les anciens Anglais, et que c'est du nom d'Astarté, qui à Ninive s'appelait Ishtar, que les solennités religieuses d'avril, comme on les célèbre actuellement, sont appelées en Angleterre du nom d'Easter, ce mois étant appelé par les anciens païens anglais, Easter-monath. La fête dont nous parle l'histoire de l'Église sous le nom d'Easter (Pâques) aux IIIe et IVe siècles, était une fête toute différente de celle qu'on observe aujour­d'hui dans l'Église Romaine, et à cette époque, elle n'était connue par aucun nom se rapprochant d'Easter. On l'appelait Pascha, ou Pâques, et bien qu'elle ne fût pas une institution apostolique, elle était observée de fort bonne heure par bien des chrétiens déclarés en souvenir de la mort et de la résurrection du Christ. Cette fête s'accordait à l'origine avec l'époque de la Pâque juive où le Christ fut sacrifié ; vers la fin du IIe siècle, du temps de Tertullien, on croyait que c'était le 23 mars.

    - Cette fête n'était nullement une fête idolâtre, et n'était précédée d'aucun carême. "Il faut savoir, dit le moine Cassien de Marseille, écrivant au Ve siècle et comparant l'Église primitive avec celle de son époque, que l'observation des 40 jours n'existait pas, aussi longtemps que la pureté de cette église demeura intacte." D'où venait donc cette observation ? Les 40 jours de jeune du carême étaient directement empruntés aux adorateurs de la déesse Babylonienne. Le jeûne de 40 jours au printemps de l'année est encore observé par les Yezidis ou adorateurs païens du diable dans le Kourdistan, qui l'ont emprunté à leurs anciens maîtres les Babyloniens. Les païens du Mexique célébraient la même coutume. Humboldt, en effet, nous donne les détails suivants sur les usages des Mexicains : "Trois jours après l'équinoxe du printemps commençait un jeûne solennel de 40 jours en l'honneur du soleil." II en était de même en Égypte comme on peut le voir en consultant Wilkinson. Ce jeûne égyptien de 40 jours, nous dit Landseer dans ses recherches Sabéennes, était expressément pratiqué en souvenir d'Adonis ou Osiris, le grand dieu médiateur […] Chez les païens, ce jeûne paraît avoir été le préliminaire indispensable de la grande fête annuelle célébrée en souvenir de la mort et de la résurrection de Tammuz, par des larmes, puis par des réjouissances. Dans bien des pays cette mort était célébrée beaucoup plus tard que la fête chrétienne ; en Palestine et en Assyrie, c'était au mois de juin, aussi disait-on de ce mois : c'est le mois de Tammuz ; en Égypte, vers le milieu de mai, et en Angleterre, dans le mois d'avril. Afin de gagner les païens à un christianisme nominal, Rome poursuivant sa tactique habituelle, s'arrangea pour fondre ensemble les fêtes païennes et les fêtes chrétiennes, et par un ajustement compliqué mais habile de son calendrier, elle n'eut pas de peine en général à faire que le christianisme et le paganisme ne se donnassent la main sur cette question comme sur beaucoup d'autres. Celui qui servit à faire cet amalgame fut Denys-le-Petit auquel nous devons aussi, comme l'ont démontré des chronologistes modernes, d'avoir reculé de quatre années au-delà de sa véritable date, la date de l'ère chrétienne, ou de la naissance du Christ lui-même. Le fit-il par ignorance ou volontairement ? On peut le discuter, mais il est hors de doute que la naissance du Seigneur Yeshoua fut placée quelques années plus tard qu'elle n'a eu réellement lieu. Ce changement dans le calendrier à propos de Pâques eut les plus désastreuses conséquences. 

     

    II fit entrer dans l'Église la plus grossière corruption et la superstition la plus vile au sujet de l'abstinence du carême. Lisez seulement les atrocités commémorées pendant le jeûne sacré, ou le carême païen tel qu'il est décrit par Arnobe ou Clément d'Alexandrie, et certainement vous rougirez pour le christianisme de ceux qui dans la pleine connaissance de ces abominations, "sont allés demander du secours à l'Égypte" pour secouer la dévotion languissante de l'Église dégénérée, et n'ont pas trouvé de meilleur moyen pour la réveiller, que d'emprunter à une source si dépravée les absurdités et les abominations que les premiers écrivains chrétiens avaient livrées au mépris. C'était un mauvais signe que des chrétiens pussent jamais songer à introduire l'abstinence païenne du carême, cela prouvait la profondeur de leur dégradation, et c'était aussi la cause d'un grand mal ; cela menait inévitablement à une dégradation encore plus profonde. À l'origine, même à Rome, on ne connaissait pas le carême avec les orgies du carnaval qui le précédaient ; et même lorsqu'on crut qu'il était nécessaire de jeûner avant la Pâque chrétienne, ce fut insensiblement qu'on se conforma au rite païen. On ne voit pas trop combien de temps durait le jeûne dans l'Église Romaine avant le concile de Nicée ; mais ce qu'on sait d'une manière certaine, c'est que bien longtemps après ce concile, il ne durait pas plus de trois semaines […] 

    Voilà l'histoire d'Easter. Les coutumes populaires qui caractérisent encore l'époque où on la célèbre confirment amplement le témoignage de l'histoire sur son caractère Babylonien. Les galettes chaudes marquées d'une croix le Vendredi Saint, et les œufs coloriés de Pâques, figuraient dans les rites chaldéens, exactement comme aujourd'hui. Les galettes connues aussi par leur même nom de buns étaient en usage dans le culte de la reine des cieux, la déesse Easter, aux jours même de Cécrops, fondateur d'Athènes, c'est-à-dire vers 1500 avant l'ère chrétienne […]

    Le prophète Jérémie fait remarquer ce genre d'offrandes quand il dit : "Les enfants apportaient du bois, les pères allumaient le feu, et les femmes pétrissaient la pâte pour offrir des gâteaux à la reine des cieux " (Jérémie 7 :18) Aujourd'hui à la fête d'Astarté, on n'offre pas des gâteaux chauds en forme de croix, on les mange, mais cela ne laisse aucun doute sur leur origine. L'origine des œufs de Pâques est tout à fait aussi claire. Les anciens Druides portaient un œuf comme emblème sacré de leur ordre […]

     

    "Il faut par tous les moyens aller au-devant des païens et les faire entrer dans l'Église Romaine." (Pape Grégoire I)

     

    - Or, l'Église Romaine adopta cet œuf mystique d'Astarté et le consacra comme un symbole de la résurrection du Christ. Une formule de prière fut même désignée pour être faite à ce sujet par le pape Paul V, qui faisait ainsi prier à Pâques ses superstitieux partisans : "Bénis, ô Dieu, nous t'en supplions, cette création qui est la tienne ces œufs qui sont l'œuvre de tes mains afin qu'ils deviennent une nourriture fortifiante pour tes serviteurs, qui les mangent en souvenir de notre Seigneur Jésus-Christ." Outre l'œuf mystique, il y avait aussi un autre emblème d'Easter, la déesse reine de Babylone ; c'était la Rimmon ou la grenade. Elle est fréquemment représentée sur les anciennes médailles avec une grenade à la main, et la maison de Rimmon, dans laquelle le roi de Damas, le maître de Naaman le Syrien, célébrait son culte, était aussi, selon toute apparence, le temple d'Astarté, où cette déesse était publiquement adorée avec une grenade. La grenade est un fruit rempli de graines ; aussi a-t-on supposé qu'on l'employait comme l'emblème de ce vaisseau dans lequel étaient conservés les germes de la création nouvelle, par lesquels le monde devait recevoir une nouvelle semence de l'homme et de l'animal, lorsque le déluge aurait achevé son œuvre de dévastation. Mais en allant plus au fond, on trouve que Rimmon ou la grenade se rapporte à quelque chose d'entièrement différent. Astarté ou Cybèle était aussi appelée Idaia Mater, et la montagne sacrée de Phrygie, fameuse par la célébration des mystères de cette déesse, était appelée mont Ida, c'est-à-dire en Chaldéen, langue sacrée de ces mystères, le mont de la science. Idaia Mater, signifie donc la mère de la Science, en d'autres termes, notre mère Ève, qui la première convoita la connaissance du bien et du mal, et l'acheta si chèrement pour elle-même et pour ses enfants. Astarté, comme il est bien facile de le prouver, était adorée non seulement comme incarnation de l'Esprit de Dieu, mais aussi comme la mère de l'humanité. Aussi quand la mère des dieux et de la science était représentée avec la grenade à la main invitant ceux qui gravissaient la montagne sacrée à l'initiation de ses mystères, peut-on douter de la signification de ce fruit ? Elle se rapporte évidemment à son caractère présumé ; il doit être le fruit de l'arbre de la connaissance, "le fruit de cet arbre dont le goût mortel amena dans le monde la mort et tous nos malheurs" […]

    La fête de l'Assomption. 

     

    - Si ce que nous avons déjà dit montre la politique charnelle suivie par Rome aux dépens de la vérité, les circonstances qui entourent la fête de l'Assomption montrent encore mieux l'audacieuse perversité et l'impiété de cette Église ; il faut noter que la doctrine à propos de cette fête, autant qu'il s'agit de la papauté, n'a pas été établie dans les âges de ténèbres, mais trois siècles après la Réforme, au milieu de toute la lumière si vantée du XIXe siècle. Voici sur quelle doctrine est fondée la fête de l'Assomption : la Vierge Marie, dit-on, n'a point connu la corruption en chair et en os, elle fut élevée au ciel, et maintenant elle est investie de toute puissance dans le ciel et sur la terre. Cette doctrine a été audacieusement exposée à la face du public anglais, dans une récente lettre pastorale de l'archevêque catholique romain de Dublin. Elle a maintenant reçu le sceau de l'infaillibilité papale, ayant été comprise dans le dernier décret blasphématoire qui proclame l'immaculée conception. Or, il est impossible de faire reposer une pareille doctrine sur un seul passage de l'Écriture. Mais, dans le système Babylonien la fable était déjà toute préparée. On y enseigne que Bacchus descendit dans l'enfer, arracha sa mère aux puissances infernales et l'emporta avec lui en triomphe dans les airs. Cette fable s'est répandue partout où s'est répandu le système Babylonien ; ainsi de nos jours comme aussi depuis un temps immémorial, les Chinois célèbrent une fête en l'honneur d'une mère qui fut arrachée par son fils au pouvoir de la mort et du tombeau. La fête de l'Assomption est célébrée dans l'Église Romaine le 15 août. La fête des Chinois fondée sur une légende semblable, observée avec des lanternes et des candélabres, comme le montre Sir J. F. Davis dans sa remarquable description de la Chine, se célèbre aussi au mois d'août. Or, lorsque la mère du Messie païen fut célébrée à cause de cette "Assomption", sous le nom de "colombe", elle fut adorée comme l'incarnation de l'Esprit de Dieu avec lequel elle fut identifiée. Comme elle, elle fut regardée comme la source de toute sainteté et la grande purificatrice, et naturellement fut reconnue elle-même comme la Vierge mère, pure et sans tache. Sous le nom de Proserpine (avec laquelle elle fut identifiée quoique la déesse Babylonienne se distinguât d'elle à l'origine), tout en étant chantée comme la mère du premier Bacchus et comme étant la femme honorée de Pluton, elle est aussi invoquée, dans les hymnes orphiques, comme : Associée aux saisons, essence lumineuse, Vierge toute-puissante revêtue d'une lumière céleste […]

     

     

    "Tu ne te feras point d'image taillée ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut au ciel, ni ici-bas sur la terre ni dans les eaux plus basses que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles et ne les serviras point : Car je suis l'Éternel ton Dieu, un Dieu fort et jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu’a la 3e et à la 4e génération de ceux qui me haïssent."

     

    - Peut-on douter dès lors que la Madone de Rome avec l'enfant dans ses bras et la Madone de Babylone ne soient qu'une seule et même déesse ! On sait fort bien que la madone romaine est adorée comme une déesse ; elle est même le grand objet du culte. Les chrétiens (d'Angleterre) ne se révolteront-ils pas à l'idée de tolérer plus longtemps ce monstrueux paganisme babylonien ? Quel état chrétien pourrait supporter que ses représentants votassent l'argent de la nation protestante pour encourager une idolâtrie si blasphématoire ? Si l'esprit humain n'était pas aveuglé dans ses jugements, les hommes trembleraient à la seule pensée de commettre la faute que ce pays a commise ces dernières années en soutenant la corruption et la perversité de Rome ! 

    La Parole de Dieu n'a-t-elle pas condamné dans les termes les plus énergiques et les plus terribles la Babylone du Nouveau Testament ? Et n'a-t-elle pas aussi déclaré que ceux qui participent aux péchés de Babylone participent aussi à ses châtiments ? (Rév. 18 :4). Le grand nombre regarde en général le péché d'idolâtrie comme une faute comparativement légère et sans aucune portée. Mais ce n'est pas ainsi que le Dieu des cieux le considère. Quel est de tous les commandements celui qui est accompagné des menaces les plus solennelles et les plus terribles ? C'est le second :

    "Tu ne te feras point d'image taillée ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut au ciel, ni ici-bas sur la terre ni dans les eaux plus basses que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles et ne les serviras point : car je suis l'Éternel ton Dieu, un Dieu fort et jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu’a la 3e et à la 4e génération de ceux qui me haïssent."

     

    - Ces paroles viennent de la bouche même de Dieu ; elles ont été écrites par la main même de Dieu sur la pierre, non pas seulement pour l'instruction de la race d'Abraham, mais de toutes les tribus et de toutes les générations de la terre, et aucun commandement n'est suivie d'une pareille menace ! Or, si Dieu a menacé de punir le péché d'idolâtrie par-dessus les autres péchés, et si nous voyons ces terribles châtiments de Dieu s'appesantir sur notre nation, tandis que le péché crie au ciel contre nous, ne devons-nous pas rechercher avec le plus grand soin si parmi tous nos autres péchés nationaux qui sont à la fois graves et nombreux, celui-là ne constitue pas la première et capitale offense ? Et pourquoi donc ne nous prosternerions-nous pas devant les rochers et les pierres ? Oui, si nous, qui professons une doctrine opposée, nous encourageons, si nous nourrissons, si nous maintenons une idolâtrie que Dieu a si affreusement menacée de sa colère, notre faute, au lieu d'en être amoindrie, en est d'autant plus grande, car c'est un péché contre la lumière ! […]

     

    Doctrine et discipline.

     

    - Lorsque Linacer, médecin distingué et catholique bigot du règne d'Henri VIII, tomba pour la première fois sur le Nouveau Testament, après l'avoir lu il le rejeta avec impatience et poussant un gros juron, s'écria : "Ou ce livre n'est pas vrai, ou nous ne sommes pas chrétiens." Il vit tout de suite que le système de Rome et le système du Nouveau Testament sont directement opposés : celui qui les compare avec impartialité ne peut arriver à une autre conclusion. En passant de la Bible au bréviaire, on semble passer de la lumière aux ténèbres. Tandis que l'un proclame : "Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts, paix sur la terre et bienveillance envers les hommes", l'autre enseigne ce qui est déshonorant pour le Très-haut et pernicieux pour le bien-être moral et spirituel de l'humanité. Comment des doctrines et des pratiques si funestes ont-elles été embrassées, adoptées par la papauté ? La Bible est-elle si obscure ou équivoque que les hommes aient pu supposer qu'elle leur demandait de croire et de pratiquer le contraire de ce qu'elle disait ? Non, la doctrine et la discipline de la papauté n'ont jamais été empruntées à la Bible. Ce qui le prouve c'est que partout où elle le peut, elle anathématise la lecture de la Bible, condamne aux flammes ce don de l'amour céleste ou le ferme sous clef. Mais on peut l'établir encore Plus catégoriquement en examinant les principales colonnes de l'édifice papal empruntées à Babylone. Que le lecteur en examine maintenant les preuves.

     

    Régénération par le baptême.

     

    - On sait que la régénération par le baptême est un article fondamental de Rome et qu'il se trouve à l'entrée même du système Romain. Suivant Rome elle-même, le baptême est si important dans ce but, que d'un côté on déclare qu'il est absolument nécessaire pour être sauvé, tellement qu'un enfant mort sans baptême ne peut pas être reçu dans la gloire ; et de l'autre, ses vertus sont si grandes qu'on le déclare dans tous les cas infaillible pour nous régénérer par une nouvelle naissance spirituelle en nous faisant enfants de Dieu. On l'appelle la première porte par laquelle nous entrons dans le bercail de Jésus-Christ, le premier moyen par lequel nous recevons la grâce de la réconciliation avec Dieu. Aussi les mérites de Jésus sont-ils appliqués par là à nos âmes d'une manière si surabondante, qu'ils satisfont pleinement la justice divine pour tout ce qu'elle exige de nous, soit à cause du péché originel, soit à cause du péché actuel. Or, des deux côtés cette doctrine est anti-scripturaire ; des deux côtés elle est purement païenne. Elle est anti-scripturaire, car le Seigneur Yeshoua a expressément déclaré que ces enfants, sans le baptême, ou sans aucune autre loi, peuvent être admis dans la gloire céleste. "Laissez les petits enfants venir à moi et ne les empêchez point : car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent." Jean-Baptiste, étant encore dans le sein de sa mère, fut si rempli de joie à la nouvelle de la naissance du Sauveur, que la salutation de Marie ayant 

    frappé les oreilles de sa mère, l'enfant tressaillit dans le sein maternel. Si cet enfant était mort en venant au monde, qu'est-ce qui aurait pu l'exclure de l'héritage des saints dans la lumière pour lequel il avait été si évidemment préparé ? Cependant l'évêque catholique romain Hay, se défiant de tout principe de la Parole de Dieu, n'hésite pas à poser la question suivante : "Que devient l'enfant mort sans baptême ?"

    Réponse : "Si un jeune enfant était mis à mort pour l'amour du Christ, ce serait le baptême de sang, et il irait au ciel ; mais excepté ce cas, comme ces enfants ne peuvent pas désirer le baptême avec les autres dispositions nécessaires, s'ils ne sont pas baptisés d'eau ils ne peuvent pas aller au ciel." Cette doctrine n'a jamais pu venir de la Bible, d'où vient-elle donc ? Elle est venue du paganisme. Le lecteur au courant des classiques se rappellera certainement dans quel état Énée, alors qu'il visitait les régions de l'enfer, trouva les âmes des malheureux enfants morts sans avoir été administrés selon les rites de l'Église : "II entend les voix plaintives des enfants dont les âmes pleurent à l'entrée des enfers : infortunés qui, entrés dans la vie, n'en ont point connu les douceurs, et qu'une mort prématurée a ravis au sein maternel."

    Ces malheureux enfants, afin de glorifier la vertu et l'efficace des rites mystérieux du paganisme, sont exclus des   Champs-Élysées, le paradis des païens, et n'ont chez leurs compagnons les plus rapprochés de meilleure compagnie que celle des suicidés : "Près d'eux, tristes et abattus, sont les mortels qui sans avoir commis de crimes se sont donné la mort de leur propre main, et qui, désertant le jour, ont rejeté leurs âmes loin de leurs corps."

     

    - Voilà pour le manque de baptême. Quant à son efficacité positive, lorsqu'on l'a obtenu, la doctrine papale est aussi anti-scripturaire. Il y a des protestants déclarés qui croient à la doctrine de la régénération baptismale ; mais la Parole de Dieu n'en dit rien. Voici la déclaration de l'Écriture sur le baptême : il ne donne pas une naissance nouvelle, mais c'est un moyen désigné pour signifier et sceller cette nouvelle naissance là où elle existe déjà. À cet égard le baptême repose sur le même fondement que la circoncision. Or qu'est-ce que la Parole de Dieu nous dit de l'efficace de la circoncision ? Elle dit, parlant d'Abraham : "II reçut le signe de la circoncision comme sceau de la justification par la foi bien qu'il fût encore incirconcis" (Rom. 4 :11). La circoncision ne devait donc pas faire d'Abraham un juste : il était juste déjà avant d'avoir été circoncis. Mais elle devait le déclarer juste afin de lui mieux démontrer sa justice. Si Abraham n'avait pas été juste avant sa circoncision, sa circoncision n'aurait pas été un sceau et n'aurait pu confirmer ce qui n'existait pas. Il en est de même du baptême, c'est un sceau de la justification par la foi que l'homme possède avant d'être baptisé. Car il est dit : "Celui qui croit et qui est baptisé sera sauvé" (Marc 16 :16). Là où la foi existe, si elle est sincère, c'est la preuve d'un cœur nouveau, d'une nature régénérée, et c'est seulement sur la profession de cette foi et de la régénération, s'il s'agit d'un adulte, qu'il est admis au baptême. Même s'il s'agit d'enfants incapables de faire profession de foi ou de sainteté, l'administration du baptême n'a pas pour but de les régénérer, ou de les sanctifier, mais de les déclarer saints, c'est-à-dire propres à être consacrés, même dans l'enfance, au service du Christ, comme toute la nation d'Israël, à cause de sa parenté avec Abraham, suivant la chair, était sanctifiée pour le Seigneur. S'ils n'étaient pas saints dans ce sens figuré, ils n'étaient pas propres pour le baptême qui est le sceau d'un état de sainteté. Mais la Bible les déclare saints, à cause de leur descendance de parents croyants et cela même lorsqu'un seul des parents est fidèle : "Le mari infidèle est sanctifié par sa femme et la femme infidèle est sanctifiée par son mari, autrement vos enfants seraient impurs, tandis qu'ils sont saints" (I Cor. 7 : 14). Ils sont donc baptisés à cause de leur sainteté et pour la proclamer solennellement, avec toutes les responsabilités qui en découlent […]

     

    - La doctrine de Rome, cependant, est que tous ceux qui sont canoniquement baptisés, quoique ignorants, quoique immoraux, pourvu qu'ils croient implicitement à l'Église, et livrent leur conscience aux prêtres, sont aussi régénérés que jamais ils pourront l'être, et que les enfants sortant de l'eau du baptême sont entièrement purifiés du péché originel. Aussi voyons-nous que les missionnaires jésuites de l'Inde se vantent de faire des convertis par milliers, en les baptisant simplement, sans leur donner la moindre instruction préalable, alors qu'ils sont encore dans l'ignorance la plus complète des vérités du christianisme et sur leur simple promesse d'être soumis à Rome. Cette doctrine de la régénération baptismale est aussi essentiellement Babylonienne. On s'étonnera, peut-être, à l'idée que la régénération ait été connue dans le monde païen ; mais qu'on aille seulement dans l'Inde on trouvera aujourd'hui les bigots Hindous, qui n'ont jamais prêté l'oreille à une instruction chrétienne, aussi familiarisés que nous-mêmes à cette expression et à cette idée. Les Brahmanes se vantent d'être des hommes nés deux fois et dans cette condition, ils se disent assurés d'un bonheur éternel. Or, il en était de même à Babylone et la nouvelle naissance y était conférée par le baptême. Dans les mystères Chaldéens, avant de donner aucune instruction, on demandait avant tout à ceux qu'on allait initier, de recevoir le baptême en signe d'une obéissance aveugle et complète […]

    Si l'on demande : comment les Babyloniens eux-mêmes ont-ils adopté cette doctrine de la régénération par le baptême ? C'est là une question qu'on peut élucider. Dans les mystères Babyloniens la commémoration du déluge, de l'arche et des grands événements de la vie de Noé, se mêlait au culte de la reine du ciel et de son fils. Noé, pour avoir vécu dans deux mondes, le monde avant le déluge et le monde après le déluge, était appelé Diphues ou celui qui est né deux fois, et était représenté sous les traits d'un dieu à deux têtes, tournées dans deux directions opposées, l'une jeune, l'autre vieille […]

    Toute la mythologie de Grèce et de Rome, comme celle de l'Asie, est remplie de l'histoire et des exploits de Noé auxquels il est impossible de se méprendre. Dans l'Inde, le Dieu Vishnou, le conservateur, qu'on honore pour avoir miraculeusement sauvé une famille juste au moment où le monde fut submergé, offre l'histoire de Noé enveloppée dans cette légende ; il est même appelé par son nom. Vichnou est exactement la forme sanscrite du Chaldéen Ishnuh, l'homme Noé ou l'homme de repos. Quant à Indra, le roi des dieux et le dieu de la pluie, ce qui n'est évidemment qu'une autre forme du même dieu, on trouve ce nom sous la forme exacte d'Ishnu. […]

    Le lecteur a déjà vu combien Rome a fidèlement copié l'exorcisme usité dans le baptême. Toutes les autres particularités qui se rattachent au baptême Romain, comme l'emploi du sel, de la salive, du chrême ou l'onction avec l'huile, et la marque sur le front par le signe de la croix, sont également des usages païens. Quelques partisans de Rome sur le continent, ont convenu que certains de ces usages n'ont pas été empruntés à l'Écriture. […]

    Justification par les œuvres 

     

    - Les adorateurs de Nemrod et de sa femme étaient, disait-on, régénérés et purifiés du péché par le baptême qui tirait son efficace des souffrances de ces deux divinités babyloniennes. Mais pour ce qui est de la justification, les Chaldéens croyaient que l'homme est justifié et accepté par Dieu à cause de ses œuvres et de ses mérites. C'est ce que confirment les réflexions de Christie, dans ses observations annexées aux "Mystères d'Eleusis", par Ouvaroff. M. Ouvaroff a fait remarquer que l'un des grands objets de ces mystères était de présenter à l'homme déchu les moyens de retourner à Dieu. Ces moyens étaient les vertus catholiques (c'est-à-dire les vertus qui effacent le péché par lesquelles il fallait vaincre une vie matérielle). C'est pourquoi les mystères étaient appelés Teletae, perfection, parce qu'ils étaient censés donner la perfection de la vie. Ceux qui étaient ainsi purifiés étaient appelés Téloumenoi ou Teteles-menoi, c'est-à-dire, amenés à la perfection, ce qui dépendait de l'action individuelle. Dans la métamorphose d'Apulie, qui fut initié aux mystères d'Isis, nous trouvons cette doctrine des mérites de l'homme clairement exposée. Ainsi la déesse est représentée comme s'adressant au héros du récit. "Si vous méritez la protection de ma divinité par une obéissance attentive, une dévotion religieuse et une chasteté inviolable, vous comprendrez que c'est grâce à moi, à moi seule, que votre vie peut s'étendre au-delà des limites assignées à votre destinée." Quand la même personne a reçu une preuve de la faveur supposée de la divinité, voici comment les dévots expriment leur joie : “Heureux ! Par Hercule ! Et trois fois béni celui qui a mérité par l’innocence et la probité de sa vie passée, une telle protection d'en haut !” Voilà pour la vie. À la mort aussi c'est par ses propres mérites qu'on obtient le grand passeport pour entrer dans le monde invisible, quoique le nom d'Osiris fût donné, comme nous le verrons, à ceux qui mouraient dans la foi. Quand les corps des personnages de distinction étaient embaumés (en Égypte), dit Wilkinson citant Porphyre, on leur enlevait les intestins, on les mettait dans un vase, sur lequel (après les rites ordinaires pour les morts) l'un des embaumeurs prononçait une invocation en faveur du défunt. La formule, d'après Euphrate, qui la traduisit de l'original en grec, était ainsi conçue : "Ô toi soleil ! Notre Maître souverain ! Et vous toutes déesses, qui avez donné la vie à l'homme, recevez-moi et réservez-moi une place parmi les dieux éternels. Pendant tout le cours de ma vie, j'ai scrupuleusement adoré les dieux que mes pères m'avaient appris à adorer ; j'ai toujours honoré mes parents auxquels je dois mon corps. Je n'ai tué personne, je n'ai trompé personne, je n'ai fait de tort à personne." Ainsi les mérites, l'obéissance ou l'innocence de l'homme étaient le grand argument. La doctrine de Rome sur cette question capitale de la justification du pécheur est absolument la même. Sans doute cela prouverait peu la parenté des deux systèmes de Rome et de Babylone ; car depuis Caïn jusqu'à nous, la doctrine du mérite de l'homme et de la justification personnelle a partout été naturelle dans le cœur de l'humanité dépravée. Mais ce qui est remarquable c'est que dans les deux systèmes, les symboles de cette idée sont absolument les mêmes. Dans la légende papale on nous dit que la balance de Dieu a été confiée à Saint Michel l'archange, et que dans les deux plateaux opposés de cette balance les mérites et les démérites des morts sont pesés avec équité, et selon que le plateau Penche d'un côté ou de l'autre, ceux-ci sont ou justifiés ou condamnés.

    Or, la doctrine chaldéenne de la justification par la foi, c'est là un fait confirmé par les découvertes faites sur les monuments égyptiens, est symbolisée exactement de la même manière, avec cette seule différence que dans le pays de Ham les plateaux de la justice étaient confiés non à l'archange Michel, mais au dieu Anubis et que les bonnes et les mauvaises actions semblent avoir été jugées séparément ; ce dieu tenait un registre distinct, de telle sorte que lorsque les deux étaient additionnées et que la balance touchait à terre, le jugement était aussitôt prononcé […] C'est évidemment de la même manière que Babylone a symbolisé la justification par les œuvres. Aussi le mot écrit par l'Éternel sur la muraille, le jour où il annonça la destinée de Belshazzar, avait-il une profonde signification : "Ttekel, tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé trop léger." Dans le système des Parsis, qui a fait de grands emprunts au système chaldéen nous trouvons largement développé le principe du pesage des bonnes et des mauvaises actions. "Pendant trois jours après la décomposition, dit Vaux ("Ninive et Persépolis") dans son récit des doctrines des Parsis sur les morts, l'âme, dit-on, voltige autour de sa demeure d'argile, dans l'espoir de se réunir à elle ; le quatrième jour, l'ange Seroch apparaît et la conduit au pont de Chinevad. Sur ce pont, qui, dit-on, réunit le ciel et la terre, se tient l'ange de la justice, chargé de peser les actions des hommes ; lorsque les bonnes actions l'emportent, l'âme rencontre sur le pont une apparition éclatante, qui lui dit : Je suis ton bon génie ; j'étais pur à l'origine, mais tes bonnes actions m'ont rendu encore plus pur ; et posant la main sur le cou de l'âme bénie, elle la conduit au paradis. Mais si les mauvaises actions l'emportent, l'âme rencontre un spectre hideux qui lui hurle ces paroles : Je suis ton mauvais génie. J'étais impur à l’origine ; mais tes actions m'ont rendu encore plus impur ; grâce à toi nous demeurerons misérables jusqu'à la résurrection. L'âme coupable est alors entraînée dans l'enfer où Ahriman siège pour lui reprocher ses crimes." Voilà la doctrine du Parsisme. Il en est de même en Chine […]

     

    - Quel homme pourrait jamais dire, quelque bon qu'il puisse se croire, si la somme de ses bonnes actions contrebalancerait ou non la somme des péchés et des transgressions que sa conscience peut lui reprocher ? Comme tout cela est différent du plan scripturaire, du plan divin de la justification "par la foi, par la foi seule, sans les œuvres de la loi", sans aucun égard pour les mérites de l'homme, simplement et seulement "par la justice de Christ qui est sur tous ceux et pour tous ceux qui croient", qui délivre dès maintenant et pour toujours de toute condamnation, ceux qui acceptent le Sauveur que Dieu leur offre et qui par la foi s'unissent à lui d'une manière vivante ! Ce n'est point la volonté de notre Père Céleste que ses enfants soient toujours sur cette terre dans le doute et les ténèbres sur ce qui touche le point capital de leur salut éternel. Un saint parfait peut lui-même être pour un temps abattu dans ses nombreuses tentations, mais ce n'est pas l'état naturel, normal, d'un chrétien véritable, qui connaît la plénitude et la libéralité des bénédictions de l'Évangile de paix. Dieu a donné à tout son peuple des raisons sérieuses de dire avec Jean : "Nous avons connu et nous avons cru l'amour que Dieu a pour nous" (I Jean 4 : 16) ou avec Paul : "Je suis assuré que ni la vie, ni la mort, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous a témoigné en Jésus (Yeshoua) " (Rom. 7 : 38, 39). Mais aucun homme ne peut tenir ce langage, "s'il cherche à établir sa propre justice", (Rom. 10 : 3), s'il cherche de n'importe quelle manière "à être justifié par ses œuvres". Une telle assurance, une telle paix ne peut venir que d'une confiance dans la grâce libre et gratuite de Dieu, donnée au Messie et avec le Messie qui est le don ineffable de l'amour du Père […]

     

    -  C'est elle seule qui peut produire une vie d'obéissance affectueuse, cordiale, fidèle,  à la loi et aux commandements de Dieu ; c'est elle seule, lorsque la nature vient à manquer, et que le roi des épouvantements s'approche, qui peut donner aux pauvres et coupables enfants des hommes, la force de dire dans le sentiment profond de leur indignité : "Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô sépulcre, où est ta victoire ? Grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné la victoire par Yeshoua, notre Seigneur" (I Cor. 10 : 55, 57). Or, dans tous les âges le despotisme spirituel, celui du paganisme comme celui de la papauté, s'est toujours montré hostile à cette confiance en Dieu, à cette assurance du salut. Son grand objet a toujours été de tenir les âmes de ses partisans loin de la communion directe et immédiate d'un Sauveur vivant et miséricordieux, pour inspirer le sentiment de la nécessité d'une médiation humaine et pour s'établir ainsi sur les ruines des espérances et du bonheur de l'homme. Si l'on considère les prétentions de Rome à l'infaillibilité, et les pouvoirs surnaturels qu'elle attribue aux fonctions de ses prêtres pour la régénération et le pardon des péchés, on pourrait supposer, comme une chose naturelle, que tous ses sectateurs seraient encouragés à se réjouir dans l'assurance continuelle de leur salut personnel. Mais c'est tout le contraire qui a lieu. Après toute sa forfanterie et ses hautes prétentions, elle enseigne que le doute est pour l'homme un devoir jusqu'à la fin de sa vie sur la question de son salut. C'est ce que fait un article de foi du concile de Trente : "Nul homme ne peut savoir avec l'assurance infaillible de la foi s'il a obtenu la grâce de Dieu." Cette déclaration de Rome, tout en étant directement opposée à la Parole de Dieu, imprime sur ses hautaines prétentions le sceau de l'imposture ; car si nul homme, après avoir été régénéré par le baptême romain et après avoir reçu l'absolution de ses péchés, ne peut, malgré cela, avoir une assurance certaine de la possession de la grâce de Dieu, à quoi peut servir son opus operatum ? Cependant, en cherchant à tenir ses sectateurs dans le doute et l'incertitude naturelle au sujet de leur condition finale, elle est sage après l'avoir fait naître […]

    Si un homme était autorisé à se croire à l'avance absolument sûr de la gloire éternelle, les prêtres auraient pu se croire en danger d'être volés de ce qui leur serait dû après sa mort, éventualité qu'il fallait prévenir à tout prix. Or, les prêtres de Rome ont copié dans tous les détails les prêtres d'Anubis, dieu des balances. Dans le confessionnal, lorsqu'ils ont un but à atteindre, ils augmentent le poids des péchés et des transgressions et alors, quand ils ont affaire à un homme riche ou puissant, ils ne lui laissent pas le plus faible espoir, aussi longtemps qu'il n'a pas jeté dans le plateau des bonnes œuvres de bonnes sommes d'argent, pour la fondation d'une abbaye ou quelque autre œuvre qu'ils ont à cœur […]

     

    Ainsi l'un avec les plateaux d'Anubis, l'autre avec les plateaux de Saint-Michel, répondent exactement à la description divine d'Éphraïm dans son apostasie : "Éphraïm est un marchand ; les balances de tromperie sont dans sa main"   (Osée 12 : 7) […]

     

    L’Anubis des Égyptiens est exactement le même que le Mercure des Grecs, c'est-à-dire le dieu des voleurs. Saint-Michel dans le système Romain répond exactement au même caractère. Grâce à lui, à ses plateaux et à la doctrine des mérites humains, ils ont fait de ce qu'ils appellent la maison de Dieu "une caverne de voleurs" ! Voler aux hommes leur argent est déjà bien mal, mais leur voler leurs âmes, c'est bien pis encore ! Dans les plateaux d'Anubis, les anciens païens, pour s'assurer de leur justification, devaient mettre non seulement les bonnes actions à proprement parler, mais des actions d'austérité et de mortification personnelle, afin de détourner la colère des dieux […]

     

    Le sacrifice de la messe.

     

    - Si la régénération par le baptême, point de départ des croyances romaines, et la justification par les œuvres, sont toutes les deux d'origine chaldéenne, le principe contenu dans le sacrifice non sanglant de la messe ne l'est pas moins. Tacite nous apprend qu'il n'était pas permis d'offrir du sang sur les autels de la Vénus de Paphos. On immolait des victimes pour les consultations de l'Aruspice, afin de tirer des présages pour l'avenir, d'après l'inspection des entrailles de ces victimes ; mais les autels de la déesse de Paphos devaient être gardés purs de tout sang. Tacite montre que l'Aruspice du temple de la Vénus de Paphos fut amené de Cilicie parce qu'il connaissait les cérémonies de cette déesse ; c'était le moyen de les faire accomplir convenablement suivant la volonté supposée de Vénus, car les Ciliciens avaient une connaissance particulière de ces cérémonies. "Tarse, capitale de la Cilicie, fut bâtie par Sennachérib, roi d'Assyrie, sur le modèle de Babylone. Les religions des deux villes correspondent naturellement, et lorsque nous trouvons à Chypre (dont le prêtre venait de Cilicie) des sacrifices non sanglants, c'est, dans ces circonstances, une forte présomption que le sacrifice non sanglant y parvint par la Cilicie depuis Babylone. Cette présomption est grandement confirmée quand nous lisons dans Hérodote que cette coutume extraordinaire et abominable de Babylone, la prostitution des vierges en l'honneur de Mylitta, était observée aussi à Chypre, en l'honneur de Vénus. Mais le témoignage de Pausanias change cette présomption en certitude. "Tout près de là, dit cet historien, parlant du temple de Vénus à Athènes, se montre le temple de la Vénus céleste, qui fut d'abord adorée par les Assyriens, puis par les Paphiens de Chypre, et enfin par les Phéniciens qui habitaient Ascalon en Palestine. Mais les Cythéréens vénéraient cette déesse parce qu'ils avaient appris les rites sacrés par le moyen des Phéniciens." Ainsi la Vénus d'Assyrie c'est-à-dire la grande déesse de Babylone et la Vénus de Chypre, étaient une seule et même déesse, et les autels non sanglants de la déesse de Paphos montrent le caractère du culte particulier à la déesse de Babylone dont elle était dérivée. À cet égard, la reine déesse de Chaldée différait de son fils qu'on adorait dans ses bras. Il était, nous l'avons vu, représenté comme heureux de voir le sang répandu. Mais elle, comme mère de la grâce et de la miséricorde, comme céleste colombe, comme espoir du monde, était opposée au sang et était représentée avec un caractère doux et pacifique. Aussi à Babylone elle portait le nom de Mylitta, la Médiatrice. Celui qui lit la Bible, et sait qu'elle déclare expressément que de même qu'il y a un seul Dieu, il y a aussi un seul médiateur entre Dieu et l'homme (I Tim. 2 : 5), doit se demander comment il pût jamais venir à l'esprit d'un homme de décerner à Marie, comme le fait l'église romaine, le caractère de médiatrice. Mais le caractère de Mylitta donné à la déesse babylonienne l'explique facilement. Pour justifier ce caractère de médiatrice, elle fut appelée Aphrodite, c'est-à-dire celle qui dompte la colère, celle qui par ses charmes pouvait calmer la colère de Jupiter, et apaiser les esprits les plus furieux des dieux ou des mortels. À Athènes on l'appelait Amarusia, c'est-à-dire la mère qui reçoit avec faveur. À Rome on l'appelait la bonne déesse, bona dea; les mystères de cette déesse étaient célébrés par des femmes, avec un secret particulier. Dans l'Inde la déesse Lakshmi, la mère de l'univers, la compagne de Vichnou est aussi représentée comme ayant le caractère le plus gracieux et le plus propice et ce caractère est désigné de la même manière que pour la déesse de Babylone. Dans les fêtes de Lakshmi, dit Coleman, on n'offre aucun sacrifice sanguinaire. En Chine, les grands dieux dont dépendent les destinées finales de l'humanité sont pour les esprits du peuple comme des objets de terreur ; mais la déesse Kuanyin, la déesse de miséricorde, qui d'après les Chinois de Canton offre de l'analogie avec la vierge de Rome, est décrite comme regardant les coupables avec un œil compatissant et s'interposant pour sauver même les âmes des malheureux, des tourments auxquels ils ont été condamnés dans le monde des esprits. Aussi les Chinois l'entourent-ils d'une faveur particulière. Ce caractère de la déesse mère a évidemment rayonné de Chaldée dans toutes les directions.

    Or, nous voyons maintenant comment il se fait que Rome représente Christ, l'agneau de Dieu, doux et humble de cœur, qui ne brisait jamais le roseau froissé, qui n'éteignait point le lumignon encore fumant, qui avait pour chaque pénitent des paroles du plus doux encouragement, qui pleurait sur Jérusalem, qui priait pour ses bourreaux, comme un juge dur et inexorable, devant qui le pécheur pourrait ramper dans la poussière sans jamais être sûr que ses prières soient entendues, tandis que Marie nous est présentée avec l'éclat le plus irrésistible et le plus séduisant, comme l'espoir du coupable, comme le grand refuge des pécheurs. C'est ainsi que le premier, dit-on, s'est réservé pour lui-même la justice et le jugement, tandis qu'il a remis à sa mère l'exercice de toute miséricorde. Les ouvrages religieux de Rome les plus en vue sont envahis par ce même principe, exaltant la compassion et la douceur de la mère aux dépens du caractère aimant de son fils. Ainsi saint Alphonse de Liguori dit à ses lecteurs que le pécheur qui s'aventure à venir directement à Christ doit craindre son courroux ; mais s'il emploie seulement la médiation de la Vierge avec son Fils, elle n'a qu'à montrer à son Fils les mamelles qui l'ont allaité, et sa colère sera immédiatement apaisée. Mais où a-t-on pu trouver dans la Parole de Dieu une semblable    idée ? Certainement ce n'est pas dans la réponse de Jésus (Yeshoua) à cette femme qui s’écria : "Heureux le sein qui l'a porté et les mamelles qui l'ont allaité." Jésus(Yeshoua) répondit et lui dit : "Bienheureux plutôt sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique !" (Luc 11 : 27-28). Il n'y a pas à en douter, cette réponse fut inspirée par la prévoyance du Sauveur, pour réprimer dans sa formation toute idée semblable à celle qu'exprimé Liguori ! Et cependant cette idée qu'on ne trouve pas dans l'Écriture, que l'Écriture répudie expressément, était largement répandue chez les nations païennes. Ainsi, nous trouvons une représentation exactement parallèle dans la mythologie Hindoue au sujet du dieu Siva et de sa femme Kali, lorsque Dieu apparut comme un petit enfant. Siva, dit le Lingua Puran, apparut comme un enfant dans un cimetière entouré d'esprits, et en le voyant, Kali sa femme le prit dans ses bras, et le caressant lui donna le sein. Il suça le liquide doux comme le nectar ; mais comme il se mettait en colère, Kali, pour le distraire et l'apaiser, le serrant sur sa poitrine, se mit à danser avec ses spectres et ses démons au milieu des morts jusqu'à ce qu'il fût joyeux et ravi, tandis que Vichnou, Brahma, Indra, et tous les dieux prosternés louaient par leurs chants élogieux le dieu des dieux Kal et Parvati. Kali, dans l'Inde, est la déesse de la destruction; mais le pouvoir de la déesse mère a trouvé son introduction dans le mythe même qui concerne cette déesse de destruction, capable d'apaiser un dieu offensé par des moyens qu'on emploie d'ordinaire pour calmer un entant capricieux. Si l'histoire Hindoue montre son dieu des dieux sous un jour si dégradant, l'histoire papale honore-t-elle mieux le Fils du Dieu béni, lorsqu'elle nous le représente comme ayant besoin d'être apaisé par sa mère qui lui présente le sein qu'il a sucé ? Tout cela est fait uniquement pour exalter la mère, comme étant plus gracieuse et plus miséricordieuse que son glorieux Fils. Or, c'était précisément le cas à Babylone, et les offrandes favorites de cette déesse correspondaient exactement à ce caractère. Aussi voyons-nous que les femmes de Juda sont représentées comme brûlant l'encens, versant des libations, et offrant des gâteaux à la reine du ciel. Les gâteaux étaient le sacrifice non sanglant qu'elle demandait. Non seulement ses sectateurs offraient ce sacrifice non sanglant, mais ils y prenaient part lorsqu'on les admettait à des mystères plus élevés et faisaient de nouveaux serments de fidélité. Au IVe siècle lorsque la reine du ciel, sous le nom de Marie, commença à être adorée dans l'église chrétienne, ce sacrifice non sanglant fut aussi introduit. Épiphane déclare que l'usage de manger et de boire ce sacrifice commença parmi les femmes d’Arabie et qu'à cette époque on savait fort bien qu'il avait été emprunté aux païens. La nature même de ce sacrifice non sanglant de Rome indique clairement son origine.

     

    - C'est une petite hostie mince et ronde et l'église romaine attache tant d'importance à cette forme ronde, que, pour nous servir de l'énergique langage de John Knox à propos de l'hostie-dieu (le dieu galette): "Si, en lui donnant la forme ronde, on brise la circonférence, il faut qu'un autre gâteau reçoive l'honneur d'être fait dieu, et le malheureux gâteau, brisé ou fendu, qui avait l'espoir d'être fait dieu, doit être donné à un enfant pour lui servir de jouet." Qu'est-ce donc qui a pu amener la papauté à insister autant sur la forme de son sacrifice non sanglant ? Évidemment ce n'est pas une allusion à l'institution divine du souper du Seigneur, car dans tous les détails qui nous sont donnés, il n'y a aucune allusion à la forme du pain que prit Notre Seigneur, lorsqu'il le prit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : "Prenez, mangez : ceci est mon corps, faites ceci en mémoire de moi." On ne peut pas s'appuyer davantage sur la forme du pain de la Pâque Juive ; car on ne trouve dans le livre de Moïse aucun commandement à cet égard. L'importance que Rome attache à la forme de l'hostie doit cependant avoir une raison ; cette raison, nous la trouvons en examinant les autels d’Égypte : "Le gâteau mince et rond, dit Wilkinson, se trouve sur tous les autels." Toutes les bagatelles, tous les riens du culte égyptien avaient une signification symbolique. Le disque arrondi, si fréquent dans les emblèmes sacrés de l'Égypte, symbolisait le soleil. Or, lorsqu'Osiris, la divinité du soleil, s'incarna et naquit, ce ne fut pas seulement pour donner sa vie en sacrifice pour les hommes, mais aussi afin d'être la vie et la nourriture des âmes. On admet généralement qu'Isis fut l'original de la Cérès des Grecs et des Romains ; mais Cérès, il faut le remarquer, était adorée non seulement parce qu'elle avait découvert le blé, mais aussi comme étant la mère du blé. L'enfant qu'elle mit au monde était Hé-Siri, la semence, ou comme on l'appelait le plus communément en Assyrie Bar, ce qui veut dire à la fois le Fils et le blé.

     

    - Les non-initiés pouvaient vénérer Cérès pour le don du blé matériel qui nourrissait leur corps, mais les initiés l'adoraient pour un don bien plus précieux, pour la nourriture qui alimentait leurs âmes, pour ce pain de Dieu qui est descendu du ciel, pour cette vie du monde dont il est dit que celui qui en mangera ne mourra point. S'imagine-t-on que cette doctrine, d'après laquelle Christ est le pain de la vie, soit contenue seulement dans le Nouveau-Testament ? Il n'y a jamais eu, il ne pouvait jamais y avoir de vie spirituelle dans une âme, depuis la création, au moins depuis l'expulsion d'Éden, qui ne fut nourrie et entretenue par une continuelle nourriture au moyen du Fils de Dieu, "en qui il a plu au Père de faire habiter toute plénitude" (Colos. 1 : 19), afin que "par sa plénitude, nous recevions grâce sur grâce" (Jean 1 : 16). Paul nous dit que la manne que les Israélites mangeaient dans le désert était pour eux un type et un vivant symbole du pain de vie (I Cor. 10 : 3) : "Ils mangèrent tous la même viande spirituelle", c'est-à-dire la viande qui non seulement devait soutenir leur vie matérielle, mais les amener à celui qui était la vie de leurs âmes. Or, Clément d'Alexandrie, auquel nous devons beaucoup pour toutes les découvertes faites en Égypte dans les temps modernes, nous affirme expressément que, sous leurs caractères cachés, les énigmes des Égyptiens étaient très ressemblantes à celles des Juifs. Il est clairement établi que les païens initiés croyaient que le blé accordé au monde par Cérès n'était pas le blé de cette terre, mais le divin Fils, par lequel seul on peut jouir de la vie spirituelle et éternelle. Les druides étaient des adorateurs fidèles de Cérès et comme tels ils étaient célébrés dans leurs poèmes mystiques, comme porteurs des épis de blé […]

     

    - Et maintenant le lecteur pourra comprendre pourquoi dans la sphère céleste la Vierge tient à la main un épi de blé. Cet épi de blé, dans la main de la Vierge, est précisément un autre symbole de l'enfant dans les bras de la reine-mère. Or, ce fils, symbolisé dans le blé, était le dieu soleil incarné, d'après l'oracle sacré, de la grande déesse d’Égypte : "Nul mortel n'a levé mon voile. Le fruit que j'ai produit c'est le soleil." Quoi de plus naturel, dès lors, que cette divinité incarnée, si elle est symbolisée comme le pain de Dieu, soit représentée par une hostie ronde, pour l'identifier avec le blé ? Est-ce une pure fantaisie ? Que le lecteur parcoure l'extrait suivant de Hurd, où sont dépeintes les décorations de l'autel romain, sur lequel on dépose l'hostie consacrée et il pourra se prononcer : "Un plat d'argent, de la forme d'un soleil, est placé en face du sacrement sur l'autel ; à la lumière des cierges, il produit un effet éblouissant." Que vient faire là ce soleil brillant, sur l'autel au-dessus du sacrement ou de l'hostie ronde ? En Égypte, le disque du soleil était représenté dans les temples, et le souverain et sa femme avec ses enfants étaient représentés comme l'adorant. Près de la petite ville de Babain, dans la haute Égypte, on voit encore une représentation d'un sacrifice au soleil, où deux prêtres adorent l'image du soleil. Dans le grand temple de Babylone, l'image dorée du soleil était exposée pour être adorée par les Babyloniens.

    Dans le temple de Cuzco, au Pérou, le disque du soleil en or étincelant, était fixé au mur, afin que tous ceux qui entraient se prosternassent devant lui. Les Péoniens de Thrace adoraient le soleil ; et dans leur culte, ils adoraient une image du soleil en forme d'un disque au sommet d'un long bâton.

     

    - Dans le culte de Baal comme le pratiquaient les Israélites idolâtres, au jour de leur apostasie, on observait également le culte de l'image du soleil, et il est frappant de voir que l'image du soleil, adorée par les apostats d'Israël, était élevée au-dessus de l'autel. Lorsque le pieux Josias entreprit l'œuvre de réformation, ses serviteurs, est-il écrit, (2 Chron. 34 : 4) en accomplissant leur œuvre, procédèrent ainsi : ils détruisirent, en sa Présence, les autels des Baals, et les images qui étaient au-dessus du soleil. 

    Benjamin de Tudela, le grand voyageur juif, donne une description frappante du culte du soleil qui, même dans des temps relativement récents, existait encore chez les Cushites de l'est, où nous voyons cette image du soleil adorée même de son temps. "Il y a un temple, dit-il, chez les descendants de Chus, qui est consacré à la contemplation des étoiles. Ils adorent le soleil comme un dieu, et tout le pays, à un demi-mille autour de la ville, est rempli d'autels qui lui sont dédiés. À l'aube du jour ils se lèvent et sortent de la ville pour attendre le lever du soleil : sur chaque autel on met en son honneur une image consacrée, non par l'image d'un homme, mais de l'orbe solaire confectionnée par l'art des magiciens. Ces globes prennent feu aussitôt que le soleil se lève, et résonnent avec un grand bruit, tandis que chacun, hommes et femmes, tenant à la main des encensoirs, brûlent de l'encens au soleil." Tout ceci prouve évidemment que l'image du soleil, fixée au mur ou sur l'autel, était l'un des symboles reconnus des adorateurs de Baal ou du soleil.

    Et ici, dans une église soi-disant chrétienne, un plat d'argent étincelant, de la forme d'un soleil, est placé sur l'autel de telle manière que tous ceux qui viennent à cet autel doivent s'incliner humblement devant cette image. Je le demande, d'où aurait pu venir tout cela, sinon de l'ancien culte du soleil ou du culte de Baal ? Et quand l'hostie est placée de telle sorte que le soleil d'argent est en face de l'hostie ronde, dont la forme est un élément si important dans les mystères romains, qu'est-ce que cela peut signifier ? Cela montre à ceux qui ont des yeux pour voir que l'hostie elle-même n'est qu'un autre symbole de Baal ou le soleil. Si la divinité du soleil était adorée en Égypte comme la semence ou à Babylone comme le blé, c'est exactement de la même manière que l'hostie est adorée à Rome. "Blé, pain des élus, aie pitié de nous", telle est l'une des prières formelles de la litanie romaine adressées à l'hostie dans la célébration de la messe. Et l'une des conditions exigées pour pouvoir prendre l'hostie est exactement la même que celle qui était en vigueur dans l'ancien culte de la déesse babylonienne. Ceux qui y prenaient part devaient absolument être à jeun. C'est une condition strictement exigée. L'évêque Hay, expliquant cette loi, dit qu'il est indispensable que nous soyons à jeun depuis minuit, c'est-à-dire que depuis une nuit avant de recevoir l'hostie, nous n'ayons pris aucun aliment, aucune boisson, aucun remède. Si on considère que Nôtre-Seigneur Yeshoua institua la sainte communion immédiatement après que Ses disciples eurent pris le repas pascal, une condition si formelle de jeûne doit sembler inexplicable. Mais considérez cette précaution concernant le sacrifice non sanglant de la messe à la lumière des mystères d'Éleusis, et tout cela s'explique aussitôt ; car la première question qu'on posait à ceux qui voulaient être initiés était celle-ci : êtes-vous en état de jeûne ? Et s'ils ne répondaient pas affirmativement on ne pouvait les initier. Sans doute dans certaines circonstances le jeûne chrétien est un devoir, mais tandis que ni la lettre ni l'esprit de l'institution divine n'imposent une règle aussi sévère que celle dont nous parlons, la formalité des mystères babyloniens nous en montre clairement l'origine. Quoique le dieu enfanté par Isis ou Cérès qui leur était offert sous le symbole d'une hostie ou d'un gâteau mince et rond, représentant le pain de vie, fût en réalité le soleil terrible, redoutable et brûlant, le terrible Moloch, néanmoins dans cette offrande, toute cette terreur était voilée, et tout ce qu'il y avait en lui de repoussant était rejeté dans l'ombre. C'est sous ce symbole consacré qu'il est offert à son indulgente mère qui, par sa miséricorde, adoucit ses jugements, et qui dispose de toutes les bénédictions spirituelles ; béni par sa mère, il est donné de nouveau pour être célébré comme étant le soutien de la vie, la nourriture et l'âme de ses adorateurs. C'est ainsi que la mère était la divinité favorite. C'est ainsi et pour les mêmes raisons, que la madone de Rome éclipse entièrement son fils comme étant la mère de grâce et de miséricorde.

    Quant au caractère païen du sacrifice non sanglant de la messe, nous l'avons déjà suffisamment établi. Mais il y a encore à considérer un point qui montre encore mieux l'œuvre du mystère d'iniquité. Il y a sur l'hostie des lettres qu'il vaut la peine de lire. Ces lettres sont J. H. S. Que veulent dire ces lettres mystiques ? Pour un chrétien, ces lettres signifient Jésus Salvator, Jésus Sauveur des hommes. Mais qu'un adorateur romain d'Isis (car du temps des empereurs il y avait à Rome des adorateurs innombrables d'Isis) jette les yeux sur ces lettres, comment les expliquera-t-il ? Il le fera naturellement d'après son propre système d'idolâtrie, système maintenant bien connu, et lira Isis, Horus, Seb, c'est-à-dire : la mère, l'enfant et le père des dieux, en d'autres termes, la Trinité Égyptienne.

     

    Le lecteur s’imaginera-t-il que ce double sens soit accidentel ? Certainement non. Le même esprit qui transforma la fête du païen Oannes et en fit la fête du chrétien Joannes, conservant en même temps tout son ancien paganisme, a habilement tracé les initiales J. H. S. pour payer un semblant de tribut au christianisme, tandis qu'en réalité c'est le paganisme qui a toute la substance de l'hommage qui lui est rendu.

     

    Lorsque les femmes arabes commencèrent à adopter cette hostie et à offrir le sacrifice non sanglant, tous les vrais chrétiens virent tout de suite le vrai caractère de leur sacrifice. Elles furent traitées d'hérétiques et flétries du nom de Collyridiennes d'après le nom grec du gâteau qu'elles employaient. Mais Rome comprit que cette hérésie pourrait être utilisée ; aussi, bien que condamnée par la partie fidèle de l'église, la coutume d'offrir et de manger le sacrifice non sanglant fut patronnée par la papauté ; et maintenant, dans toutes les nations de la communion romaine, elle a remplacé le simple mais bien précieux sacrement du repas institué par le Seigneur lui-même.

     

    Extrême-onction.

     

    - La dernière fonction que l'Église de Rome remplit pour les vivants est l'extrême-onction ; par cette cérémonie elle les oint au nom du Seigneur après les avoir confessés et absous, et elle les prépare ainsi pour leur dernier et mystérieux voyage. La raison de cette onction des mourants est ouvertement empruntée à l'ordre de l'apôtre Jacques au sujet de la visite aux malades; mais si on lit toute la péricope, on verra qu'un pareil usage ne pouvait jamais provenir d'un conseil apostolique, mais bien d'une origine entièrement différente : "Quelqu'un est-il malade parmi vous, dit Jacques (V, 14), qu'il appelle les anciens de l'Église et qu'ils prient pour lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera." Or, il est évident que cette prière et cette onction avaient en vue la guérison des malades. Les apôtres, pour établir les fondements de l'Église chrétienne, étaient investis, par leur grand Roi et Maître, de pouvoirs miraculeux, pouvoirs qui n'étaient donnés que pour un temps et destinés à disparaître, comme les apôtres eux-mêmes le déclaraient en les exerçant (I Cor. 13 : 8). Ces pouvoirs étaient journellement exercés par les anciens de l'Église lorsque Jacques écrivait son épître, et cela pour la guérison des corps, à l'exemple de Notre Seigneur lui-même. L'extrême-onction de Rome, comme le montre l'expression elle-même, n'a en vue aucun objet de ce genre. Elle n'a pas en vue la guérison des malades ou leur résurrection, car on ne doit jamais l'administrer que lorsqu'il n'y a plus aucun espoir, et que la mort est imminente. Le but de l'extrême-onction étant donc complètement opposé à l'onction scripturaire, elle doit venir d'une autre source. Cette source est la même que celle où la papauté a puise tout le paganisme qu'elle contient dans son sein corrompu. Il est évident que l'extrême-onction vient des Mystères Chaldéens. L'un des nombreux noms du dieu babylonien était Beël-Samen, le seigneur du ciel qui est le nom du soleil, et naturellement aussi du dieu Soleil. Mais Beël-Samen signifie aussi le seigneur de l'huile et c'était évidemment un synonyme du nom divin, le Messie. Nous trouvons dans Hérodote une déclaration que ce nom explique parfaitement. Il nous y est dit qu'un individu a rêvé que le soleil a oint son père. Que le soleil ait oint quelqu'un, voilà une idée qui ne s'est certainement pas présentée toute seule ; mais comme le nom Beël-Samen, seigneur du ciel, signifie aussi seigneur de l'huile, il est aisé de voir comment cette idée a été suggérée. Cela explique aussi pourquoi le corps du Babylonien Bélus, flottant dans l'huile, avait été conservé dans son sépulcre à Babylone jusqu'à l'époque de Xerxès. Et c'était pour la même raison sans doute, qu'à Rome la statue de Saturne était creuse et qu'on la remplissait d'huile.

     

    - Le rameau d'olivier qui, nous l'avons déjà vu, était l'un des symboles du dieu chaldéen, avait évidemment eu la même signification hiéroglyphique, car de même que l'olive représentait l'olivier, ainsi le rameau d'olivier était un emblème qui signifiait le fils de l'huile, ou l'oint (Zacharie 4 : 12, 14). Voilà pourquoi les Grecs venant devant leurs dieux dans l'attitude de suppliants cherchant à détourner leur courroux et implorant leur faveur, allaient au temple, en beaucoup d'occasions avec un rameau d'olivier à la main. Comme le rameau d'olivier était l'un des symboles consacrés de leur Messie dont la grande mission était de faire la paix entre Dieu et l'homme, de même en apportant la branche de celui qui était oint on venait pour obtenir la paix. Or, les adorateurs de ce Beël-Samen seigneur du ciel, ou le seigneur de l'huile, étaient oints au nom de leur dieu. 

     

    Ce n'était pas assez de les oindre avec de la salive ; on les frottait aussi avec des onguents magiques de l'espèce la plus efficace ; et par ces onguents on introduisait dans leur corps des médicaments qui tendaient à exciter leur imagination et à augmenter le pouvoir des breuvages magiques qu'ils prenaient, afin de les préparer ainsi aux visions et aux révélations des mystères. Ces onctions, dit Salverté, étaient très fréquentes dans les anciennes cérémonies. Avant de consulter l'oracle de Trophonius, on frottait tout le corps avec de l'huile. Cette préparation concourait certainement à produire la vision désirée. Avant d'être admis aux mystères des sages Indiens, Apollonius et ses compagnons furent frottés d'une huile si puissante qu'ils se sentaient comme trempés dans le feu. C'était là, ouvertement, une onction faite au nom du seigneur du ciel, et destinée à préparer ceux qu'on allait admettre à la vision de la terrible divinité. La même raison qui suggérait cette onction avant l'initiation, devait démontrer plus éloquemment encore la nécessité d'une onction spéciale, lorsque l'individu était appelé non plus en vision, mais en réalité, à contempler le mystère des mystères lors de son introduction dans le monde invisible et éternel. Ainsi le système païen se complétait naturellement de lui-même par l'Extrême-onction. Ses sectateurs étaient oints pour leur dernier voyage afin que sous la double influence de la superstition et des stimulants énergiques introduits dans leur corps par le seul moyen possible, les esprits pussent être fortifiés à la fois contre le sentiment du péché et contre les assauts du roi des épouvantements. C'est évidemment de cette source, et de cette source unique, que vient l'extrême-onction de la papauté, entièrement inconnue des chrétiens jusqu'au jour où la corruption se fut largement développée dans l'Église chrétienne. 

    Le Purgatoire et les prières pour les morts.

     

    - Cependant l'extrême-onction n'était, après tout, qu'une misérable ressource pour une âme angoissée en présence de la mort. Rien d'étonnant, dès lors, que ceux qui avaient reçu des prêtres tout ce que l'orgueil de ces derniers consentait à leur accorder, éprouvassent le besoin de quelque chose de meilleur pour les rassurer dans l'attente de l'éternité. Aussi dans tous les systèmes, exceptés dans celui de la Bible, la doctrine d'un purgatoire après la mort, et les prières pour les morts, ont-elles toujours occupé une place. Allez où vous voudrez, dans les temps anciens comme dans les temps modernes, vous trouverez que le paganisme laisse de l'espoir après la mort, aux pécheurs qui, au moment de leur départ, ne se sentaient pas prêts pour les demeures des élus.

    On a donc imaginé un état intermédiaire dans lequel, au moyen de peines expiatoires, on expierait dans un monde futur les péchés qui n'auraient pas été remis à temps sur la terre, et l'âme serait ainsi préparée pour la béatitude finale. En Grèce, la doctrine d'un purgatoire était enseignée par le chef lui-même des philosophes. Ainsi Platon, parlant du futur jugement des morts, croit à une délivrance finale, mais il affirme que parmi ceux qui sont jugés, les uns doivent aller d'abord dans un lieu souterrain, où ils recevront le châtiment qu'ils ont méri­té, tandis que les autres, après un jugement favorable, étant élevés aussitôt dans un certain lieu céleste, passeront leur temps d'une manière appropriée à la vie qu'ils ont menée sous une forme humaine. Dans la Rome païenne, le purgatoire était aussi enseigné aux païens ; mais il semble que là il n'y eût aucun espoir de n’échapper à aucune de ses peines. 

    Voici comment Virgile s'exprime, dans sa description de ces diverses tortures :

     

    "Enfermées dans les ténèbres de leur obscure prison, les âmes ne regardent plus les cieux; et même lorsqu'au dernier jour la vie s'est retirée, les malheureux ne peut vent se dégager entièrement des maux et des souillures du corps; car dans cette longue union avec la matière, les vices en s'invétérant, ont laissé des traces presque ineffaçables : elles subissent donc des châtiments, et expient dans les supplices leurs anciennes fautes; les unes, suspendues dans les airs, sont le jouet des vents, les autres lavent dans un vaste gouffre les taches infectes de leurs crimes, ou s'épurent par le feu. Chacun de nous est soumis au châtiment réservé à ses mânes. Ensuite nous sommes envoyés dans le vaste Elysée dont les riantes campagnes n'ont que peu d'habitants ; là ils sont heureux, et après la succession des âges, après mille années révolues, le temps efface les souillures des âmes et ne leur laisse que les simples éléments du feu et la pure essence éthérée."

     

    - En Égypte on enseignait la même doctrine du purgatoire. Mais dès qu'elle eut une fois pénétré dans l'esprit populaire, la porte fut ouverte à toute espèce d'extorsions sacerdotales. Les prières pour les morts ont toujours marché de pair avec le purgatoire ; mais aucune prière ne peut être entièrement efficace sans l'intervention des prêtres ; et aucune fonction du prêtre ne peut être accomplie sans un salaire spécial. Aussi voyons-nous dans tous les pays le clergé païen dévorer les maisons des veuves, et faire trafic des sentiments affectueux des parents désolés, dont la grande préoccupation est le bonheur éternel de leurs morts bien-aimés. De tous les côtés s'élève un témoignage unanime sur le caractère odieux et les dépenses de ces dévotions posthumes. Une de ces oppressions sous lesquelles gémissent les malheureux catholiques de l'Irlande, ce sont les dévotions périodiques spéciales, pour lesquelles ils sont tenus de payer lorsque la mort a enlevé un des habitants de leur maison. Non seulement il y a des services funèbres et des frais de funérailles pour le repos de celui qui est parti, au moment de l'ensevelissement, mais le prêtre visite plusieurs fois la famille dans le même but, ce qui amène des dépenses énormes. Ces dépenses commencent avec ce qu'on appelle "l'esprit du mois", c'est-à-dire un service en l'honneur du défunt un mois après sa mort. Quelque chose d'entièrement semblable se faisait en Grèce, cela est bien évident ; Muller en effet, dit dans son histoire des Doriens, que "les Argiens sacrifiaient le 30e jour après la mort à Mercure conducteur des morts ". Dans l'Inde, les services du Sràddhà, ou services funèbres pour le repos des morts, sont nombreux et onéreux ; et pour en assurer l'efficacité, on enseigne que "des offrandes de bétail, de terres, d'or, d'argent ou d'autres objets doivent être faites par la personne elle-même aux approches de la mort, ou si elle ne le peut pas, par une autre qui agit en son nom ".

    Partout où nous jetons les yeux le cas est à peu près le même. En Tartarie, les Gurjumi ou prières pour les morts, dit le "Journal Asiatique" sont fort dispendieuses. En Grèce, dit Suidas, le sacrifice le plus grand et le plus coûteux était le sacrifice mystérieux appelé le "Télété", sacrifice qui, d'après Platon, était offert pour les vivants et les morts, et qui, pensait-on, les délivrait de tous les maux auxquels sont exposés les méchants lorsqu'ils ont quitté cette terre. En Égypte, les exactions des prêtres pour les frais des funérailles et des messes pour les morts étaient loin d'être une bagatelle. "Les prêtres, dit Wilkinson, entraînaient leurs fidèles à dépenser de grosses sommes pour la célébration des rites funèbres, et beaucoup de personnes, qui avaient à peine assez pour se procurer les choses indispensables à leur existence, s'efforçaient d'économiser quelque chose pour payer les dépenses de leur ensevelissement. En effet, outre les frais de l'embaumement, qui s'élèvent parfois à un talent d'argent, c'est-à-dire environ 4 000 francs, le tombeau lui même coûtait fort cher ; et on faisait beaucoup de questions sur la position de fortune du défunt, avant de faire des prières et autres services pour le repos de son âme." Les cérémonies, nous dit-il ailleurs, consistaient en un sacrifice semblable à celui qu'on offrait dans les temples ; on l'accomplissait, pour le bénéfice du défunt, en l'honneur d'un ou de plusieurs dieux (Osiris, Anubis et autres dieux infernaux) ; on lui offrait de l'encens et des libations ; on lisait quelquefois une prière, et les parents, les amis étaient là comme pleureurs. Ils joignaient même leurs prières à celles du prêtre. Celui qui officiait au service funèbre était choisi parmi les pontifes qui portaient une peau de léopard; mais l'un des prêtres inférieurs accomplissait d'autres rites variés pour les momies avant de les descendre dans le tombeau. On les célébrait aussi à certains intervalles, aussi longtemps que la famille payait pour ces cérémonies.

     

    - Telle était dans la pratique la doctrine du purgatoire et des prières pour les morts chez les païens reconnus et déclarés. Sur quels points essentiels diffère-t-elle de la même pratique dans la Rome pratique ? Il y a dans l'une les mêmes extorsions que dans l'autre. La doctrine du purgatoire est purement païenne, et ne peut résister un seul instant à la lumière de l'Écriture. Pour ceux qui meurent en Christ il n'y a point de purgatoire et il n'y en a pas besoin ; car "le sang de Jésus-Christ, Fils de Dieu, nous purifie de tout péché". Si cela est vrai, comment peut-on avoir besoin d'une autre purification ? D'un autre côté, pour ceux qui meurent sans être unis personnellement à Christ, et par conséquent sans être purifiés, sans être justifiés, sans être sauvés, il ne peut pas y avoir d'autre purification ; car si "celui qui a le Fils a la vie, celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie", et ne pourra jamais l’avoir ! Étudiez les Écritures, et vous verrez que pour ceux qui meurent dans leurs péchés le décret de Dieu est irrévocable. Que celui qui est injuste le demeure encore, et que celui qui est souillé demeure encore souillé ! Ainsi la doctrine du purgatoire est un système de pure imposture, impudente et païenne, offensante pour Dieu, trompant les hommes qui vivent dans le péché, en leur laissant l'espoir de l'expier avant leur mort, et en leur dérobant dès maintenant leurs privilèges et leur salut. Dans le purgatoire païen, le feu, l'eau, le vent, étaient représentés (ainsi que l'indiquent les vers de Virgile) comme s'unissant pour enlever les souillures du péché. Dans le purgatoire de la papauté, même depuis l'époque de Grégoire, le feu lui-même a été le grand moyen de purification. Ainsi, tandis que les feux du purgatoire dans le monde à venir sont exactement le développement du principe symbolisé par les feux purificateurs de Baal la veille de Saint-Jean, ils forment une autre chaîne qui identifie le système de Rome avec le système de Zoroastre ou Tammuz, le grand dieu des anciens adorateurs du feu.

     

    - Si donc la régénération baptismale, la justification par les œuvres, la pénitence envisagée comme satisfaction à la justice de Dieu, le sacrifice non sanglant de la messe, l'extrême-onction, le purgatoire et les prières pour les morts sont dérivés de Babylone, n'avons-nous pas le droit de dire que le système général de Rome peut s'appeler Babylonien ? Et si les raisons que nous avons données déjà sont justes, quelles actions de grâces ne Devons-nous pas rendre à Dieu qui, par notre glorieuse Déformation, nous a délivrés d'un système pareil ! Quelle faveur pour nous d'être délivrés de cette confiance en les mensonges qui ne pouvaient pas plus que le "sang des taureaux ou des boucs, nous purifier de nos péchés"! Quelle bénédiction de sentir que le sang de l'Agneau, approprié par l'Esprit de Dieu à la conscience la plus souillée, la purifie entièrement des souillures du péché ! Comme notre reconnaissance devrait être profonde quand nous savons que dans toutes nos épreuves et nos détresses, "nous pouvons venir avec confiance au trône de grâce, non pas au nom d'une créature, mais au nom du Fils éternel et bien-aimé de Dieu ; et que ce Fils nous est présenté comme le sacrificateur le plus tendre et le plus compatissant, sensible à nos infirmités, ayant été semblable à nous en toutes choses, excepté le péché"! Certainement, tout en nous inspirant une vive compassion pour les pauvres esclaves de la tyrannie papale, cette pensée devrait nous "maintenir fermes dans la liberté à laquelle nous avons été appelés, et nous aider à nous conduire comme des hommes, afin que ni nous ni nos enfants ne retombions jamais sous le joug de la servitude"[…]

    Les lampes et les cierges.

     

    - Un autre trait caractéristique du culte romain, c'est l'emploi des lampes et des cierges. Si la Madone et l'enfant sont mis dans une niche, il leur faut une lampe qui brûle devant eux ; pour célébrer une messe, même en plein jour, il faut allumer des cierges sur l'autel ; de même une grande procession est incomplète s'il n'y a pas de cierges allumés pour en embellir le pompeux spectacle. L'usage de ces lampes et de ces cierges vient de la même origine que tout le reste de la superstition papale. La même raison qui fit représenter le cœur par du feu lorsqu'il devint un emblème du Fils incarné, fit naître l'usage des lampes et des cierges allumés dans le culte de ce Fils ; car suivant les rites établis par Zoroastre, c'est ainsi qu'on adorait le dieu Soleil. Quand chaque Égyptien, à un jour fixé, était tenu d'allumer une lampe en plein air sur sa porte, c'était un hommage rendu au soleil qui avait caché sa gloire en revêtant une forme humaine. Quand aujourd'hui les Yezidis du Kourdistan célèbrent chaque année leur fête des lampes allumées, c'est aussi en l'honneur du Sheik Shems, ou du soleil. Or, ce qui se faisait sur une grande échelle dans des occasions importantes, se faisait également dans le culte individuel : chacun allumait des lampes et des cierges devant son dieu favori. À Babylone, cette coutume était fort répandue, si l'on en croit le livre de Baruch. "Les Babyloniens, dit-il, allument devant leurs dieux des lampes innombrables, bien plus qu'ils ne le font pour eux-mêmes, quoique les dieux ne puissent en voir une seule, et qu'ils soient aussi insensibles que les poutres de leur maison.» 

     

    - Dans la Rome païenne on pratiquait la même coutume. Licinius, empereur romain, avant de se battre avec Constantin, son rival, convoque une réunion de ses amis dans un bois épais, offre des sacrifices à ses dieux et leur allume des cierges ; en même temps dans son discours il leur déclare que s'ils ne lui font pas remporter la victoire sur Constantin son ennemi et le leur, il se verra forcé d'abandonner leur culte et de ne plus allumer de cierges en leur honneur. Dans les processions païennes à Rome, les cierges figuraient partout. Dans ces solennités, (dit le Dr. Middleton invoquant l'autorité d'Apulée), dans ces solennités le magistrat en chef siégeait souvent en robe de cérémonie, assisté des prêtres en surplis avec des cierges à la main, portant sur un trophée ou "thensa", les statues de leurs dieux revêtues de leurs plus beaux vêtements. Ils étaient ordinairement suivis de l'élite de la jeunesse en vêtements de toile blanche ou en surplis, chantant des hymnes en l'honneur des dieux dont ils célébraient la fête, accompagnés de personnes de toute sorte qui étaient initiées à la même religion ; tous avaient à la main des flambeaux ou des cierges. Or, cette coutume d'allumer des lampes et des cierges en plein jour est si entièrement et si exclusivement païenne que nous trouvons des écrivains chrétiens comme Lactance au IVe siècle, qui montrent l'absurdité de cette pratique, et se moquent des Romains "qui allument des cierges pour Dieu comme s'il vivait dans l'obscurité ". Si cette coutume avait déjà tant soit peu pénétré chez les chrétiens, Lactance ne l'aurait jamais tournée en ridicule comme une coutume particulière au paganisme. Mais ce qui lui était inconnu à l'Église chrétienne au commencement du IVe siècle commença bientôt après à s'y introduire, et forme aujourd'hui l'une des particularités les plus frappantes de cette communion qui se vante d'être la mère et la maîtresse de toutes les Églises. 

     

    - Si Rome emploie à la fois les lampes et les cierges dans les cérémonies sacrées, il est certain cependant qu'elle attribue à ces derniers, bien plus encore qu'à tout autre objet, une vertu extraordinaire. Jusqu'à l'époque du Concile de Trente, voici comment elle priait la veille de Pâques, à la bénédiction des cierges. "Nous t'invoquons dans tes œuvres, sainte veille de Pâques, et nous offrons très humblement ce sacrifice à ta Majesté : voici une flamme qui n'a point été souillée par la graisse ou la chair, qui n'a pas été profanée par une huile impure : nous t'offrons avec des cœurs soumis, pleins d'un entier dévouement, une flamme produite par une mèche entourée de cire, allumée pour brûler en l'honneur de ton nom. Ce mystère si grand et le merveilleux sacrement de cette sainte veille, doivent être exaltés avec les louanges qui leur sont dues." Si on remarque avec quel accord unanime les nations les plus éloignées ont fait usage des cierges dans leurs rites sacrés, on verra bien qu'il y avait quelque mystère caché sous ces cierges et provenant du système original de l'idolâtrie auquel Rome a emprunté son rituel. Chez les Tongouses près du lac Baïkal en Sibérie, on place des cierges devant les Burchans, dieux ou idoles de ce pays. Dans les îles Moluques, on se sert de cierges dans le culte de Nito, ou le diable, qu'adorent ces insulaires. "Vingt ou trente personnes s'étant réunies, dit Hurd, on invoque le Nito, en frappant sur un petit tambour consacré, pendant que deux ou plusieurs personnes de la compagnie allument des cierges, et prononcent quelques paroles mystérieuses, qui ont, parait-il, le pouvoir de le conjurer.

    Le signe de la croix.

     

    - Un autre symbole remarquable du culte romain, c'est le signe de la croix. Dans le système romain, on le sait, le signe de la croix et l'image de la croix sont tout. On ne peut dire aucune prière, rendre aucun culte, on ne peut rien faire, pour ainsi dire, sans l'usage constant du signe de la croix. La croix est regardée comme le grand moyen d'enchantement, comme le grand refuge au moment du danger, comme la ressource infaillible contre toutes les puissances des ténèbres. On adore la croix avec tout le respect qui n'est dû qu'au Très-Haut ; et l'appeler devant un véritable disciple de Rome, de son nom scripturaire, l'arbre maudit, est une offense mortelle. Dire que cette superstition du signe de la croix, ce culte rendu par Rome à une croix de bois ou de métal ait pu résulter de la parole de Paul : "Dieu me garde de me glorifier en autre chose qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ crucifié", est une pure absurdité, un vain subterfuge, Jamais les vertus magiques attribuées au signe de la croix, jamais le culte qu'on lui rend n'ont eu une pareille origine ! Ce même signe que Rome fait aujourd'hui était en usage dans les Mystères Babyloniens ; le paganisme l'employait pour les mêmes desseins mystiques, il l'entourait des mêmes honneurs.

     

    image095Fig. 43 

     

    Ce qu'on appelle maintenant la croix du christianisme, n'était nullement à l'origine un emblème chrétien, c'était le Tau mystique des Chaldéens et des Égyptiens, la vraie forme première de la lettre T, l'initiale du nom de Tammuz, qui, en hébreu, est absolument la même que dans l'ancien Chaldéen ; on la trouvait sur les monnaies, mine dans la figure n°1 (fig. 43); et en Étrurien et en Copte, comme dans les figures n°2 et 3. Le Tau mystique était marqué au moment du baptême sur le front de ceux qu'on initiait aux mystères et on l'employait de bien des manières différentes comme le plus sacré des symboles. Pour identifier Tammuz avec le soleil, on le joignait quelquefois au cercle du soleil, comme dans la figure n°4, quelquefois on le plaçait dans le cercle, comme dans la figure n°5. Peut-être la croix de Malte que les évêques romains ajoutent à leur nom comme symbole de leur dignité épiscopale n'est autre chose que cette même lettre ; cependant on peut en douter. Mais ce qui est hors de doute, c'est que cette croix de Malte est un symbole formel du soleil.  Le Tau mystique, symbole de la grande divinité, était appelé le signe de vie ; on le portait sur le cœur comme une amulette 4 ; on le reproduit sur les vêtements officiels des prêtres, comme sur ceux des prêtres de Rome ; les rois le portaient à la main, comme signe de leur dignité ou de l'autorité qu'ils tenaient de la divinité. Les Vierges Vestales de la Rome païenne le portaient suspendu à leurs colliers, comme le font aujourd'hui les religieuses. Les Égyptiens faisaient de même, et plusieurs des nations barbares, avec lesquelles ils étaient en rapport, le faisaient aussi, comme le témoignent les monuments Égyptiens. Parlant des ornements de quelques-unes de ces tribus, Wilkinson dit. "La ceinture était parfois richement ornée : hommes et femmes portaient des boucles d'oreille; souvent ils avaient une petite croix suspendue à un collier, ou au col de leur vêtement" Cette dernière coutume ne leur était pas spéciale; cette croix était aussi attachée ou peinte sur les robes de Rotnno, on peut en voir des traces dans les ornements de luxe de Rebo, ce qui montre qu'elle était déjà en usage au XVe siècle avant l'ère chrétienne .

    - II n'y a presque pas de tribu païenne où l'on ne trouve la croix. Elle était adorée par les Celtes païens longtemps avant l'incarnation et la mort de Christ. "C'est, dit Maurice, un fait remarquable et bien confirmé, que les Druides avaient coutume de choisir dans leurs bois l'arbre le plus grand, le plus beau, pour en faire un emblème de leur divinité; ils coupaient les petites branches, et attachaient deux des plus fortes à la plus haute partie du tronc, de telle manière que ces branches s'étendaient  de   chaque  côté  comme  les bras  d'un homme, et présentaient avec le corps l'aspect d'une énorme croix; sur l'écorce, en plusieurs endroits, ils gravaient aussi la lettre Tau ." Elle était adorée au Mexique longtemps avant que les catholiques romains n'y eussent pénétré ; on y élevait de grandes croix de pierre, sans doute au dieu de la pluie. La croix ainsi adorée par beaucoup de nations ou regardée comme un emblème sacré, était le symbole indubitable de Bacchus, le Messie Babylonien, car il était représenté ayant sur la tête un bandeau couvert de croix.

    - Ce symbole du dieu Babylonien est aujourd'hui en honneur dans toutes les immenses landes de la Tartarie, où domine le Bouddhisme, et la manière dont on l'y représente fournit un commentaire frappant du langage dont Rome se sert pour désigner la croix. Bien que la croix, dit le colonel Wilford, dans les "Recherches asiatiques", ne soit pas un objet de culte chez les Bouddhas ou Bouddhistes, c'est leur devise et leur emblème favoris. 

     

    - C'est absolument la croix des Manichéens, avec des fleurs et des feuilles. Cette croix qui produit des feuilles et des fleurs (et un fruit aussi, dit-on), est appelée l'arbre divin, l'arbre des dieux, l'arbre de la vie et de la connaissance, produisant ce qui est bon et désirable, et se trouve dans le Paradis terrestre (fig. 46). Comparez ceci avec la manière dont Rome parle de la croix et vous verrez combien la coïncidence est exacte.

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    Fig. 46 Les deux croix supérieures sont des étendards de nations païennes et barbares de l'Orient. La croix noire du milieu est le Tau sacré des Égyptiens, ou le signe de vie. Les deux croix inférieures sont des croix Bouddhistes.

     

     

    Dans l'office de la croix, elle est appelée l'arbre de vie, et on enseigne à ses adorateurs à l'invoquer ainsi : "Salut, ô croix, bois triomphal, véritable salut du monde, de tous les arbres il n'en est point un seul dont les feuille, les fleurs, les boutons puissent être comparés aux tiens ! Ô croix, notre seule espérance, augmente la justice de l'homme pieux, et pardonne les fautes du pécheur." Peut-on croire en lisant le récit scripturaire de la crucifixion, que ce récitait jamais pu se transformer en cette bizarrerie de feuilles, de fleurs et de boutons, qu'on trouve dans l'office romain. Mais si on considère que la croix Bouddhiste, comme celle de Babylone, était l'emblème certain de Tammuz, qui était connu comme la branche de gui, ou celui qui guérit tout, il est facile de voir pourquoi l'initiale sacrée est couverte de feuilles, et pourquoi Rome, en l'adoptant, l'appelle, le "remède qui maintient la santé, guérit les maladies et fait ce que le pouvoir seul de l'homme ne pourrait jamais faire." Or ce symbole païen paraît s'être introduit tout d'abord dans l'Église chrétienne d'Égypte et dans l'Afrique entière. Une déclaration de Tertullien vers le milieu du IIIe siècle montre à quel point l'Église de Carthage était alors infectée du vieux levain. L'Égypte en particulier, qui n'a jamais été entièrement évangélisée, semble avoir, la première, introduit ce symbole païen. La première forme de ce qu'on appelle la croix chrétienne, découverte en Égypte sur des monuments chrétiens, est évidemment le Tau païen, ou signe de vie égyptien […]

     

     

    Le Souverain Pontife.

     

    - Le don du ministère est l'un des plus grands que Christ ait fait au monde. C'est à ce sujet que le Psalmiste, prophétisant l'ascension de Christ, parle dans ce langage élevé, de ses glorieux résultats : "Tu es monté en haut, tu as emmené des captifs en captivité ; tu as reçu des dons pour les hommes, même pour les rebelles, afin que l'Éternel demeurât parmi eux."              (Ps. 68 : 19). L'Église de Rome, à son origine, possédait le don céleste du ministère et du gouvernement scripturaire ; "sa foi était alors célèbre dans le monde entier", ses œuvres de justice étaient riches et abondantes. Mais dans un jour de malheur, l'élément Babylonien s'introduisit dans son ministère, et désormais ce qui devait être une bénédiction devint une malédiction. Depuis ce moment, au lieu de sanctifier l'homme, elle n'a servi qu'à le démoraliser, et à faire de lui "deux fois plus l'enfant de l'enfer" qu'il ne l'aurait jamais été si elle l'eut simplement laissé à lui-même.

    S'il en est qui s'imaginent qu'il y a une vertu secrète et mystérieuse dans une succession apostolique venant par la papauté, qu'ils considèrent sérieusement le caractère réel des ordres du pape et de ceux de ses évêques et de son clergé. Depuis le pape jusqu'au moindre membre du clergé, tout, on peut le montrer, est entièrement babylonien. Le collège de cardinaux avec le pape en tête est exactement la contrepartie du collège païen des pontifes avec son "Pontifex Maximus" ou le Souverain Pontife qui avait existé à Rome depuis les temps les plus reculés, et qui, on le sait, était formé sur le modèle du grand concile de pontifes de Babylone. Le pape prétend aujourd'hui à la suprématie dans l'Église comme successeur de Saint Pierre, auquel, dit-on, Nôtre-Seigneur a exclusivement confié les clefs du royaume des cieux. Mais voici un point important : avant que le pape ne fût investi de ce titre qui, pendant mille ans, avait désigné le pouvoir des clefs de Janus et de Cybèle, aucune prétention à cette prééminence ou à quoi que ce soit de semblable ne fut proclamé, sous prétexte qu'il était le possesseur des clefs remises à Pierre. Les évêques de Rome, il est vrai, montrèrent de bonne heure un esprit fier et ambitieux ; mais pendant les trois premiers siècles leurs prétentions à des honneurs particuliers se fondaient simplement sur la dignité de leur siège, qui était celui de la ville impériale, la capitale du monde Romain. Cependant quand le siège de l'empire fut transporté en Orient, et que Constantinople menaça d'éclipser Rome, il fallut bien chercher de nouvelles raisons pour maintenir la dignité de l'évêque de Rome. Ces raisons on les trouva, lorsque vers 378, le pape devint héritier des clefs qui étaient les symboles des deux divinités païennes bien connues à Rome. Janus avait une clef, Cybèle avait aussi une clef et ce sont là les deux clefs que le pape porte dans ses armes comme emblème de son autorité spirituelle. Comment le pape en vint-il à être considéré comme jouissant du pouvoir de ces clefs ? On le verra plus loin ; mais il est certain qu'à l'époque dont nous parlons l'opinion populaire lui attribua ce pouvoir. Lorsque, aux yeux des païens, il eut occupe la place des représentants de Cybèle et de Janus, et qu'il eut le droit de porter leurs clefs, le pape vit que s'il pouvait faire seulement croire aux chrétiens que Pierre seul avait le pouvoir des clefs et qu'il était le successeur de Pierre, la vue de ces clefs entretiendrait l'illusion, et que si la dignité temporelle de Rome en tant que cité venait à baisser, sa dignité personnelle d'évêque de Rome serait plus solidement établie que jamais. C'est évidemment de cette façon qu'il a procédé. Un certain temps s'écoula, et alors quand le travail secret du mystère d'iniquité eut préparé le terrain, le pape affirma pour la première fois sa suprématie, fondée sur les clefs données à Pierre. Vers 378, il s'éleva à la position que lui donnait aux yeux des païens le pouvoir de ces clefs. Ce fut en 431, et non point auparavant, qu'il prétendit ouvertement à la possession des clefs de saint Pierre. Il y a là évidemment une coïncidence frappante. Le lecteur demandera-t-il comment on pouvait croire à une prétention si peu fondée ? Les paroles de l'Écriture sur ce même sujet, donnent une réponse claire et satisfaisante : "Parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés... C'est pourquoi Dieu leur enverra un esprit d'erreur, en sorte qu'ils croiront au mensonge." (2 Thess. 2 : 10-11). Il y a peu de mensonges aussi grossiers ; mais avec le temps, ce mensonge fut pourtant cru, et de même qu'on adore aujourd'hui la statue de Jupiter avec la conviction que c'est la vraie statue de Pierre, ainsi on a dévotement cru pendant des siècles que les clefs de Janus et de Cybèle représentaient les clefs du même apôtre.                 L'infatuation seule a pu faire croire aux chrétiens que ces clefs étaient l’emblème d’un pouvoir exclusivement donné par Christ au pape par le moyen de Pierre ; mais il est facile de voir comment les païens devaient se rallier autour du pape avec empressement quand ils l'entendaient fonder son pouvoir sur la possession des clefs de Pierre. Les clefs que portait le pape étaient les clefs d’un Pierre bien connu des païens initiés aux mystères chaldéens. Que Pierre ait jamais été évêque de Rome, c'est là, on l'a prouvé bien des fois, une fable grossière. Il est même fort douteux qu’il n’ait jamais mis les pieds à Rome. Sa visite à cette ville n'est fondée sur aucune autorité sérieuse. Seul, un écrivain de la fin du IIe siècle ou du commencement du IIIe, l'auteur de l'ouvrage appelé les Clémentines, nous dit gravement qu'à l'occasion de cette visite, ayant trouvé là Simon le magicien, l'apôtre le défia de lui donner une preuve de son pouvoir miraculeux ou magique, sur quoi le sorcier s'envola dans les airs, et Pierre le fit descendre avec une telle hâte qu'il se cassa une jambe. Tous les historiens sérieux ont rejeté bien vite l'histoire de cette rencontre de l'apôtre et du magicien comme manquant absolument de preuves contemporaines ; mais comme la visite de Pierre à Rome est fondée sur la même autorité, elle demeure ou tombe avec elle ; du moins, on ne doit l'admettre que comme extrêmement douteuse. Mais si tel est le cas pour le Pierre du christianisme, il est facile de prouver d'une manière indubitable qu'avant l'ère chrétienne il y avait à Rome un Pierre qui occupait la plus haute place dans la prêtrise païenne. Le prêtre qui expliquait les mystères aux initiés était quelquefois appelé d'un nom grec, "le Hiérophante", mais dans le chaldéen primitif, le vrai langage des mystères, son nom prononcé sans les points voyelles, était Pierre, c'est-à-dire l’interprète. Rien n'était plus naturel que ce prêtre, interprète et révélateur de la doctrine ésotérique des mystères, portât les clefs des deux divinités dont il dévoilait les desseins secrets.

      

    - C'est ainsi que nous pouvons voir comment les clefs de Janus et de Cybèle furent plus tard regardées comme étant les clefs de Pierre l'interprète des mystères. Bien plus, nous avons la preuve la plus décisive que dans les contrées séparées l'une de l'autre et éloignées de Rome, ces clefs étaient connues des païens initiés non seulement comme étant celles de Pierre, mais comme étant celles d'un Pierre identifié avec Rome […]

    Quand le pape eut des rapports étroits avec le sacerdoce païen, quand les païens furent enfin placés sous son contrôle, comme nous le verrons, quoi de plus naturel que de chercher non seulement à réconcilier le paganisme et le christianisme, mais à montrer que le païen Peter-Roma, avec ses clefs, signifiait Pierre de Rome, et que ce Pierre de Rome était le véritable apôtre auquel le Seigneur Jésus donna "les clefs du Royaume de Dieu ?" Ainsi par une simple confusion de mots, des personnes et des choses essentiellement différentes étaient confondues le paganisme et le christianisme étaient mêlés ensemble afin de servir l'ambition croissante d'un prêtre corrompu ; ainsi, pour les chrétiens aveuglés de l'apostasie, le pape devint le représentant de Pierre l'apôtre, tandis que pour les païens initiés : il n'était que le représentant de Pierre, l'interprète de leurs fameux mystères ! 

    C'est ainsi que le pape fut la contrepartie exacte de Janus à la double figure. Oh ! Quelle profonde signification de l'expression scripturaire, "le Mystère d'iniquité", appliquée à la papauté !

     

    - Le lecteur pourra comprendre maintenant comment le grand Concile d'État du pape qui assiste ce dernier dans le gouvernement de l'Église, a été appelé le collège des cardinaux. Le mot cardinal vient de Cardo, gond. Janus, dont le pape porte la clef, était le dieu des portes et des gonds, et on l'appelait Patulcius et Clusius, celui qui ferme et celui qui ouvre. C'était un sens blasphématoire, car on l'adorait à Rome comme le grand Médiateur. Quelle que fût l'entreprise qu'on allait tenter, la divinité qu'on allait invoquer, il fallait avant tout adresser une invocation à Janus, qui était reconnu comme le dieu des dieux. Sa mystérieuse divinité combinait les caractères de Père et de Fils et sans elle aucune prière ne pouvait être exaucée ; la porte du ciel même ne pouvait s’ouvrir. C'est ce dieu qu'on adorait si généralement en Asie Mineure quand notre Seigneur envoya par Jean son serviteur les sept messagers de l'Apocalypse aux Églises de cette région. Aussi dans un de ses ordres le voyons-nous repousser tacitement l'assimilation profane de sa dignité à celle de ce dieu, et réclamer ses droits exclusifs à la prérogative attribuée généralement à son rival : "Écris aussi, écris à l'ange de l'église de Philadelphie : Voici ce que dit celui qui est saint, le véritable, qui a la clef de David, qui ouvre et personne ne ferme, qui ferme et personne n'ouvre." (Apoc. 3 : 7). Or, c'est à ce Janus, comme médiateur adoré en Asie Mineure et aussi à Rome dans les premiers siècles, qu'appartenait le gouvernement du monde, il avait, suivant les païens, tout pouvoir dans le ciel, sur terre et sur mer. À ce titre, il avait dit-on, jus vertendi cardinis, le pouvoir de tourner les gonds, d'ouvrir les portes des cieux, ou d'ouvrir et de fermer dans le monde les portes de la paix et de la guerre. Le pape, s'instituant grand-prêtre de Janus, prit aussi jus vertendi cardinis, le pouvoir de tourner les gonds, d'ouvrir et de fermer dans un sens blasphématoire et païen. Ce pouvoir fut tout d'abord affirmé insensiblement et avec prudence, mais une fois les fondements jetés, l'édifice du pouvoir papal fut solidement établi, siècle après siècle. Les païens qui voyaient quels progrès le christianisme de Rome faisait vers le paganisme sous la direction du pape, étaient plus que contents de reconnaître que le pape possédait ce pouvoir; ils l'encouragèrent joyeusement à s'élever de degré en degré au faîte de ses prétentions blasphématoires qui convenaient au représentant de Janus, prétentions qui, on le sait, sont maintenant, grâce au consentement unanime de la chrétienté apostat de l'Occident, reconnues comme inhérentes à la charge d'évêque de Rome. Il fallait cependant une coopération extérieure pour permettre au pape de s'élever à la suprématie du pouvoir auquel il prétend. Quand son pouvoir se fut accru, quand sa domination se fut étendue, et surtout quand il fut devenu un souverain temporel, la clef de Janus devint trop lourde pour sa main, il eut besoin de partager avec un autre le pouvoir du gond. C'est ainsi que ses conseillers privés, ses hauts fonctionnaires d'État, associés avec lui pour le gouvernement de l'Église et du monde, reçurent le titre aujour­d'hui bien connu de cardinaux, les prêtres du gond. Ce titre avait déjà été porté auparavant par les grands officiers de l'empereur Romain qui, en qualité de Pontifex Maximus, avait été lui-même un représentant de Janus, et avait transmis ses pouvoirs à ses créatures. Même sous le règne de Théodose, empereur chrétien de Rome, le premier ministre portait le titre de cardinal. Mais aujourd'hui le nom et le pouvoir que ce nom comporte avec lui ont depuis longtemps disparu de chez tous les fonctionnaires civils des souverains temporels ; et seuls ceux qui aident le pape à porter la clef de Janus pour ouvrir et fermer, sont connus sous le nom de cardinaux, prêtres des gonds.

     

    - J'ai dit que le pape devint le représentant de Janus qui, nous le savons, n'était autre que le messie Babylonien. Si le lecteur considère seulement les prétentions orgueilleuses de la papauté, il verra combien elle a emprunté à l'original. Dans les contrées où le système Babylonien s'est développé le plus complètement, nous trouvons le souverain pontife du dieu Babylonien investi des mêmes attributs que le pape. Appelle-t-on le pape "dieu de la terre, vice-dieu, vicaire de Jésus-Christ" ? Le roi d'Égypte qui était souverain pontife, nous dit Wilkinson, était regardé avec le plus grand respect comme le représentant de la divinité sur la terre. Le pape est-il infaillible, et l'Église de Rome, en conséquence, se vante-t-elle de n'avoir jamais changé et d'être incapable de changer ! Il en était de même pour le pontife chaldéen et le système qu'il patronnait. Le souverain pontife, dit l'écrivain que nous venons de citer, était réputé incapable d’erreur ; aussi avait-on le plus grand respect pour la sainteté des anciens édits ; c'est là sans doute l'origine de cette coutume "qui ne permettait pas de changer les lois des Mèdes et des Perses". Le pape reçoit-il l'adoration des cardinaux ? Le roi de Babylone comme souverain pontife était adoré de la même manière. Les rois et les ambassadeurs sont-ils tenus de baiser la semelle du pape ? Cette coutume aussi est copiée sur le même     modèle ; car le professeur Gaussen, citant Strabon Hérodote s'exprime ainsi : "Les rois de Chaldée portaient aux pieds des sandales que les rois vaincus avaient l’habitude de baiser." Enfin le pape est-il appelé du nom de "sa sainteté" ? C'est ainsi qu'on appelait à Rome le pontife païen. Ce titre paraît avoir été commun à tous les pontifes. Symmaque, le dernier représentant païen de l'empereur romain comme souverain pontife, s'adressant à l'un de ses collègues ou pontifes comme lui, à propos d'un grade auquel il allait être promu, lui dit : "J'apprends que votre sainteté (sanctitatem tuam) va être désignée par les saintes lettres."

    Si nous avons maintenant restitué les clefs de Saint-Pierre à leur légitime possesseur, la chaire de Saint-Pierre doit suivre la même destinée. Cette chaire si renommée vient de la même origine que les clefs en croix. La même raison qui poussa le pape à prendre les clefs chaldéennes le poussa naturellement aussi à prendre possession de la chaire vacante du souverain pontife païen. Comme le pontife, par la vertu de ses fonctions, avait été le Hiérophante ou interprète des mystères, sa chaire avait le même droit à être appelée chaire de Pierre que les clefs païennes à être appelée clef de Pierre. Ce fut précisément ce qui arriva […]

    Prêtres, moines et nonnes.

     

    - Si la tête est corrompue, les membres doivent l'être aussi. Si le pape est essentiellement païen, son clergé peut-il avoir un autre caractère ? Si ce clergé a emprunté ses ordres à une source entièrement corrompue, ces ordres doivent participer à la corruption de leur source. On peut le conclure en dehors de toute preuve spéciale ; mais l'évidence sera aussi complète pour le caractère païen du clergé que pour ce qui regarde le pape lui-même. Sous quelque aspect que nous regardions le sujet, cette conclusion s'impose.

    Il y a un contraste frappant entre le caractère des ministres du Christ, et celui du clergé papal. Lorsque Christ a envoyé ses disciples, c'était "pour paître son troupeau, pour paître ses agneaux", et cela, avec la Parole de Dieu, qui lui rend témoignage, et contient les paroles de la vie éternelle. Lorsque le pape ordonne son clergé, il lui commande de défendre, sauf dans certaines circonstances, la lecture de la parole de Dieu en langue vulgaire, c'est-à-dire dans une langue que le peuple peut comprendre. Il leur donne bien une mission, mais laquelle ? Elle est indiquée dans ces étonnantes paroles : "Recevez le pouvoir de sacrifier pour les vivants et pour les morts !" Peut-il y avoir un plus grand blasphème ? Quoi de plus opposé au seul sacrifice de Christ "par lequel il a amené pour toujours à la perfection ceux qui sont sanctifiés" (Hébr. 10 : 14). C'est la vraie fonction caractéristique du clergé de la papauté ! Lorsqu'il se souvenait que ce pouvoir lui avait été conféré dans ces propres termes au moment où on l'ordonna pour la prêtrise, Luther exprimait en frissonnant son indignation : "Comment la terre ne s'est-elle pas entrouverte, comment n'a-t-elle pas englouti celui qui prononçait ces paroles et celui à qui elles s’adressaient ?" Le sacrifice que le clergé papal a le pouvoir d'offrir, comme un "vrai sacrifice propitiatoire" pour les péchés des morts et des vivants, est exactement le sacrifice non-sanglant de la messe, qu'on offrait à Babylone longtemps avant qu'il n'en fût question à Rome.

     

    - Or, Sémiramis, l'original véritable de la reine chaldéenne du ciel, à laquelle on offrit d'abord le sacrifice non-sanglant de la messe, étant, dans sa personne, le type de l'impureté, accordait en même temps la plus grande faveur à cette espèce de sainteté qui regarde avec mépris la sainte loi de Dieu sur le mariage. Les mystères auxquels elle présidait étaient des scènes de la plus vile dépravation, et cependant les ordres les plus élevés de la prêtrise étaient voués au célibat, comme à une vie de sainteté particulière et supérieure. Quelque étrange que cela puisse paraître, la voix de l'antiquité attribue à cette misérable reine l'invention du célibat du clergé, et cela sous une forme extrêmement sévère. Dans quelques pays, comme en Égypte, la nature humaine réclama ses droits, et quoiqu'on demeurât fidèle en général au système de Babylone, le joug du célibat fut aboli, et on permit aux prêtres de se marier. Mais tous ceux qui connaissent l'antiquité savent que, lorsque le culte de Cybèle, la déesse Babylonienne, fut introduit dans la Rome païenne, il y fut introduit sous sa forme primitive, avec son clergé célibataire. Quand le pape s'appropria tant de traits particuliers au culte de cette déesse empruntés à la même source, il introduisit dans le clergé, de sa propre autorité, l'obligation expresse du célibat. L'introduction d'un pareil principe dans l'Église chrétienne avait été clairement prédite comme une grande marque d'apostasie, "les hommes, est-il écrit, se sépareront de la foi, enseignant des mensonges par hypocrisie, ayant leur conscience cautérisée, défendant de se marier". Les effets de cette innovation furent désastreux. Les annale de toutes les nations où le célibat des prêtres a été introduit, montrent qu'au lieu de contribuer à la pureté de ceux qui y étaient condamnés, il les a plongés, au contraire dans la plus grande corruption. L'histoire du Thibet, de la Chine, du Japon, où la doctrine babylonienne du célibat des prêtres a régné depuis un temps immémorial, témoigne des abominations qui en ont résulté.     Les excès commis par les prêtres célibataires de Bacchus, dans la Rome païenne, au milieu de leurs mystères, étaient tels, que le Sénat se sentit obligé de les chasser des limites de la République romaine. Dans la Rome papale, les mêmes abominations sont nées du célibat du clergé avec le système corrompu et corrupteur du confessionnal, tellement que tous ceux qui ont examiné le sujet ont été forcés d'admirer la signification étonnante du nom qui lui est divinement donné, dans un sens à la fois littéral et figuré : "la Grande Babylone, la mère de toutes les impudicités et des abominations de la terre". Nous pouvons citer mille faits de cette nature ; prenons-en un seul, il est fourni par le célèbre historien catholique romain de Thou : "Le pape Paul V songeait à supprimer les maisons de tolérance de la sainte cité ; mais le Sénat romain pétitionna pour l'empêcher d'exécuter ce projet, parce que, disait-il, l'existence de ces maisons est le seul moyen d'empêcher les prêtres de séduire nos femmes et filles."

     

    Les prêtres célibataires ont tous une certaine marque au moment de leur ordination ; c'est la tonsure cléricale. La tonsure est la première partie de la cérémonie de l'ordination, et elle est considérée comme l'élément le plus important du caractère des ordres du clergé romain. Lorsque après de longues discussions,   les Pictes se furent enfin soumis à l'évêque de Rome, leur clergé accepta cette tonsure comme étant celle de Saint-Pierre : ce fut là le symbole visible de leur soumission. Naitan, le roi des Pictes, ayant réuni les nobles de sa cour et les pasteurs de son église, s'adressa à eux en ces termes : "Je recommande à tout le clergé de mon royaume de recevoir la tonsure." C'est ainsi, nous dit Bédé, que cette importante révolution fut aussitôt accomplie par l'autorité royale. Le roi envoya des agents dans chaque province, il imposa la tonsure circulaire à tous les ministres et aux moines, suivant la mode romaine, et les soumit ainsi à Pierre, le prince béni des apôtres. Ce fut la marque, dit Merle d'Aubigné, que le pape imprima non sur le front, mais sur le haut de la tête. Une proclamation royale et quelques coups de ciseaux placèrent les Écossais, comme un troupeau de brebis, sous la houlette du berger du Tibre. Mais si Rome donne tant d'importance à cette tonsure, quel en est donc le sens ? C'était l'ordination visible de ceux qui s'y soumettaient, comme es prêtres de Bacchus ; or, ils les coupent en forme circulaire, se rasant autour des tempes […]

     

    - On ne peut faire reposer cette tonsure sur aucune autorité chrétienne. C'était bien la tonsure de Pierre, mais du Pierre Chaldéen des mystères, et non du Pierre de la Galilée. C'était un prêtre tonsuré, car le dieu dont il révélait les mystères était tonsuré. Plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, Hérodote disait à propos de la tonsure Babylonienne : les Arabes ne reconnaissent pas d'autres dieux que Bacchus et Uranie (c'est-à-dire la reine du ciel,) et ils disent que leurs cheveux étaient coupés de la même manière que ceux de Bacchus ; or, ils les coupent en forme circulaire, se rasant autour des tempes. Qu'est-ce donc qui a pu donner lieu à cette tonsure de Bacchus ? Tout dans cette histoire était représenté d'une manière mystique ou hiéroglyphique, et cela de telle sorte que les initiés seuls pouvaient le comprendre. L'un des faits qui occupaient la place la plus importante dans les mystères, c'était la mutilation qu'on fit subir a Bacchus après sa mort. En souvenir de ce fait, on répandait chaque année des larmes amères sur le "Rosh-Gheza, le prince mutilé". Mais Rosh-Gheza signifie aussi celui qui a la tête tondue ou rasée. Aussi était-il représenté sous l'une ou l'autre de ces deux formes de tonsure ; et ses prêtres, pour la même raison, avaient au moment de leur ordination, la tête tondue ou rasée Dans le monde entier, là où l'on trouve des traces du système Chaldéen,  on trouve toujours en même temps cette manière de tondre ou de raser la tête. Les prêtres d'Osiris, le Bacchus Égyptien, se distinguaient toujours par la tonsure de leur tête. Dans la Rome païenne, dans l'Inde, et même en Chine, la marque caractéristique du clergé Babylonien était une tête rasée. Ainsi lorsque Gautama Bouddha, qui vivait au moins 540 années avant Jésus-Christ, établit dans l'Inde la secte du Bouddhisme, qui de là se répandit dans les pays les plus éloignés de l'Extrême-Orient, il se rasait lui-même la tête, pour obéir, disait-il, à un commandement divin et alors il se mit à pousser les autres à suivre son exemple. L'un des titres par lesquels on le désignait était le dieu à la tête rasée. "Le dieu à la tête rasée, dit l'un des Purans, forma un certain nombre de disciples et d'hommes à la tête rasée,   comme lui,   afin d’accomplir les ordres de Vishnou." On peut démontrer la haute antiquité de cette tonsure d'après la loi Mosaïque : il était formellement défendu aux prêtres Juifs de se faire aucune tonsure sur la tête (Lévit. 21 :5) ce qui montre suffisamment que même déjà à l'époque de Moïse, l'usage de se raser la tête avait été introduit. Dans l'Église de Rome, la tête des prêtres ordinaires est seulement tondue, la tête des moines ou du clergé régulier est rasée, mais les uns et les autres, à leur consécration, reçoivent la tonsure régulière. Ils s'identifient ainsi, sans qu'il soit possible d'en douter, avec Bacchus, le prince mutilé. Or, si les prêtres de Rome enlèvent au peuple la clef de la connaissance et lui ferment la Bible ; s'ils sont consacrés pour offrir le sacrifice Chaldéen en l'honneur de la reine païenne du ciel ; s'ils sont liés par la loi chaldéenne du célibat, qui les plonge dans la dépravation ; si en un mot, ils sont marqués à leur consécration de la marque caractéristique du Bacchus Chaldéen, quel droit, quel droit possible, ont-ils de se faire appeler ministres du Christ ? Mais Rome n'a pas seulement son clergé séculier ordinaire, comme on l’appelle ; elle a aussi, tout le monde le sait, d'autres ordres religieux d'une espèce différente. Elle a des armées innombrables de moines et de nonnes tous engagés à son service. Où peut-on trouver dans l'Écriture le moindre témoignage en faveur d'une pareille institution ? Dans la religion du Messie Babylonien, elle existait depuis les temps les plus reculés. Il y avait en abondance dans ce système des moines et des religieuses. Dans le Thibet et le Japon, où le système Chaldéen fut de bonne heure introduit, on peut trouver encore des monastères, et ils y ont produit les mêmes résultats funestes pour la morale que dans l'Europe papale. En Scandinavie les prêtresses de Freya, (c'étaient d'ordinaire les filles du roi), qui avaient à veiller sur le feu sacré, et devaient observer une virginité perpétuelle, étaient précisément un ordre de nonnes. À Athènes, il y avait des vierges maintenues aux frais publics, qui étaient strictement vouées au célibat. Dans la Rome païenne, les Vierges Vestales qui avaient à remplir le même devoir que les prêtresses de Freya, occupaient une position semblable. Même dans le Pérou, pendant le règne des Incas, le même système prévalait, et cela avec une analogie qui prouve bien que les Vestales de Rome, les nonnes de la papauté et les saintes vierges du Pérou doivent être sorties de la même origine. Voici comment Prescott parle des nonnes Péruviennes : "Les Vierges du soleil, les élues, comme on les appelle, présentent une autre analogie avec les institutions catholiques romaines. Ces jeunes vierges étaient consacrées au service de la déesse ; elles étaient enlevées à leur famille dès l'âge le plus tendre, et mises dans des couvents où on les remettait aux soins de matrones d'un certain âge, mamaconas, qui avaient vieilli entre ces murs. Elles devaient veiller sur le feu sacré qu'on allumait à la fête de Raymi. Dès qu'elles entraient dans l'établissement, elles n'avaient plus de communication avec le monde, pas même avec leur famille ou leurs amis. Malheur à la pauvre jeune fille qui était reconnue coupable d'une intrigue ! Elle était condamnée, d'après la terrible loi des Incas, à être enterrée vivante !" C'était exactement le sort de la Vestale romaine qui violait son vœu. Cependant ni dans le Pérou, ni dans la Rome païenne, le devoir de la virginité n'était aussi strict que dans la papauté. Il n'était pas perpétuel, aussi n'était-il pas si profondément démoralisateur. Après un certain temps, les nonnes pouvaient être délivrées de leur solitude, et se marier. Dans l'Église de Rome, elles sont absolument privées de ces espérances. Dans tous ces détails, néanmoins, il est facile de voir que le principe sur lequel reposaient ces institutions est évidemment le même. "On est étonné, dit Prescott, de trouver une pareille ressemblance entre les institutions de l'Inde, de l'Amérique, de la Rome ancienne et de la Rome catholique moderne." Prescott a de la peine à expliquer cette ressemblance ; mais elle s'explique aisément par un petit passage du prophète Jérémie, que nous avons cité au début de ce travail : "Babylone a été dans la main du Seigneur une coupe d'or, qui a enivré toute la terre." (Jérémie 51 : 7). C'est là la pierre de Rosette qui a servi déjà à jeter tant de lumière sur les secrètes iniquités de la papauté, et qui est destinée à déchiffrer les sombres mystères de chaque système passé ou présent de la mythologie païenne. Il est facile de prouver la vérité littérale de cette parole: il est facile de prouver que l'idolâtrie de toute la terre est la même, que le langage sacré de toutes les nations est purement Chaldéen, que les grands dieux de toutes les contrées et de tous les climats sont désignés par des noms Babyloniens, et que tous les paganismes de l'humanité sont la corruption perfide et délibérée, mais cependant singulièrement instructive, du premier évangile annoncé en Éden et transmis plus tard par Noé à toute la race humaine. Le système élaboré d'abord à Babylone, et propagé plus tard jusqu'aux extrémités de là terre, s'est modifié et décomposé à différentes époques et dans divers pays. C'est dans la Rome papale seule qu'on le trouve presque dans toute sa pureté et son intégrité. Mais cependant au fond des apparentes variétés du paganisme, il y a une unité et une identité étonnantes qui témoignent de la vérité de la Parole de Dieu. Nous attendons avec confiance la ruine de toute cette idolâtrie. Mais avant que les idoles païennes ne soient définitivement "jetées aux taupes et aux souris", je suis persuadé qu'elles seront renversées pour adorer "l'Éternel le Roi", pour rendre témoignage à sa glorieuse vérité, et pour attribuer, dans une acclamation unanime, le salut, la gloire, l'honneur, la puissance, à celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau pour l'éternité ! […]

     

     

     

     

    Conclusion.

     

    - A ce stade là, il est difficile de ne pas être convaincu que l’église de Rome ainsi que ses ouailles soient en mauvaise posture vis-à-vis du Créateur. Ce que j’ai retranscrit dans ce texte n’est qu’une infime partie de ce qui se passe au sein de cette religion.

    Il n’est pas difficile non plus de comprendre le rejet de Jésus (Yeshoua) par la communauté Juive qui, hélas ne connait que les mauvais cotés de cette chrétienté, et qui plus est, fait énormément de tort au mouvement Messianique.

    La volonté de Dieu est qu’un grand nombre soit sauvé, nous devons pour cela connaitre et obéir à la Parole de Dieu.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    - Que chacun se fasse une idée sur ce qui a été dit jusqu'à maintenant. La bête et l’image de la bête sont maintenant dévoilées à la face de la chrétienté et du monde : Babylone est bien l’empire des fausses Religions ! On a longtemps cru et dit que seul le système Romain était la “ bête” décrite dans l’apocalypse, mais les événements de ces dernières années montrent que Rome n’est plus l’unique religion faisant partie de cette Grande Babylone, d’autre l’on rejoint depuis.

     

    « Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau.  Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. »

     

    « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Yeshoua. » (Rev.14 :9-12)

     

     

    Christian Douce.