• Yéshoua (Jésus) et la femme adultère face à la loi de Moïse - Abolition de certaines lois ou parfaite observation de la Torah par le Messie d'Israël ?

     

     

     

    Il n’est pas rare d’entendre certaines personnes utiliser le passage de la femme adultère pour justifier l’abolition de la loi par le Messie bien que ce dernier déclare spécifiquement en Matthieu 5.17-19 qu’il n’est pas venu abolir le moindre iota de la loi et que tous les commandements demeureront « jusqu’à ce que le ciel et la terre passe ». Malgré cela, beaucoup persistent et signent. Une mise au point est nécessaire.

     
     

     

    « Il répondit et leur dit : Qu’est-ce que Moïse vous a commandé? » (Marc 10.3)

     

    Femme-adultère mod02Remémorons-nous le passage en question :

     

    « Les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la Torah, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Yéshoua, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Yeshoua resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Yéshoua lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? 11 Elle répondit : Non, Seigneur. Et Yeshoua lui dit : Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. » (Jean 8.3-11).

     

    Après une analyse superficiel, ce passage de la femme adultère semble s’opposer à l’application de la loi de Moïse. Effectivement, beaucoup de chrétiens utilisent ce passage comme un argument de poids pour démontrer que la loi de Moïse serait caduc. Il n’est pas rare d’entendre : « Si tu veux appliquer la loi de Moïse, alors tu dois également lapider les adultères etc ».  Le raisonnement est le suivant : La loi de Moïse ordonne la lapidation des adultères or, le Messie étant justement confronté à une femme adultère et aucune lapidation n’ayant lieu, nous aurions ici une preuve de l’abolition d’une loi de Moïse par le Messie. En réalité, un tel raisonnement est assurément faux et mène à de graves hérésies qu’il faut combattre absolument et fermement car c’est ici toute l’intégrité de la Parole de Dieu qui peut être impactée.

     

    Contre toute attente, non seulement l’analyse de ce passage de la femme adultère permettra de grandir dans la connaissance des Ecritures, mais elle démontrera la maîtrise de la Loi par le Messie, sa grande sagesse et son infini miséricorde car oui : loin d’abolir le moindre commandement de la loi, ce passage des Evangiles confirme une fois encore la Loi de Moïse.

     

    Suite à de nombreux échanges fraternels concernant l’importance d’obéir à Dieu et à ses préceptes, nous avons souvent été confronté à une réflexion que l’on retrouve ancrée dans la pensée d’un grand nombre de chrétien :

     

    « On est dans une nouvelle alliance. D’accord , Jésus n’est pas venu abolir la loi, mais pour l’accomplir (Mat 5, 17) , c’est à dire lui donner son véritable sens. Tu ne peux pas prendre n’importe quel verset de l’ancien testament et dire, il faut l’appliquer, sinon il te faudrait lapider toutes les femmes adultères. Regarde ce que Jésus a fait dans ce domaine (lire Jean 8). »

     

    Si vous êtes d’accord avec ce type de raisonnement, sachez qu’il n’est absolument pas biblique et qu’il démontre au contraire une singulière ignorance de la Loi de Dieu. Avec ce raisonnement, accomplir la loi signifie en réalité abolir la loi sur la mise à mort des adultères (ainsi que bien d’autres lois, celles qui dérangent). Ces personnes prennent Yéshoua comme prétexte pour affirmer que la loi de Moïse n’est plus d’actualité : pour elles, accomplir signifie en réalité abolir une partie de la loi.

     

    Mais avons-nous seulement étudié ce passage en profondeur au lieu de conclure trop rapidement une chose qui va à l’encontre des propos même du sauveur et de son Père ?

     

    En vérité, ce passage de la femme adultère démontre tout l’inverse : loin d’abolir la Loi, ce passage confirme et renforce la beauté de la loi et démontre avec brio non seulement la maitrise de la Loi de Moïse par Yéshoua mais c’est une nouvelle occasion pour le Seigneur de nous montrer la partie la plus importante de la loi de Moïse malheureusement si souvent négligé par les religieux légalistes de l’époque : la bonté, la justice, la fidélité et la miséricorde.

     

    Si nous avions l’occasion de demander à Yéshoua en personne ce qu’il pense de la lapidation ordonnée dans la Torah, il nous répondrait de la même façon qu’en Marc 10.3 : « Qu’est-ce que Moïse vous a commandé ? ». C’est précisément ce que nous allons voir dans cette étude sans perdre de vue que la Loi de Moïse n’est rien d’autre que la Loi de Dieu.

     

    Commençons l’analyse :

     

    Un des passages clés de la femme adultère est celui-là : « Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. » Jean 8.6.pharisiens scribe

     

    En emmenant la femme adultère devant Jésus, le texte précise un point fondamental : les scribes et les pharisiens voulaient lui tendre un piège. Question simple et pertinente à se poser : En quoi donc pouvait consister ce piège ? La réponse semble évidente :

     

    L’intention de ce type de pharisiens était d’amener Yeshoua à contredire Moïse, pour pouvoir ensuite l’accuser devant le sanhédrin comme étant un apostat. Effectivement, comme dit Paul, « renoncer à Moïse » et une des formules les plus simples pour parler d’Apostasie. En actes 21.21, l’Esprit de Dieu montre que l’expression « renoncer à Moïse » se dit « Apostasia » en Grec.

     

    En analysant en profondeur ce passage, nous allons découvrir deux choses magnifiques :

     

    La grande maîtrise de la loi de Dieu par Yéshoua et la fourberie de ses adversaires qui, comble du comble, ont été pris dans leur propre piège :

     

    C’est en utilisant et en confirmant la loi de Moïse que Yeshoua va renverser la situation avec intelligence, amener la femme adultère à la repentance, disqualifier ses accusateurs et ainsi, faire retomber leurs fautes sur leur tête ainsi qu’il est dit : « l’Éternel dissipe les projets des hommes rusés, et leurs mains ne viennent à bout de rien; Dieu prend les sages dans leurs propres ruses, et le dessein des pervers est renversé. » (Job 5.12-13)

     

    Une analyse des textes de la loi est donc nécessaire afin de bien comprendre l’attitude et les mots de l’Avocat des avocats, Yeshoua (Jésus).

     

    Premièrement, il faut se rappeler que la Loi interdit de mettre à mort la femme toute seule. Selon la loi, il faut mettre à mort l’homme et la femme :

     

    « Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort. » (Lévitique 20 : 10)

     

    Dans Jean 8, seule la femme est accusée. Où est l’homme ? Ceci est une première faille : tandis que la loi exige que l’homme et la femme surpris en adultère soient punis de mort, les pharisiens amenèrent seulement la femme devant Yéshoua. On peut penser qu’un premier piège est de voir si Yéshoua irait à l’encontre du prescrit de la loi et condamnerai la femme seulement, sans demander à ce que soit aussi amener son complice et cela, comme dit le texte : « afin de pouvoir l’accuser ». Pour vraiment le piéger, ils donneront une version incorrecte de la loi, affirmant que Moïse avait prescrit de lapider les femmes adultères alors que Moïse prescrit de lapider « l’homme et la femme ». Ils avaient enlevé quelque chose à la loi et voulaient voir si Yéshoua cautionnerait cet acte. Si Yéshoua condamnait la femme sans condamner l’homme, Yéshoua aurait alors violé la loi. Enlever et retrancher de la loi est une néfaste habitude des pharisiens que Yéshoua dénonçait régulièrement : « Anéantissant la parole de Dieu, vous faites beaucoup d’autres choses semblables. » (Marc 7.13).

     

    De même, si Yéshoua avait demandé à ce qu’on laisse partir la femme, il aurait violé aussi le prescrit de la loi puisque celle-ci condamne à mort les hommes et les femmes adultères. C’est là l’épreuve et le piège des pharisiens.

     

    Mais c’est aussi là la force de notre Maître : pour éviter leur piège tout en pardonnant à la femme, Yéshoua va non seulement les ramener eux même au prescrit de la loi concernant les témoins, mais de plus, par ce tour de force, il manifestera aux yeux de tous leur culpabilité :

     

    « Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.» (Jean 8 : 7)

     

    Pourquoi Yéshoua dit-il précisément cela ? La réponse est donnée dans la Parole de Dieu : pour une affaire qui mérite la mort, la loi divine donnée à Moïse prescrit aux témoins de jeter en premier la pierre :

     

    « La main des témoins se lèvera la première sur lui pour le faire mourir, et la main de tout le peuple ensuite. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. » (Deutéronome 17 : 7)

     

    Yéshoua n’ayant pas été témoins de l’affaire, il ne pouvait de tout de façon pas participer à la lapidation de cette femme. Effectivement, la main du peuple ne pouvait se lever contre les condamnés à mort qu’après celle des témoins : « et la main de tout le peuple ensuite. »

     

    Les témoins sont ceux qui savent ce qui s’est produit. Dans notre étude, ce sont les scribes et les pharisiens. Ce sont ces témoins qui doivent frapper les premiers. De plus, les témoins doivent avoir des preuves très sérieuses et être eux même absolument sans péché concernant l’affaire.

     

    Mais ce n’est pas tout. Il semblerait ici qu’un autre piège des pharisiens viennent se glisser pour piéger Yéshoua : la peine de mort ne devrait pas être la lapidation. Le texte dit : « L’homme et la femme doivent être mis à mort » (Lévitique 20.10). Rachi, l’illustre commentateur médiéval, enseigne que quand la peine de mort n’est pas précisée dans le texte biblique, il s’agit d’une mort par strangulation : « Quand on trouvera un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme; tu ôteras ainsi le méchant d’Israël. » (Deutéronome 22.22) « Si un homme commet adultère avec la femme d’un autre, s’il commet adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort. » (Lévitique 20.10)

     

    En vérité, deux seuls cas indique qu’une personne de sexe féminin mérite la mort par lapidation : lorsqu’une jeune fille vierge s’est prostituée dans la maison de son père (Deutéronome 22.20-21) et lorsqu’une jeune fille vierge fiancée à quelqu’un, va avec un homme qui, l’ayant trouvée dans la ville, couche avec elle, sans qu’elle n’ait crié dans la ville (elle s’est laissée faire volontairement). La lecture attentive de la Bible manifeste que la situation d’adultère qui est présentée à Yéshoua ne rentre pas dans ces cas de figure : Le texte grec dit « guné » : une femme et non une jeune fille. Ce n’est donc pas une jeune fille qui s’est prostituée dans la maison de son père ou une jeune fille vierge et fiancée qui s’est laissée faire volontairement. Si elle était une femme mariée, elle aurait dû être amenée avec son compagnon, et les deux auraient mérité une mort par strangulation et non par lapidation.

     

    premiere pierreAinsi, c’est ici que les paroles de Yeshoua prennent tout leur poids écrasant pour la conscience des pharisiens : « que celui qui n’a jamais péché jette la  première pierre ». Les diffamateurs laissent tomber leurs pierres et s’en vont. Pourquoi ? Tout simplement parce que non seulement ils ont agis par ruse afin de le piéger mais il semblerait qu’aucune des personnes présentes n’était témoin de ce présumé adultère. En effet, l’Ecriture témoigne que c’est une habitude de biens des pharisiens corrompus de cette époque :

     

    « Les principaux sacrificateurs et les anciens, et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Yeshoua pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvaient point; et bien que plusieurs faux témoins se fussent présentés, ils n’en trouvaient point. » (Matthieu 26.59-60). De même, Etienne a souffert ce qu’a souffert son Maître : « ils produisirent de faux témoins » pour l’accuser de parler « contre la loi » (Actes 6.13).

     

    De plus, dans le cas où il s’agirait de vrais témoins, nous voyons qu’ils ont ôté à la loi et qu’ils parlaient à Yéshoua dans un esprit de tromperie en vue de le piéger, chose également contraire à la Loi de Moïse :

     

    « Aucun de vous ne trompera son prochain, et tu craindras ton Dieu; car je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 25:17)

     

    D’autres détails importants de la loi de Moïse nous montrent que, ni les pharisiens ni Yeshoua, n’avaient le pouvoir légal de condamner cette femme à mort, puisque seul le sanhédrin national pouvait prononcer la peine de mort :

     

    « Tu t’établiras des juges et des officiers dans toutes tes portes que l’Éternel ton Dieu te donne, selon tes tribus, et ils jugeront le peuple d’un jugement juste. » (Deutéronome 16.18)

     

    Un autre point sur lequel les accusateurs de Yéshoua pensaient peut-être le piéger : Le contexte de Jean 8.1-2 nous décrit Yeshoua enseignant au temple. Or, aucune mise à mort ne pouvait être effectuée à cet endroit, mais seulement en dehors des murailles de la ville de Jérusalem :

     

    « L’Eternel dit à Moïse : Cet homme sera puni de mort, toute l’assemblée le lapidera hors du camp. » (Nombres 15.35-36).

     

    De plus, un point également souvent méconnu : En l’an 11, Auguste édite le décret du droit de glaive romain : le grand sanhédrin national perd son droit souverain de vie et de mort sur les juifs, une vingtaine d’années avant la crucifixion de Yeshoua. Le sanhédrin devra dès lors recevoir la permission des autorités romaines pour pouvoir mettre quelqu’un à mort.

     

    Enfin, sur le site résistance juive.org, nous trouvons une très interessante explication de ce que Yéshoua aurait pu écrire sur le sol :

     

    « Que fait Yéshoua ? Il se baisse deux fois et écrit de son doigt sur le sol, c’est-à-dire dans la poussière. Qu’a-t-il pu écrire ? Il y aurait une manière juive de poser la question : qu’est-ce qu’un juif (Jésus) peut écrire dans la poussière ou sur la terre au risque que cela s’efface ? La question relève d’un problème théologique et d’un problème de bon sens. Ecrire dans la poussière conduit à l’effacement. La question de l’effacement est essentielle dans la pensée juive lorsque l’on sait que le Nom de Dieu ne doit jamais s’effacer. Sauf dans un seul cas : lorsqu’il s’agit de réconcilier un homme et une femme, lorsque le mari jaloux soupçonne sa femme d’adultère.

     

    L’explication en est donnée dans un très beau texte d’Emmanuel Lévinas : « Le Nom de Dieu d’après quelques textes talmudiques ». Le philosophe écrit : « La transcendance du Dieu nommé ne saurait s’exposer dans un thème. D’où l’extrême précarité de cette manifestation du Nom à laquelle l’interdiction d’effacer apporte quelque secours. Mais voici un cas où le Nom ne se trace qu’en vue de son propre effacement. Il en est longuement question dans le traité Sota (53a). La femme soupçonnée, sans preuve, d’adultère par son mari doit, d’après Nombres 5, être amenée par le mari jaloux auprès du pontife du Temple et se soumettre à une épreuve (où les sociologues reconnaîtront une ordalie, mais qui, tout compte fait, est une bonne façon de dépassionner le conflit par l’apparition même d’un tiers, sous les espèces du pontife). L’ordalie est un ancien mode de preuve en justice, de nature religieuse, aussi appelé jugement de Dieu. Il consiste à soumettre les plaidants à une épreuve dont l’issue, déterminée par Dieu, désigne la personne bien-fondée.

     

    A un certain moment, selon le rite décrit dans la Bible, le pontife conjurera la femme : « Si un homme a eu commerce avec toi, que l’Eternel (écrit comme Tétragramme) fasse de toi un sujet d’imprécation. (… ) » Et la femme répondra : « Amen, amen » (nombres 5). Le pontife écrira ces paroles (où figure le Tétragramme YHWH) sur un bulletin. Il les effacera dans les eaux amères. Dans cet effacement s’effacera aussi le Tétragramme écrit en vue de cet effacement. Le texte talmudique, dépassant les données d’un rite très antique, affirme une idée nouvelle : l’effacement du Nom est la réconciliation des humains. » (Note Thomas : comme dit le Rav Eliaou Hassan au sujet de ce passage de nombres 5, Dieu accepte exceptionnellement qu’on efface Son Nom pour la paix entre un homme et sa femme, nous montrant l’importance du Shalom aux yeux de Dieu)

     

    Nous avons cité longuement ce texte pour mesurer l’enjeu de l’effacement d’une écriture dans la poussière. Il est vrai que le pontife du Temple disposait de ce qui était nécessaire pour produire les eaux amères. Yéshoua n’avait pas ce qui était nécessaire, mais peut-être a-t-il improvisé une épreuve d’effacement dans la poussière, en imitation du pontife du Temple ?

     

    Si cette hypothèse – l’écriture du Nom divin – fondée sur l’évidence du risque d’effacement de l’écriture dans la poussière est pertinente, alors on comprendrait tout autrement comment et pourquoi « les scribes et les pharisiens ayant entendu, s’en vont un à un, à commencer par les plus vieux. » Devant cet acte de sagesse inspiré par la loi de Moïse elle-même, ils seraient partis, inspirés par la même sagesse. C’est pourquoi Yéshoua interroge la femme : « Femme où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle dit : « Personne Seigneur ». Et Yéshoua dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. »

     

    Ainsi, maîtrisant parfaitement tous ces aspects de la loi, Yéshoua, par une simple mais puissante phrase parfaitement à propos, va amener tous ses contradicteurs à être touchés au vif dans leur conscience : ils sont eux même pécheurs dans cette affaire car ils ont voulu le tromper et le piéger en transgressant eux-même la Loi selon qu’il est dit dans la Torah :

     

    « Aucun de vous ne trompera son prochain » (Lévitique 25:17) et encore : « Ne témoigne pas à la légère contre ton prochain; Voudrais-tu tromper par tes lèvres ? »

     

    Ces scribes et ces pharisiens sont typiquement ceux décris par Ésaïe, c’est-à-dire « Ceux qui condamnaient les autres en justice, Tendaient des pièges à qui défendait sa cause à la porte, Et violaient par la fraude les droits de l’innocent. » (Ésaïe 29.21).

     

    Au final, en leur demandant de jeter la première pierre comme si eux même étaient sans pécher dans cette affaire, Yéshoua leur lance une flèche aiguë dans leur conscience et ainsi, cette parole de l’Écriture devint vivante et pénétrante pour tous :

     

    « les méchants sont pris Par leur malice. » (Proverbes 11:6)

     

    Les scribes et les pharisiens comprirent que Yéshoua leur avait retourné leur propre piège. Alors qu’ils voulaient éprouver Yéshoua par rapport à son obéissance à la loi, Yéshoua les plaça en face de la même épreuve : Allaient-ils violer la loi en persistant dans leur transgression et/ou en punissant seulement la femme dans des conditions impossible à tenir selon la Loi ? Ou allaient-ils se conformer à celle-ci, en ne se livrant pas à l’utilisation de deux poids, deux mesures ?

     

    adultere« Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Yéshoua resta seul avec la femme qui était là au milieu. » (Jean 8 : 9)

     

    Conclusion : non seulement la femme adultère ne pouvait être condamner selon la loi de Moïse mais de plus, ses accusateurs ont été pris dans leur propre piège. Un véritable coup de Maître qui démontre 2 choses : la parfaite maîtrise de la Torah par notre sauveur et la dimension de bonté et de miséricorde devant OBLIGATOIREMENT accompagner l’observation de la loi.

     

    Effectivement, étant revêtu de l’autorité divine, Yéshoua vient ici parfaire davantage sa mission lors de sa première venu :  « Je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. » (Jean 12.47) et aussi : « Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Matthieu 9.13).

     

    De plus, quand bien même la femme était coupable d’adultère, l’Eternel qui sonde les coeurs voyait sa futur repentance, Lui qui n’est assujetti à rien ni personne : « Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. » (Exode 33.19)

     

    Oh oui, nous pouvons dire avec Michée : « Quel Dieu est semblable à toi, Qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, Car il prend plaisir à la miséricorde. » (Michée 7.18) et encore : « Il a manifesté ses voies à Moïse, Ses oeuvres aux enfants d’Israël. L’Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours; Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. » (Psaumes 103.7-10)

     

    Oui, Lui qui pénètre les desseins et les coeurs de chacun, ne voyait-il pas en cette femme adultère une authentique candidate à la repentance ? Assurément, car Dieu ne peut tenir le coupable pour innocent mais Dieu est bon et très miséricordieux, « il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière » et encore : « Autant l’orient est éloigné de l’occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions. » (Psaumes 103). Cette femme adultère, amené divinement à la repentance par la puissance du Messie, a pleinement expérimenté toutes ces belles Paroles de l’Ecriture.

     

    Toutefois et c’est très important de le dire : loin d’abolir le moindre commandement, loin de transformer la grâce de Dieu en dissolution ou de fermer les yeux sur le péché, Yéshoua recommandera à cette femme de ne plus violer les prescrits divin :

     

    « Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Yeshoua lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Yéshoua lui dit: Je ne te condamne pas non plus:

     

    va, et ne pèche plus. » (Jean 8 : 10 – 11)

     

    Et n’oublions pas ce que Yéshoua a enseigné à Jean : « Quiconque pèche transgresse la loi, et le péché est la transgression de la loi. » (1 Jean 3 : 4). Yéshoua dit donc clairement à la femme adultère :

     

    va et ne transgresse plus la loi !

     

    Yéshoua, qu’on voulait éprouver pour voir s’il irait à l’encontre des prescrits de Moïse, après s’être débarrassé de ses adversaires, recommandera à la femme mis en accusation de ne plus transgresser la loi. C’est mis dans le contexte des Écritures, surtout des prescrits de la loi de Moïse, que cette histoire peut être mieux comprise.

     

    Ainsi, pour toutes ces raisons, il est aisé de dire que le passage de la femme adultère n’a rien à voir avec une quelconque abolition de la loi. En vérité, et je dis cela en vue de la repentance de ceux qui lisent et qui, comme ce fut mon cas, ne font que répéter des enseignements contaminés depuis bien longtemps par l’apostasie :

     

    Ceux qui brandissent des phrases toutes faites telles que « Si tu observes la loi alors lapides toutes les femmes adultères », prouvent tout simplement leur TERRIBLE ET DRAMATIQUE manque de connaissance des Écritures et leur analyse superficiel des Écrits de la nouvelle alliance :

     

    ils tordent le sens des Ecritures et ferait mieux de faire très attention à ne plus répéter ce genre d’erreur : cette prise de conscience appelle à la repentance car les bontés de Dieu ne sont pas épuisés pour pardonner à ceux qui ont l’amour de la vérité et qui savent se repentir.

     

    Oui la Torah de Dieu condamne à mort les femmes adultères : c’est une loi que jamais le Maître Yéshoua n’a abolit : il respectait parfaitement cette loi que son Père a donné à son peuple.

     

    Cependant, cette loi ne peut être appliqué que dans un contexte précis, avec un grand nombre d’éléments jésus-et-la-femme-adultère modréunis, dans un sanhedrin compétant et juste, le tout saupoudré d’intégrité, de bonté et de miséricorde.

     

    De plus, Dieu avait décidé une chose capitale dans la loi : seul les témoins connaissent la vérité absolue, ce sont donc eux qui doivent lapider, ce qui rajoute encore à la difficulté car être témoins d’une mauvaise affaire est une chose mais être le bourreau en est une autre, d’ou l’extrême rareté de ces cas là. Si en dépit de tous ces éléments, l’adultère était avéré vrai, la sentence devait tomber.

     

    Ce que disent les sages d’Israël

     

    En guise de conclusion, regardons la façon dont les sages d’Israël traitent le problème en conformité avec la Torah et avec l’Evangile de Yéshoua :

     

    Les rabanims enseignent que pour condamner quelqu’un à mort, il est nécessaire que des témoins aient mis en garde les suspects de l’interdiction de commettre l’acte envisagé et que les témoins témoignent ensuite que les prévenus ont effectivement commis cet acte. Ce qui correspond en tout point aux propos du Sauveur :

     

    « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée; et s’il refuse aussi d’écouter l’assemblée, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. » (Matthieu 18.15-17 )

     

    De plus, avant de condamner à mort quelqu’un, de réunir les témoins et d’aller devant le sanhédrin, voici le prescrit de la loi : « tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui. » et « l’amour couvre toutes les fautes. » mais aussi : « Celui qui couvre une faute cherche l’amour ». Par exemple, Joseph, ce juif pieux selon les Ecritures, n’a pas hésité à vouloir rompre secrètement avec Marie lorsqu’il apprit qu’elle fut enceinte.

     

    Le talmud nous dit qu’aucun de nos tribunaux est appelé sanguinaire, donc aucune fois la sentence n’a été donnée car nos sages par leurs sagesse trouve toujours une circonstance atténuante et ne condamne pas méchamment et injustement comme le font si souvent les hommes de ce monde.

     

    Le Rav ron Chaya nous dit sur son site :

     

    « Il est marqué qu’à l’époque du temple (il y a plus de 2000 ans), un tribunal rabbinique qui ordonnait une lapidation une fois tous les 70 ans était considéré comme un tribunal rabbinique meurtrier. De plus, quand on lit les lois concernant les peines capitales, on voit à quel point tout était absolument fait pour empêcher une sentence de ce type.

     

    sa0067-sanhedrin-1Le tribunal rabbinique pour prononcer des sentences capitales devait siéger dans le temple, à Jérusalem. Lorsque la situation du peuple juif s’est dégradée au point qu’il aurait fallu prononcer trop de peines capitales (à cause des méfaits en tout genre), le tribunal a décidé de quitter le temple et siéger à l’extérieur, où il était interdit de prononcer des peines capitales.

     

    De quel droit les rabbins font-ils une chose pareille ? Il est marqué clairement dans la Torah (Deutéronome, chapitre 17 versets 8 à 11) que chaque génération doit écouter les rabbins de sa génération ; on appelle cela la loi orale, et celle-ci est régie par des lois herméneutiques très précises. »

     

    Pour nous, le plus grand de tous les rabbins demeure le Messie Yéshoua, c’est lui seul que nous écoutons ainsi que tout enseignement n’allant pas à l’encontre de Ses Paroles et de la Torah de son Père.

     

    Cependant, une autre question s’impose : aujourd’hui, les juifs ne condamnent plus les femmes adultères à mort, pourquoi ?

     

    Dans le Talmud, il nous a été précisé que les conditions pratiques d’application de cette sentence sont liées à la compétence des tribunaux. De nos jours, par manque de Beth Din Samoukh, (tribunal compétent) nous ne pouvons pas appliquer cette peine, mais la gravité de l’interdit n’a pas changé pour autant. Depuis plus de 2000 ans, des rabbins ont décrétés que la peine de mort était suspendu. Effectivement, depuis la destruction du temple, le sanhedrin n’existe plus.

     

    Quoi, des hommes ont annulé la parole de Dieu ? Non, comme nous venons de le voir plus haut, c’est la Torah elle-même qui leur donne ce pouvoir : « Si une cause relative à un meurtre, à un différend, à une blessure, te paraît trop difficile à juger et fournit matière à contestation dans tes portes Tu iras vers les sacrificateurs, les Lévites, et vers celui qui remplira alors les fonctions de juge; tu les consulteras, et ils te feront connaître la sentence. Tu te conformeras à ce qu’ils te diront dans le lieu que choisira l’Eternel, et tu auras soin d’agir d’après tout ce qu’ils t’enseigneront. 11 Tu te conformeras à la loi qu’ils t’enseigneront et à la sentence qu’ils auront prononcée; tu ne te détourneras de ce qu’ils te diront ni à droite ni à gauche. » (Deut 17.10.)

     

    Il ne s’agit pas d’abroger une loi, mais de constater que son application n’est pas possible pour des raisons objectives. Cela ne signifie pas du tout qu’on prétendrait que le principe qui la dicte serait devenu caduque. Au contraire. C’est lorsque l’application irait elle-même à l’encontre du principe qu’on suspend l’application, un peu comme, ponctuellement, lorsque la vie est en jeu et qu’on applique la règle du piqoua’h nefesh (sauvetage d’une âme) car les lois de la Torah ont été prescrites « afin qu’il en vive et non qu’elles provoquent sa mort ». Pa exemple, lors du décret d’extermination des bébé par pharaon, les sages femmes ont mentis pour sauver la vie : « Les sages-femmes répondirent à Pharaon : C’est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Egyptiennes; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l’arrivée de la sage-femme. » (Exode 1.19). Pourtant la Torah interdit le mensonge…

     

    Le Rabbin Marc Meyer du site techouvot enseigne : 

     

    Ce qu’il faut comprendre dans ce sujet, c’est que les conditions d’application de la peine de mort sont si sévères, si complexes, qu’il est très rare de pouvoir l’appliquer. Le Tribunal composés de rabbins spécialisés doit être au nombre de 23 au minimum. La Torah leur ordonne de tout faire pour sauver la vie de l’accusé tout en se pliant aux règles des lois de cette Torah. Ceci-dit, le fait que la même Torah condamne à cette peine capitale le couple qui commet l’adultère nous montre la gravité extrême de ces transgressions. La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui a tout fait pour se débarrasser des contraintes, de quelque ordre qu’elles soient, des tabous et autres interdits. Nous vivons dans cet environnement, il a une grande influence sur nous, sur notre mental, sur notre sens du moral, et la banalisation de ces interdits par tous les médias, fait que nous avons perdu le sens de la gravité de ces interdits. Cependant c’est le même D-ieu Tout-Puissant qui nous ordonne de nous plier à ces lois : Il n’y a pas moyen de sélectionner ce qui nous plait et de rejeter ce qui ne nous plait pas.

     

    Yéshoua, loin d’abolir le moindre commandement de la Torah, était infiniment plus conscient des quelques vérités présentes dans cette étude que nous le sommes et il en connaissait infiniment plus, c’est bien pour cela que, face à la corruption des accusateurs et des potentiels faux témoins qui se moquaient de la justice, il n’a fait qu’une bouchée de ses contradicteurs en utilisant la Torah, cette épée de l’esprit qui dévoile les coeurs, et ainsi, en plus de respecter la Torah dans toute sa profondeur et dans tout son esprit, Yeshoua a par la même occasion pardonné et justifié la femme coupable mais repentis !

     

    Quelle majestueuse leçon et quel tour de force ! Que le nom de Dieu et de son Fils le Messie Yéshoua soit exalté ! Une fois encore, nous avons ici une grande leçon de sagesse, de bonté et de miséricorde dispensé avec beauté et grandeur par le Rabbi des rabbis et le Maître des maitres : Yeshoua, le seul vrai Messie et Sauveur de tous ceux qui placent leur foi dans le Dieu d’Israël et dans son Evangile de Gloire !

     

    « Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives » (Deutéronome 30:16).

     

    Amen vé amen !

     

    Etude réalisée par Thomas, inspirée de diverses sources juives et du site café-biblique.com

     

     

     Source: http://www.rencontrerdieu.com/project/yeshoua-la-femme-adultere-et-la-loi-de-moise-abolition-de-certaines-lois-ou-parfaite-observation-de-la-torah-par-le-messie-disrael/

     

     

     

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